Analysis about the islamic demonstrations in France in favor of Palestine, focus over French political society


L’éditorial de Pierre-Alain LÉVY.


«Mal nommer les choses , c ‘est ajouter aux malheurs du monde», c’est ainsi que s’exprimait Albert Camus, très grand écrivain français, pied noir, né en Algérie, prix Nobel de littérature, il y a plus de cinquante ans ! Cette époque était celle de la guerre froide, de la décolonisation et de la guerre d’Algérie. Si ce temps peut sembler préhistorique pour les nouvelles générations, les mêmes effets, les mêmes causes sont toujours à l’œuvre aujourd’hui. L’actualité brûlante de ces derniers jours vient confirmer cette analyse

A Paris, samedi 12 juillet 2014 des hordes musulmanes fanatisées ont crié dans une manifestation «Mort aux Juifs ! » On n’avait jamais connu de tels débordements de haine, de tels slogans abjects, une pareille ignominie depuis des lustres, depuis la guerre d’Algérie. Jamais ce slogan assassin n’avait été exprimé depuis cette journée du 5 janvier 1895, quand le capitaine Dreyfuss fut dégradé, que ses épaulettes furent arrachées de son uniforme, et son sabre brisé dans la Cour des Invalides à Paris. Jamais et pourtant !

L’alibi choisi par ces émeutiers se revendiquant de l’islam, portant keffieh ou agitant les drapeaux palestiniens, tunisiens, algériens, marocains, turcs, voire saoudiens ainsi que l’étendard noir et sinistre de l’EIIL qui massacre entre Syrie et Irak (de très nombreuses vidéos circulent sur Facebook ou You tube qui rendent parfaitement compte de la manifestation parisienne et de ses participants) prenait prétexte des bombardements effectués par l’armée d’Israél sur Gaza visant les sites du Hamas en représailles des lancers de roquettes quotidiens depuis Gaza vers les villes Israéliennes suivi de l’enlèvement et de l’assassinat de trois jeunes adolescents israéliens par des membres du Hamas. Si cette accumulation de tonnerres et de feu n’était pas déjà amplement suffisante, l’assassinat atroce d’un jeune adolescent arabe par trois fanatiques israéliens servit d’accélérateur pour embraser plus vite une mèche déjà amplement consumée.

Au delà de l’énoncé de ces faits incontestables, il nous appartient de porter l’analyse plus en profondeur et je tracerai plusieurs axes de réflexion.

Organisation de la manifestation

– L’appel à ce rassemblement tant à Paris qu’en province s’est mis en place rapidement entre sa communication et diffusion et la manifestation (24h), utilisant tout à la fois les réseaux sociaux ( FaceBook notamment) et des listes de diffusion de courriels internet manifestement élaborées de longue date.

– La logistique ( déplacement des manifestants de leur lieu de résidence vers la manifestation et répétons le à Paris comme en province) n’est pas de fruit de l’improvisation

– Dans les communiqués diffusés sur les messageries électroniques ou répercutés via FaceBook, l’adaptation du langage aux buts recherchés était particulièrement nouveau et plutôt sophistiqué en terme d’efficience sémantique. Mais quelles plumes se sont donc mises à disposition ?

– La participation de nombreuses jeunes filles aux défilés était patente, et si l’on pouvait voir quelques fichus ou tenues vestimentaires turques, la plupart de ces participantes étaient habillées à l’européenne et donnaient l’image d’une modernité islamique renvoyant ainsi aux calendes grecques le débat sur le voile. Le souci de communication vers les médias y était manifeste.

– Les organisateurs des manifestations n’ont manifestement pas fait appel directement pour ces défilés à leurs alliés politiques habituels ( PC, Front de gauche, Caritas, Artisans du monde et autres Attac à l’exception du NPA). Cette manifestation était singulièrement identitaire.

– Le choix des villes autres que Paris pour l’organisation d’une manifestation en faveur du mouvement palestinien, Metz par exemple où la communauté juive y est importante et enracinée depuis le haut Moyen-Âge et développe de nos jours une excellence et une dynamique culturelles, n’est pas anodin.

– La multiplication des drapeaux arabes, tout au long des parcours, signait aussi pour les organisateurs le but recherché : faire rentrer le conflit du Proche-Orient dans le champ national français. Faire d’un conflit étranger un argument de politique intérieure. La sémantique islamiste reliant juif, israel, sionisme et démocratie s’affichait.

– Le soutien au Hamas clairement explicité et revendiqué sur des banderoles vues dans les défilés est au demeurant inquiétant quand on sait que cette organisation à Gaza est classée tant par l’Union européenne, les États-Unis, le Canada, Israel et le Japon dans la liste des organisations internationales terroristes. Le Hamas prônant explicitement la destruction de l’état d’Israel et le création d’un état islamique palestinien. Mais qui donc ne sait pas cela ou fait alors semblant de l’ignorer ? Les médias et leurs relais associatifs seraient-ils donc tous ensemble affectés d’une bien étonnante myopie ?

– Les slogans vomis contre François Hollande accusé de toutes les turpitudes et à qui était reproché son positionnement en faveur d’Israel contre les terroristes du Hamas , marquait aussi, bien loin du lobbying, l’objectif politique recherché. En réalité, en s’immisçant ainsi dans le champ de la politique nationale, l’objectif voulu est aussi d’ importer un conflit au coeur de la France, notamment pour faire diversion contre les mesures prises par le gouvernement pour lutter contre les réseaux djihadistes. Les soutiers européens du Hamas agissant comme une cinquième colonne.

– S’exprimer avec l’abomination des slogans braillés et assassins, c’est aussi se positionner contre la république, contre la démocratie et l’esprit de la laïcité qui caractérise notre société politique et est inscrit en lettres d’or dans notre constitution

– De même « la réussite » relative de ce défilé aura contribué sans aucun doute a renforcer l’influence des radicaux au sein de leurs communautés.

– Les slogans que l’on a déjà qualifiés, les violences aux personnes ainsi que les tentatives de mises à sac de synagogues ne sont pas davantage le fruit du hasard et de quelques manifestants de fin de cortège non contrôlés.

– Il semble évident que le but recherché était bel et bien l’affrontement avec les communautés juives quelles qu’en puissent être les conséquences, au risque de saccage de lieux de culte et même de mort d’homme. On a frôlé le pire.

Environnement intellectuel

– Une fois de plus les laïcs musulmans français ont été étrangement muets sur ces débordements. On serait enclin pour le moins de parler d’absence de réflexes républicains, au pire de lâcheté. A ne pas vouloir s’affronter contre l’hydre islamo-fasciste ils acceptent leur propre défaite intellectuelle et conceptuelle ainsi que leur incapacité à peser sur leur propre communauté, ce qui est gravissime. Leur soumission serait elle consubstantielle de leur état d’appartenance? La question mérite d’être posée !

– La médiatisation sur les organes de presse a été pour le moins biaisée et l’abomination des «Mort aux Juifs ! » entendus n’a manifestement pas soulevé de courageux commentaires des médias meurtrissant ainsi un peu plus l’ensemble de la communauté juive, (pratiquants religieux comme laïcs de la République) ainsi que bien entendu tous les républicains non juifs et de quelque sensibilité partisane qu’ils appartiennent

– Pas davantage n’a-t-on pu lire sur le site de l’archevêché de Paris et au sujet de ces événements récents un commentaire fraternel pour les« frères ainés», selon le mot chaleureux du défunt Jean-Paul II. Il est vrai qu’en 2014 en France on fête les 800 ans de la naissance de Saint Louis.

– Prôner la mort du juif serait-il donc devenu subliminal et de l’ordre du mouvement réglé, normal, mécanique et convenu des choses ? Si cette phrase choque quelques bonnes âmes, que dire alors de ses conséquences ?

Champ politique international

– Depuis bien longtemps l’électoralisme tient lieu en France de politique et ce phénomène pour le moins médiocre affecte toute la classe politique et tous les partis. Hormis le verbe fort gaullien aujourd’hui de mémoire, les prospectives stratégiques et diplomatiques, les grandes visées de politique internationale s’expriment dans des champs clos et devant des auditoires spécialisés et très informés. Au mieux les mouvements de la politique étrangère française ( telles ses interventions militaires comme dernièrement au Mali et ce fut courageux et hardi de la part de François Hollande) sont expliqués mais de façon exceptionnelle. Il est au demeurant évident et normal que des considérations d’ordre économique (approvisionnements stratégiques, ressources minérales et énergie) influent sur les prises de décision.

– De façon générale, depuis 1967 s’est opérée une virevolte dans les esprits, le vieux syndrome du faible au fort, cette réminiscence de Jean-Jacques Rousseau qui pervertit la pensée. Le petit Israël, vingt ans après sa naissance décidée on ne peut plus démocratiquement par l’ONU, et ayant défait et vaincu les armées arabes coalisées (et elles étaient nombreuses. Guerre des Six Jours, Guerre du Kippour, sans omettre il va de soi la Guerre d’Indépendance) devenait Goliath et incarnant ainsi de facto la représentation du mal. Il n’est guère bon de se singulariser, cela est valable pour les états comme pour les hommes dans la société. On se rappelle les mots désagréables, cinglants et plus qu’ambigus de De Gaulle en 1967 à propos de la politique israélienne :« peuple juif sûr de lui et dominateur»

– Par ailleurs la déroute répétée des armées arabes dans leurs guerres contre Israel ainsi que la corruption de tous leurs régimes politiques et l’absence de prise en compte des besoins les plus élémentaires des populations par leurs gouvernements, la démographie galopante et le regard envieux à en mourir sur les innombrables réussites de cet «Israel de malheur» voisin, notamment dans le domaine des sciences (que de prix Nobel !) ont engendré des sentiments de frustration récupérés par les fanatiques du croissant.

La diplomatie expliquée à tous pourrait s’apparenter aux mathématiques expliquées aux Nuls. C’est pourtant ce qu’a fait depuis fort longtemps le parti communiste français qui passé du soutien à l’URSS, aux régimes du tiers-monde ( Bandung), au soutien au pan nationalismes arabes ( Nasser en Égypte, aux pires tyrans éthiopiens ou soutien au FLN en Algérie et contre les algériens modérés ). Il suffit précisément de relire Albert Camus pour s’en convaincre lui qui refusa avec courage et conviction de se compromettre avec le PC et eût la dignité que ne partagea hélas pas Jean-Paul Sartre. Aussi loin en tous cas que ma mémoire politique fonctionne, le PCF a toujours développé un positionnement hostile à Israel, qu’il a considéré comme l’empêcheur de tourner en rond dans cette région du monde car contrariant les ambitions soviétiques. Pour les dirigeants communistes français la politique israélienne qu’elle fut travailliste ou du Likoud représentait dans leur jargon les «intérêts impérialistes américains», ce qui suffisait largement d’explication aux lecteurs de L’Humanité satisfaits de trouver chaque matin dans leur journal un code de penser à suivre. Ainsi la boucle théorique et politique était bouclée, CQFD !

Dans cette affaire on peut aussi remarquer que le PC était peu regardant en terme d’éthique politique et de valeurs démocratiques sur le soutien qu’il apportait à ses héros tiers-mondistes tel Gamal Abdel Nasser, loin d’être un modèle de vertu prolétarienne et respectueux des droits de l’homme (il n’hésitait pas à mettre en prison les membres des Frères musulmans faut -il le rappeler). Quant à son soutien pas si éloigné que cela avec le régime bassiste syrien, le silence est actuellement de mise du côté de la Place du Colonel Fabien !

Je ne voudrais pas en ajouter mais dans cette sinistre litanie, j’ai omis d’évoquer les appuis des dirigeants du PCF en faveur des mollahs iraniens pour se doter de l’arme atomique. Quiconque n’est pas initié aux méandres de la politique en perdrait son latin ou a défaut son arabe littéraire, voire son persan, on en rirait si le sujet prêtait à rire !)

Politique française

– Le congrès de Tours (1920) a marqué l’intelligentsia française, et la victoire des communistes sur les socialistes a perverti la morale et la représentation politique. Être ainsi de gauche signifiait et signifie encore pour certains esprits suivre la ligne voulue par le PCF qui comme l’Église au temps de sa gloire médiévale dictait l’alpha et l’omega. S’en détacher c’était trahir. C’est cet état d’esprit qui continue de prévaloir encore aujourd’hui dans les milieux gauchistes dont chacun sait depuis Lénine qu’il est la maladie infantile du communisme ! Les socialistes étant considérés comme les mencheviks de l’époque tsariste et qualifiés de socio traitres.

– La crise du pétrole est passée par là et la sociologie démographique en France dans ses territoires urbains a considérablement changé. Comme toujours le PCF chasse sur ses terres et dans ce qui reste de ses bastions. Il cherche ce faisant à développer les communautarismes quitte à perdre de vue ses propres principes communistes ! En un mot le PCF cherche une nouvelle virginité à travers un nouvel électorat et les mathématiques ( mais mathématiques seulement) appliquées aux stratégies électorales lui font choisir le nombre sur l’unité, privilégiant l’électoralisme, la chasse aux voix dans les banlieues sans regarder de plus prêt l’alliance satanique entrain d’être tricotée. Que l’on est ainsi loin de toute approche philosophique et morale !

– En feignant par force démagogie de prendre la défense de toutes les marginalités indépendamment de la conscience morale kantienne, de tous raisonnements et contraintes intellectuelles et ferraillant contre tout ce qui n’est pas lui-même à commencer ses propres alliés socio démocrates, il ouvre ainsi le champ à l’extrême-droite et fournit des arguments à l’islamisme. L’affaire Dieudonné en est un syndrome

– Dans un colossal tour de passe-passe sémantique les partisans des Frères musulmans sont assimilés aux résistants, aux damnés de la terre et les tiers mondistes pur beurre arrivent jusqu’à défendre leur cause ! Ils sont fous! Comme l’écrivait Rabelais parodiant une sainte parole: «Heureux les pauvres d’esprit, ils iront droit au ciel, comme une faucille !» Beati pauperes spiritu…

– Les partis d’extrême-gauche font de même, régénérés au demeurant par un antisémitisme ancien datant de la fin du dix-neuvième siècle, considérant les juifs comme les suppôts du capitalisme et reprenant ainsi un discours contre l’échange économique et monétaire que l’on trouve déjà dans les Évangiles et qui eut son heure de gloire au Moyen-âge.

– Ce discours inquiétant est aussi entendu dans des milieux bourgeois catholiques dits de gauche (et en dehors même de la mouvance traditionnaliste de droite chez qui l’antisémitisme et l’anti judaïsme sont à l’état de nature depuis toujours), se drapant dans des prises de position soi-disant morales et tiers-mondistes, sous le vocable commode et vague de« défense des droits de l’homme». Certains d’entre eux en effet n’ont jamais avalisé les courageuses prises de position en faveur d’un rapprochement du Vatican avec le judaïsme voulues par de grands papes que furent Jean XXIII et Jean-Paul II (la suppression dans les catéchismes catholiques des textes qualifiant le peuple juif de déicide constitua une avancée majeure). Mais qui franchement, mis à part quelques abrutis pathologiques et des minus habens frustrés, choisirait aujourd’hui de défendre un totalitarisme sanguinaire ?

En forme de conclusion provisoire

L’antisémitisme est revenu en force en France dans les soutes d’un Islam conquérant, religieux, obscurantiste et totalitaire. Il constitue tout à la fois son système de propagande, son catéchisme haineux et sectaire, son mode de propagation viral, son relai médiatique et son passeport politique. Il est le bain nourricier de toutes les autres antisémitismes qui puisent chez lui comme celui de l’extrême-droite. Ne pas le voir, ne pas le dire, ne pas l’analyser, éluder le sujet ou utiliser les arguments éculés de la langue de bois, c’est faire le jeu de ceux que l’on feint de combattre.

Pas si loin le temps ou le Grand Mufti de Jérusalem, Haj Amin Al-Husseini, dinait avec Hitler.

Ne pas reconnaître les choses c’est faire preuve d’irresponsabilité. L’Islam n’a de chance de s’épanouir dans une société moderne, mondialisée et porteuse de valeurs que s’il fait le courageux choix de l’ouverture, des sciences, des valeurs de l’humanisme et du respect de l’autre. Les structures largement ouvertes de ses centres de décision, à l’opposé des systèmes hyper centralisés de l’église catholique par exemple, devraient le permettre, hélas c’est l’inverse qui se produit ! Nombre de pervers mentaux à la barbe fleurie se sentent investis de pulsions au Djihhad !

C’est un très long combat et nous savons qu’il a fallu plusieurs siècles en Europe pour s’affranchir du poids du totalitarisme religieux. Il appartient donc à l’Islam de chasser les scories nauséabondes et pleines de haine qui portent atteinte à son image dans son sacré et pervertissent son message. C’est à dire c’est le combat et l’honneur de chacun de ceux, hommes ou femmes, qui individuellement composent l’Ouma. C’est à ce prix que des nouvelles générations ne répéteront plus ad vomitum des slogans criminels, des appels au meurtre et que la paix ainsi pourra triompher et répandre ses biens

C’est avant tout au sein même de l’Islam, que doivent pouvoir s’exprimer des hommes et des femmes libres et de courage, tous musulmans, et qui doivent combattre les abominations qui sont portées en leurs noms. C’est aux intellectuels musulmans de se réveiller, il est plus que temps, vivre sous la république se mérite !

– Aux Troyens de se prendre en charge, Cassandre est fatiguée !

Pierre-Alain Lévy


WUKALI 18/07/2014


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