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La chronique littéraire d’Émile COUGUT.


Voilà un recueil de treize nouvelles qui mérite toute l’attention du lecteur. Il s’agit d’une libre variation à travers des histoires courtes ou longues autour non de Dieu mais plutôt de Satan. Par amour pour le plus beau des anges, Dieu l’envoie sur terre et lui donne les hommes comme sujets. Satan, qui apparait dans la première et la dernière nouvelle, aime Dieu, de façon inconditionnelle et, en quelque sorte, purifie la demeure divine en « cristallisant » le mal sur la terre. S’ensuit une vision noire, misanthropique de la nature humaine. Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’on ne rit, ni ne sourit une seconde à la lecture de Méryl Pinque. Mais ses histoires sont particulièrement bien servies par un style extraordinaire, chaud, souvent poétique. Méryl Pinque aime la langue française. Elle ne fait pas comme certains qui étalent leurs connaissances du vocabulaire en employant des mots certes précis mais qui nécessite l’utilisation continue d’un dictionnaire (ce qui nuit gravement à la compréhension du texte), elle écrit avec des mots simples qui nous transportent sans mal dans son univers. Tout cela servi par de longues phrases sensuelles qui amènent un plaisir jubilatoire au lecteur. Enfin un auteur qui écrit en français, qui a compris que pour faire « passer » ses idées, le style est nettement plus important qu’une série de mots, plus ou moins bien « fagotée «  qui est avant due à la précipitation et au manque d’assurance de l’auteur.

A la lecture de La caricature de Dieu , on ressent le travail de l’auteur, on se dit qu’elle a dû remettre cent fois son travail sur l’ouvrage pour obtenir un si beau résultat. Le lecteur ressent qu’elle ne le prend pas comme un consommateur de mots, d’histoire, mais comme un ami qu’elle ne veut pas décevoir, qu’elle prend en considération. L’amour du travail bien fait transparait dans ce recueil de nouvelles, et c’est assez rare pour le souligner.

Soit, l’auteur fait une différence sexuelle, un certain féminisme est parfois perceptible. L’homme est souvent présenté, non de façon caricaturale, mais en développant ses principaux travers : « la virilité se résumait à une addition purement organique : des couilles et de muscles à volonté  ». Soit, l’homme est présenté plus souvent à travers son cerveau reptilien, alors que la femme joue beaucoup plus de la réflexion, de l’analyse. Mais tout cela est tellement bien résumé dans une nouvelle que ce petit, minuscule travers n’obère en rien le plaisir de la lecture. Cette nouvelle, qui a elle seule mérite de lire le livre est Mille et une nuit, le calvaire de Sharhrazad, jeune fille libre dans sa tête qui est victime de l’intolérance des hommes (au masculin), de l’abrutissement des femmes totalement dominées par les hommes, dans une société dite traditionnelle. C’est magnifique ! Un texte d’une rare puissance, d’une beauté, d’une empathie, d’une force que tout un chacun se doit de lire pour réagir, sortir de notre égoïsme quotidien pour se battre afin que des jeunes filles à peine nubiles ne soient pas les victimes d’une barbarie d’un autre âge. Si les droits de l’homme et de la femme ont bien une vocation universelle, alors, en leurs noms nous devons dénoncer et combattre pour que les centaines de milliers de Shahrazad puissent vivre aussi librement que nous.

Ô combien serait-il souhaitable que cette nouvelle puisse être largement lue et diffusée, que les nouvelles générations s’en empreignent afin qu’elles aient conscience de la chance qu’elles ont de vivre dans un pays de liberté et surtout qu’elles saisissent l’occasion et agissent pour tendre la main à toutes les victimes de l’obscurantisme !

Emile Cougut
Chroniqueur de www.wukali.com


La caricature de Dieu

Méryl Pinque

Éditions du Rocher. 17€90


WUKALI 22/09/2014


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