A brilliant essay about France, its diversity and richness. The genuine essence of French culture and civilization


Qui ne connait pas Philippe Meyer  ? Hélas, sûrement beaucoup de personnes, mais ce n’est pas à eux que je m’adresse car la probabilité qu’ils achètent son dernier livre est assez improbable. Il est certain que ses lecteurs ne se délectent pas aux « meilleures » pages d’une ancienne compagne d’un actuel président de la République ou aux écrits à la gloire du pétainisme le plus réactionnaire. Lire du Philippe Meyer, c’est se dire, c’est ressentir, c’est devenir un peu plus intelligent, tant il est brillant, tant il sait aborder une sujet à partir d’un angle dont nous n’avons pas l’habitude, un angle hors des poncifs de ses collègues tant journalistes que sociologues, un angle qui met en valeur l’idée qui le guide, un angle qui nous permet de percevoir la réalité de la vie de nos concitoyens. Sa culture, son ouverture d’esprit, nous le percevons tous les dimanches en écoutant « L’esprit public » sur France Culture. Sa passion pour la chanson, il nous la fait partager tous les samedis sur France Inter (indéniablement pour Philippe Meyer, le service public audio a un vrai contenu pas du tout mercantile). Son humour, sa culture, sa passion pour la France, il suffit d’avoir ouï ses chroniques, ou les lire, pour comprendre qu’il existe encore en France de vrais intellectuels qui ne pensent pas qu’à leur gloire médiatique, à la satisfaction de leur ego.

Les gens de mon pays est une sorte d’errance à travers la France, une recherche de contact avec des personnes qui s’investissent pour les autres, qui aiment l’endroit où ils vivent et qui ne demandent qu’une chose : faire partager leur passion pour ce petit bout de terre où ils habitent. Des gens prêts à le défendre, à se battre pour en garder l’authenticité, plus exactement les coutumes qui font que c’est Là et pas autre part. C’est un hymne à la différence, à la vie. Et à travers ces différences, ces particularismes, un sentiment d’unité se dégage, car indéniablement, c’est une certaine idée partagée du vivre ensemble qui les unit tous. Et on passe dans une ville improbable comme Tulle pour se retrouver dans l’extraordinaire ile de Groix en passant par Vic Fezensac dans le Gers. Mais il y a aussi Lens ou Carladez patrie de la « mafia  » des bistrotiers aveyronnais de Paris. Et je ne parle pas de Saint Jacut de la mer en Bretagne (du nord) ou Epinal avec sa tête de veau, ses vélos électriques et… ses images.

On voit des élus bien loin de l’image médiatique déplorable que nous servent les médias qui veulent et agissent pour faire vivre, pour développer leurs communes, parfois en étant obligés de surmonter bien des résistances de la part de la population.

Surtout Philippe Meyer est Philippe Meyer, aussi il nous sert, nous offre de belles réflexions sur la culture, la culture parfois sacrifiée aux intérêts non économiques mais financiers à court terme, la culture parfois quelque peu grotesque comme le musée du Président à Sarran, mais aussi la culture comme valeur de développement comme avec le Louvre-Lens. Dommage se disent les lorrains qu’il n’y ait aucune allusion au centre Pompidou de Metz. La culture c’est aussi celle de la Gascogne autour des férias qui au-delà des importants aspects économiques sont devenues de vrais enjeux politiques. Ces ferias qui symbolisent une appartenance culturelle qui sont de plus en plus dévoyées par des tiers qui n’en comprennent pas toute l’importance symbolique pour les gascons.

Les gens de mon pays est un livre brillant, écrit par un homme brillant qui montre que le vivre ensemble est répandu en France, il est à notre porte, encore faut-il vouloir l’ouvrir pour le partager.

Emile Cougut


Les gens de mon pays

Philippe Meyer

Éditions Robert Laffont. 19€50


WUKALI 01/12/2014


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