A charming love story


Nicolas Barreau vient de publier un tout nouveau roman Tu me trouveras au bout du monde qui devrait réjouir un grand nombre de ses lecteurs. Quand j’ai naguère rendu compte dans Wukali du précédent livre de Nicolas Barreau « Le Sourire des femmes », j’avais fait référence au film Amélie Poulain. Je me copie, voilà ce que j’écrivais : «cette lecture est un moment d’insouciance, voire même pour certains (j’en connais) de plénitude. Ce n’est pas un grand livre qui marquera l’histoire de la littérature tant mondiale que française. Mais c’est un joli conte de notre temps. Joli, aseptisé (il n’y a aucune violence physique ou morale, pas de pauvreté, pas de problèmes matériels), une sorte de conte de fée pour adulte stressé. »

Je peux écrire, à la virgule près, exactement la même chose, car j’ai eu le même plaisir, les mêmes impressions, non que l’histoire soit la même mais l’atmosphère, le cadre ne dépareillent pas. Nicolas Barreau construit son œuvre littéraire, au moins pour l’instant, sur de libres et réussies variations autour de l’amour, du sentiment amoureux, des questionnements qu’il nous fait poser, des remises en cause qu’il produit dans notre routine quotidienne. Et toujours dans un monde aseptisé, sans aucune contrainte matérielle, seule importe la vie et le sentiment amoureux.

Jean-Luc Champolion a été traumatisé par l’humiliation qu’il eut quand son premier amour a tourné en ridicule sa première lettre d’amour. Aujourd’hui, propriétaire d’une galerie d’art contemporain, il a une vie de célibataire ayant des aventures avec les femmes qui ne perdurent pas. Un jour il reçoit une déclaration d’amour manuscrite et s’installe avec l’inconnue (Principessa) un échange épistolaire de plus en plus important par le biais de courriels. Le héros petit à petit tombe amoureux de cette femme qu’il finira (car toute belle histoire d’amour finit bien) par trouver au « bout du monde. » Jean-Luc est entouré de femmes et d’hommes qui a peu près tous pourraient être l’inconnue, et il essaie tout au long du récit de déterminer s’ils sont l’auteur de cette lettre d’amour. Il s’ensuit une série de petits portraits, parfaitement ciselés particulièrement réussis : Madame Vernier la voisine veuve, Marion, sa jeune assistante aguicheuse, June, une ex, anglaise jalouse de façon maladive, Soleil une artiste métisse dépressive, Jane une riche américaine, Odile la fille du boulanger, Aristide Mercier, professeur à la Sorbonne homosexuel, Luisia Conti, étudiante, réceptionniste dans un hôtel, Lucille, son premier amour .

Tu me trouveras au bout du monde est une sorte de marivaudage des temps modernes qui apporte au lecteur un moment de détente dont il serait bien dommage de se priver.

Émile Cougut


Tu me trouveras au bout du monde

Nicolas Barreau

Éditions Heloïse d’Ormesson. 17€


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