La nouvelle action artistique et culturelle menée au sein de l’Université de Lorraine Voix Publiques propose aux lecteurs initiés ou amateurs de lire à haute voix un texte de leur choix. Ainsi, sur le campus de Saulcy dans un premier temps, (une extension est envisagée pour la suite) trois lectures s’improvisent chaque jeudi à 12h30 dans trois lieux : la Bibliothèque Universitaire du Saulcy, à la Maison de l’Étudiant et à l’arrêt Saulcy du mettis.

Silencieuse et individuelle, la lecture ne s’envisage pas habituellement dans un temps d’échange en public. Chaque semaine, les passants ou le public plus attentif se verront entendre des bribes de textes ici et là. Un moment d’écoute au milieu d’une journée à la cadence effrénée, une rencontre des corps dans un espace ouvert et presque non-lieu, Voix Publiques tisse du lien entre le livre et les lecteurs par le biais d’une voix.

Après diverses expériences déjà menées ces dernières années au Théâtre du Saulcy (ateliers de lecture, nuit Proust), l’Université de Lorraine est soucieuse du caractère performatif de la lecture et souhaite avec Voix Publiques dynamiser les campus par et pour les étudiants, par et pour la communauté universitaire, et par et pour les gens de la ville.

Déjà constituée, l’équipe des trois lecteurs du premier rendez-vous qui a eu lieu le jeudi 29 janvier à 12h30 propose des extraits divers. Entre livres, silences studieux et flux d’étudiants, c’est à la Bibliothèque Universitaire que l’on a pu écouter Lecture instable de Paul Antoine Villemaine : « Je regarde cet homme qui va lire en public. Je vois l’étrangeté de ce corps courbé vers le livre. (…) Il n’est pas ailleurs. Tout le contraire, il est sur ses gardes, à l’affût, aux aguets. Il est écoute. » Sur la lecture à haute voix, Lecture instable sera sans aucun doute une bonne introduction à la démarche du naissant projet qu’est Voix Publiques.

À la Maison de l’Etudiant, au milieu des sandwichs et du café, une future comédienne a choisi des extraits de Pourquoi l’enfant cuisait dans la polenta de Aglaja Veteranyi : « Je me représente le ciel. Il est tellement grand que je m’endors aussitôt pour me rassurer. » Enfin, sous la pluie de jeudi ou sous l’abri de l’arrêt du Mettis(transport urbain) – une étudiante en master a proposé l’introduction de King Kong Théorie de Virginie Despentes, un manifeste pour un nouveau féminisme dans lequel l’auteur conteste les discours bien-pensants sur le viol, la prostitution, la pornographie : « J’écris de chez les moches, pour les moches, (…) toutes les exclues du grand marché à la bonne meuf, aussi bien que pour les hommes qui n’ont pas envie d’être protecteurs, ceux qui voudraient l’être mais ne savent pas s’y prendre (…). Parce que l’idéal de la femme blanche séduisante qu’on nous brandit tout le temps sous le nez, je crois bien qu’il n’existe pas. »

Nous sommes actuellement en recherche d’autres lecteurs pour les autres dates à venir. Si vous êtes intéressé vous pouvez prendre contact avec l’équipe de Voix Publiques auprès de Marion Fournier par e-mail : marion-fournier@hotmail.com ou auprès du Théâtre du Saulcy : theatredusaulcy-contact@univ-lorraine.fr ou 03 87 31 57 77.


WUKALI 09/02/2015


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