A holly figure made of chocolate spurs a religious debate


Une friandise en chocolat représentant le dieu éléphant Ganesh au coeur d’une controverse dans l’east village à New York.

L’histoire telle racontée hier lundi 9 janvier dans le New York Times ressortirait normalement de la rubrique des faits divers si elle n’était représentative de ce climat délétère et d’intolérance qui envahit peu peu notre société mondialisée. Une boutique du quartier branché de l’East village, Bond Street Chocolate, commercialise des chocolats moulés représentant toutes sortes de sujets dont notamment des personnages ou représentations tirés des grandes religions. On y trouve ainsi Moïse, Jésus-Christ, Bouddha ainsi que Ganesh, ce dieu indien à tête éléphant, la divinité la plus populaire du panthéon hindouiste.

La semaine dernière, une organisation auto proclamée la Sociéte universelle Hindouiste exigea que ce gros bonbon au chocolat soit immédiatement retiré de la vente. La propriétaire de la confiserie, Lynda Stern, en fut la première à être stupéfaite, en effet voila plusieurs années qu’ elle commercialise toutes sortes de friandises et de bonbons en chocolat sans que quiconque ne déclarât au sacrilège ou l’iconoclastie. En revanche pour Rajan Zed qui dirige l’organisation hindouiste à l’origine de cette requête l’image de Ganesh est sacrée et ne peut se confondre avec une nourriture ordinaire. Il n’en est pas à sa première interpellation et a déjà polémiqué et traduit en justice une brasserie australienne qui produisait une bière au gingembre représentée dans une publicité par le dieu Ganesh et la déesse Lakshmi et a même réussi à persuader un fabricant de lingerie de maison qui distribuait une housse de couette figurant la célèbre déité éléphante à la retirer de la vente.

Pour Lynda Stern, la propriétaire de la confiserie, il est hors de question de céder à ces caprices d’intolérance, et elle est bien décidée à continuer à vendre son Ganesh en chocolat de 7cm de haut et bien tentant et vendu au prix de 15$. Dans sa collection divine de chocolats reprenant des figurines célèbres on trouve notamment la Vierge de Guadalupe ( 18$).

Heureusement que tous les représentants des religions n’ont pas cet esprit borné et stupide et que d’aucuns se félicitent de voir leurs sacrés devenir l’objet d’une délectation gourmande. J’avoue que pour ma part des Tables de la Loi en chocolat noir avec quelques amandes ou un Moïse ( celui de Michel Ange) en bon cacao ne seraient pas pour me déplaire. Et puis franchement l’idée d’offrir en partage à qui que ce soit et tout particulièrement le plus abruti des intolérants, une si bonne chose, n’est ce pas ce que l ‘on pourrait faire de mieux en choisissant la gourmandise comme moyen de conviction et d’influence ?

Dans ce cas j’espère que les stocks mondiaux de fèves de cacao et de chocolat seront suffisants car le nombre de minus habens à subjuguer et à séduire est plus que conséquent ! Il va falloir tout particulièrement planter des rives de la Méditerranée jusqu’aux confins extrêmes de l’Orient …

Pierre-Alain Lévy


Illustration de l’entête: figurines en chocolat produits par Bond Street Chocolate. photo New-York Times


WUKALI 10/02/2015


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