A humorous novel, a Danish writer


Bien plus qu’un excellent roman d’humour noir de Kristian Bang Foss. La littérature des pays nordiques est vraiment de plus en plus étonnante, on est loin des écrits de Verner von Heidenstam ou de Knut Hamsun. De plus en plus, derrière un véritable humour se cache, se transmet un discours teinté d’humanisme. Humour et humanisme ont toujours fait bon ménage (il suffit de penser à Candide de Voltaire ou au Dictateur de Charlie Chaplin), et il faut bien reconnaître que du grand nord souffle cette harmonie que nous avons toujours plaisir à lire. On connaît bien le génial finlandais Arturo Paasalina, nous avons eu le plaisir de découvrir le suédois Robert Gustafsson grâce à son livre « Le Vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire  ».

Kristian Bang Foss est danois. Son livre « La Mort roule en Audi » s’il n’est pas à la même hauteur que les meilleurs Paasalina dépasse, à mon avis, l’œuvre de Gustafsson .
L’auteur fait montre de beaucoup d’humour, sait placer des situations totalement invraisemblables dans son récit qui nous paraissent non seulement totalement réalistes, mais en plus il sait parfaitement décrire la société dans laquelle se meuvent ses personnages. La critique à peine voilée du système social danois qui rend ses bénéficiaires non seulement assistés mais surtout revendicatifs, voire mesquins, est parfaite. Elle l’est, car il ne porte aucun jugement, il ne tombe dans aucun populisme, il montre, il décrit sans affect et cela suffit largement. Et que dire de la description de la banlieue anonyme, cette longue suite, infinie, d’immeubles, totalement déshumanisée où rien ne se passe, où les jeunes s’ennuient, où les adultes essayent d’obtenir le maximum possible des services sociaux. Toutes les banlieues désœuvrées du monde se ressemblent… Et puis que dire de la description de Monaco en moins de deux pages, voire celle de Tanger. Pour faire passer un message, il ne faut pas obligatoirement de grandes descriptions, il suffit parfois de quelques mots bien choisis, bien agencés pour y arriver, et à ce niveau Kristian Bang Foss sait parfaitement procéder.

Et que penser de ces magnifiques réflexions autour du handicap, dont celle-ci : « Ce qui est pire que tout est la compassion systématique des gens devant la moindre faiblesse. Quand ils ressentent de la compassion, soit ils essaient de t’aider et empirent les choses, soit ils exigent que la société te vienne en aide. Et la société, elle, tout ce qu’elle peut faire pour aider, c’est de soumettre tout le monde, sauf la personne qui souffre et à besoin d’aide. De toute façon pour cette personne-là, la société ne peut rien ». 

Aussi, avec un tel plaisir de lecture, l’histoire en elle-même devient secondaire. Après son licenciement d’une agence du publicité, Asger est obligé de devenir aide à domicile de Waldemar, un jeune homme victime de dizaines de maladies plus improbables que mortelles. Ce dernier, grâce à Internet se met dans la tête de partir au Maroc pour y rencontrer un guérisseur miraculeux. S’ensuit une épopée à travers l’Europe avec le passage hilarant dans une communauté danoise au cœur du Limousin. Mais ils croisent régulièrement une mystérieuse Audi noire. Le reste, le déroulement de l’histoire, pour les connaître, il suffit de se rendre chez son libraire et d’acquitter les 19 euros que coûte ce livre. C’est ce que l’on peut appeler un investissement de plaisir.

Émile Cougut


La mort roule en Audi

Kristian Bang Foss

NIL Éditions. 19€


WUKALI 16/02/2015


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