When Turkey fed imagination and phantasms in christian Europe


La fascination de l’empire ottoman, L’Empire du Sultan, une exposition à voir à Bruxelles.

Tout lecteur d’Hergé, le maître absolu et la référence de la bande dessinée belge, connait bien entendu l’étendue fleurie du vocabulaire d’insultes du capitaine Haddock et a en mémoire l’expression «Bachibouzouk». Ce qu’il sait moins c’est que ces derniers, les bachibouzouks en l’occurence, (des mercenaires bulgares), constituaient une troupe de supplétifs du Sultan et furent les premiers à pénétrer dans Constantinople. Cette prise de la ville capitale de l’Empire byzantin (29 mai 1453) par les Turcs eut un retentissement colossal. Constantinople, alors devint Istambul et la puissance et le rayonnement de la Sublime Porte impressionna encore davantage tous les esprits de l’Europe chrétienne de la Renaissance.

Bien souvent hélas dans notre monde contemporain, on méconnait les mouvements des échanges et des voyages qui étaient monnaie courante d’est en ouest ou de l’Orient vers l’Occident soit du fait de missions diplomatiques, soit du fait du développement des flux commerciaux et il n’était pas rare que des artistes accompagnassent des délégations. Cela au demeurant existait depuis la plus haute antiquité!

Dans le même temps, et rien n’est nouveau sous le soleil, la peur de l’autre, la peur de l’inconnu a toujours nourri des phantasmes et a développé un imaginaire qui s’est exprimé notamment à travers la création artistique et littéraire.

L’exposition présentée à Bruxelles est d’une immense richesse et permet de découvrir la force d’attraction que put exercer bien avant même au demeurant la prise de Constantinople, le monde ottoman, le monde turc sur l’Occident. Une occasion de découvrir des œuvres de Gentile Bellini, Albrecht Dürer, Le Tintoret, Melchior Lork, Hans von Aachen, Hans Memling ainsi que des œuvres de Paul Véronèse et son atelier. De superbes portraits de souverains, prélats ou de marchands des deux côtés de la Sublime Porte.

La période historique envisagée va de 1420 à 1620. Voici une bonne opportunité de réviser ses cours de géostratégie politique, de consulter des atlas historiques et de découvrir les relations internationales à travers un prisme artistique. On découvrira dans le même temps dans cette exposition, les influences du monde ottoman directement sur la Hongrie ou la Pologne qui entretenaient des relations de grande proximité avec Istanbul.


Au total ce sont près de 160 oeuvres d’art qui sont présentées incluant outre les peintures, des gravures, des instruments scientifiques, des tissus, des objets précieux, des tapis ou des armures.

L’exposition L’Empire du Sultan a été rendue possible grâce à des prêts d’oeuvres provenant des plus grandes institutions internationales: National Gallery (Londres), le Metropolitan Museum (New York), le British Museum (Londres), la Galleria degli Uffizi (Florence), le Staatliche Museen (Berlin) ou le Kunsthistorisches Museum (Vienne).

Pierre-Alain Lévy


L’Empire du Sultan
Le monde ottoman dans l’art de la Renaissance
Jusqu’au 31 mai 2015

BOZAR Palais des Beaux-Arts, Rue Ravenstein 23, 1000 Bruxelles
Ouvert: de mardi à dimanche: 10h à 18h (jeudi de 10h à 21h). Fermeture le lundi


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