When contemporary music mysteriously entertains a vast and innocent community who doesn’t even know about it and heard of the name of the composer


Bien surpris seraient ces jeunes publics qui se déhanchent et s’époumonent dans des stades pleins à craquer, ou dans des salles de concert dégoulinantes de décibels pour écouter des Stars du show biz s’ils savaient qu’un aujourd’hui vieux monsieur à barbe blanche, Pierre Henry, père Noël compositeur, au coeur des musiques actuelles, a dés les années cinquante inventé ce que doctement aujourd’hui l’on nomme la musique électroacoustique.

Une musique concrète, une musique de studio, une musique vibrionnante et occupant l’espace, quasiment matérialisée, palpable et tactile, élaborée sans instruments, fruit des technologies de laboratoire des électroacousticiens. Pierre Boulez d’ailleurs (avant même l’Ircam) avec Pierre Schaeffer et bien sûr Pierre Henry en sont les inventeurs.

La grande salle de L’Arsenal de Metz était pleine au quart de sa capacité d’un public mélangé, surprenant et regroupant tous les âges. Une majorité de quarantenaires cinquantenaires pour le moins enthousiastes si heureux d’ovationner le maître présent près des consoles techniques auprès de Thierry Balasse l’ordonnancier du spectacle et manipulateur des appareils de mixage.

Dans la salle un orchestre de 60 enceintes acoustiques disposées sur scène et dans l’espace. Des voiles noirs descendant des cintres de part et d’autre du proscénium et encadrant le Paradis derrière la scène ainsi que d’autres disposés de haut en bas de ces gradins côté jardin constituaient le décor pour cette cérémonie d’initiation musicale. Sur chaque enceinte et dans l’ensemble de l’auditorium des diodes de couleurs différentes, rouges, vertes, bleues. Tel était donné l’écrin pour le concert à venir.

Au programme deux oeuvres : Envol composé en 2010 puis Fanfare et Arc en ciel en création donc à Metz ce Vendredi 27 mars 2015 et objet de toutes les curiosités

Envol, débute dans un rythme haletant, comme un souffle dans un galop, l’on entend comme des bruits mécaniques et de rouages, un carillon de machines, une respiration de bête. Fermons les yeux et l’on croirait se trouver dans l’univers d’un film policier ou d’un thriller, l’univers sonore qu’a imaginé Pierre Henry fait bel et bien partie de notre monde imaginaire et sans prêter gare nous est presque devenu familier. L’on reconnait des chants d’oiseaux, le bruit d’une chute d’eau, quelque chose qui procède du sacré et du chamanisme. Puis le son monte en puissance et hurle comme un thrène, la musique devient spatiale, interstellaire, effets de larsen. Brusquement se fait entendre comme un pépiement d’oiseau et en arrière-fond des bruits sourds et lourds accompagnés de tonalités angoissantes, un borborygme mystique.

Fanfare et Arc en ciel . Aux sonorités légères, pneumatiques, à l’andante en forme de mouvement perpétuel succèdent et éclatent les fanfares et les cuivres inspirés de La Péri de Paul Dukas. Carillons, gongs, gémissements on croirait entendre des sons de gamelan. Une musique hybride avec stridulations et effets de percussions, réminiscences de «La Messe pour le temps présent.» «La fanfare sera petit à petit pulvérisée sous forme de pluie sonore, secouée d’orage et de tremblement de terre. Puis tout cessera et apparaîtra un arc-en-ciel de sept couleurs, dont la matière première sera issue d’une combinaison de sons larcins datant de l’époque de ma deuxième symphonie (1972) associés à une gamme de virtuosité venant des mes pianos préparés», ainsi Pierre Henry définit-il son oeuvre. On ne peut mieux dire !

Pierre-Alain Lévy


WUKALI 02/04/2015

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Illustrations de l’article: Crédit photos WUKALI


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