They live in a unique island… a peculiar book quite difficult to classify but very moving


Voilà l’exemple parfait du livre inclassable dans une bibliothèque. Ce n’est jamais exactement un genre : pas tout à fait un roman, pas tout à fait une pure fiction, pas une autobiographie, pas tout à fait des mémoires, un recueil de souvenirs, c’est tout cela en même temps. Le résultat est étonnant, plaisant. Bien sûr il y a un air d’inachevé, mais en même temps, le lecteur ne perçoit pas ce qu’il faudrait ajouter car ce livre représente un « tout ». C’est une sorte d’essai, de réflexions personnelles à l’auteur autour d’une nouvelle plutôt comique, enfin pas tout à fait comique tant le fond est « sérieux ».

La structure en trois parties inégales est originale et contribue grandement à l’unité de ce livre. Et pourtant elles ne se ressemblent en rien de par leur style, leurs « fonds », leur longueur.

La premières partie qui fait la moitié du récit est une suite de petites phrases, de sentences voire d’aphorismes, souvent très poétiques qui en quelque sorte installent l’atmosphère dans laquelle se trouve l’auteur, sa solitude, son rapport avec la mer, les particularismes de la vie sur une ile. Une petite ile, pas c’elle d’Oléron ou Belle Ile. C’est dans la seconde partie que le lecteur sait que cette ile c’est Houat, superbe ile se trouvant dans le golfe du Morbihan, ile sans voiture (sauf pour les secours), coupée du continent tous les jours après le départ du dernier bateau, ile ou la nature est impossible à dompter, endroit où règne une très forte culture locale, une façon de vivre, de penser qui lui est propre.

Mais derrière l’image « carte postale » que le touriste vient chercher, il y a des hommes, des hommes qui sont eux aussi victimes de la société moderne, du chômage, du départ des jeunes, de la cherté de l’immobilier. Les élus veulent que leur ile vive mais ils n’ont pas les moyens d’y parvenir avec leurs ressources propres. C’est ce qui nous est montré dans cette seconde partie lors d’une réunion d’une partie du conseil municipal dans la maison louée par l’auteur autour d’une demi-douzaine de bouteilles de champagnes.
La troisième partie, très courte, sont les réflexions de l’auteur sur son métier d’écrivain sur l’art d’écrire après son retour sur le continent.

Au nom de Sa Majesté est un livre se lisant vite, plein d’une douce nostalgie, un récit autour de la solitude, celle de l’écrivain Laurent Graff, mais aussi celle du groupe humain représenté par la communauté des iliens. Cette solitude désirée ou subie qui est consubstantielle à la nature humaine.

Emile Cougut


Au nom de sa majesté

Laurent Graff

Éditions Le Dilettante. 14€


WUKALI 20/04/2015

Courrier des lecteurs: redaction@wukali.com


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