The inconsistant foreign policy of American President Barack Obama


Autant le premier mandat du président Obama avait été sage, réfléchi, intelligent en politique étrangère, autant le second apparaît incompréhensible dans le même domaine, depuis le départ d’Hillary Clinton et son remplacement par John Kerry. Cet idéaliste bobo se prend pour un grand intellectuel mais se révèle, à l’usage, un clone d’un des deux plus catastrophiques présidents américains d’après-guerre: Jimmy Carter ; l’autre étant Bush Junior.

En nommant Kerry, Obama savait ce qu’il faisait : Kerry est un mou, sans aucune volonté, sans imagination. C’est le prototype idéal pour appliquer sans faille la politique du président. Il n’en allait pas de même avec Hillary Clinton qui savait tenir tête à Obama et avec qui il était obligé de composer, de discuter, de « cohabiter » dans ce « domaine régalien » de l’international: elle l’a poussé à donner le feu vert aux Marines pour qu’ils liquident Ben Laden. Il hésitait beaucoup, beaucoup trop..

On ne peut que constater un fait évident : Obama ne fera rien qui puisse engager les Américains dans une confrontation directe avec quelque ennemi important que ce soit. Il tient à laisser son nom dans l’Histoire américaine comme le président qui a ramené « les boys » d’Irak et d’Afghanistan, comme l’homme qui défend les valeurs universelles des Droits de l’homme ( en paroles) . Il ne veut pas d’une confrontation majeure, ni avec les musulmans, ni avec les Russes, ni avec personne.


Poutine a parfaitement compris à qui il avait à faire. Il est bien clair que son comportement en Ukraine vient de là : il peut pousser ses pions sans le moindre risque tant que l’affligeant Obama est à la Maison blanche. Il a même dépassé la mesure en « investissant » la Syrie sans aucune réaction des autorités américaines. Je l’ai déjà écrit ici : pour Poutine, tout le mal vient de l’effondrement de l’URSS. Il faut donc rétablir la puissance internationale de la Russie, héritière du monstre soviétique. Son action politique ne vise que cela, peu importe les moyens pourvu qu’il atteigne son but. La période est donc favorable pour lui.

Les Européens ont bien compris la menace, particulièrement François Hollande, il faut le reconnaître. Mais que peut-il faire seul ? Absolument rien ! Angela Merkel ou David Cameron, en pragmatiques, seraient prêts à accepter de discuter avec Bachar-El-Assad, le protégé de Poutine, donc à le reconnaître …En oubliant que c’est ce dictateur, ce boucher aux mains couvertes du sang de ses concitoyens, qui est responsable de tous ces massacres, qui a déclenché cette guerre inexpiable qui va durer…Personne ne sait combien de temps. On peut être critique envers le président français mais, pour les événements de Syrie, son analyse est la bonne : la cause c’est Assad, la conséquence c’est Daech… Pour quiconque a un minimum d’honnêteté, cette vérité ne peut être niée.

Que faire maintenant que les Russes sont bien installés sur la côte syrienne (bases militaires de Tartous, de Lattaquié, où sont installés au moins cinq cents fusiliers-marins et des aviateurs en nombre indéterminé) ? Maintenant que les troupes iraniennes sont déployées à côté d’eux( à Ghorin avec un millier de soldats d’élite issus des Gardiens de la révolution) ? Maintenant que le Hezbollah combat déjà avec l’armée régulière du tueur de Damas (au moins plusieurs milliers de volontaires) ? Maintenant que ses troupes, qui ont perdu la moitié de leurs effectifs (150.000 hommes aujourd’hui, 300.000 au début de la guerre), ont reçu un vaste armement moderne de la part des Russes ( missiles anti-aériens S-300, avions de chasse MIG-31 et des avions intercepteurs Su-30, des hélicoptères de combat, de multiples photos satellites notamment prises par Airbus Defence & Space en attestent

D’après Obama ? On ne fait rien ! On gesticule, on condamne avec de belles paroles, on fait part de « son inquiétude »…De qui se moque-t-on ? C’est indigne du chef de la première puissance mondiale. C’est criminel face à l’histoire contemporaine qui a commencé le 11 septembre 2001. Le prix à payer d’une telle surdité, d’une telle inconséquence, sera terrible et pas seulement en numéraire. Mais l’actuel locataire de la Maison-Blanche s’en moque ! Il veut que le peuple se souvienne de lui comme celui qui aura rétabli les relations avec Cuba, de celui qui a signé un accord de portée universelle avec l’Iran ( nous allons reparler de cette imposture), de celui qui a fait revenir les boys sur le sol national…

Peut-être connaît-il à la phrase que l’on a attribué à Louis XV : « Après moi, le déluge ! » ? 
En tous cas, il va laisser un sacré bazar à son successeur, quel qu’il soit. Le réveil ne sera pas difficile, il sera épouvantable : qui sait ce que sera la situation internationale à la prise de fonction du prochain Président ? C’est-à-dire en janvier 2017…Il saute aux yeux que Poutine va continuer à pousser ses pions, dans le monde entier. Il aurait tort de se gêner : il sait qu’Obama ne fera rien…La paralysie de l’actuelle administration américaine pèsera lourd dans les événements qui précéderont l’élection de novembre 2016… Et empêcheront, probablement, l’arrivée d’un démocrate à la magistrature suprême.

Mais il existe un domaine où Obama est passé maître: pour museler ses services de renseignements, militaires ou autres. Un récent article de Jean Tsadik  : La révolte du renseignement US contre la méthode Obama (Metula News Agency), est très clair à ce sujet, En résumé, on peut dire ceci :

-50 analystes, spécialistes du renseignement, travaillant pour le compte du Commandement Central de l’Armée américaine ( US Army central command), ont déposé une plainte officielle : leurs rapports sont modifiés afin de correspondre à « la pensée d’Obama » !

-Ils accusent le directeur des renseignements et ses adjoints de « bidouiller »leurs notes pour qu’elles correspondent à la ligne suivie par le Président !

-Des éléments-clés de leurs rapports sont effacés…
-Des pressions pour que « les révoltés » démissionnent sont exercées…
-L’administration Obama a volontairement caché certains détails peu ragoutant de l’accord avec l’Iran, même aux membres du Congrès : existent beaucoup de documents annexes qui permettront aux Iraniens de faire ce qu’ils veulent, quand ils le veulent…Mais Obama aura quitté la Maison blanche… Il n’en aura plus rien à faire…C’est déjà le cas d’ailleurs…

-Le « Calife turc »(Erdogan) attaque les Kurdes, pas Daech…Mais il ne faut pas le dire ou l’écrire : cela pourrait gêner le monument de suffisance qu’ Obama espère créer à son image.

-La politique d’Obama est de l’enfumage caractérisé…
Il faut vraiment lire cet article pour bien comprendre le manque de vision de l’actuel locataire de la Maison blanche… Apparemment, il ne sait pas lui-même ce qu’il veut. Seul lui importe de gagner du temps pour parvenir à la fin de son mandat…

Je me permettrais de rappeler au Président américain en exercice l’intervention de Churchill, montant à la tribune de la Chambre des communes après les Accords de Munich signés avec Hitler (30 septembre 1938), où s’adressant à Chamberlain et à son gouvernement, il eut cette phrase prophétique : « Entre le déshonneur et la guerre, vous avez choisi le déshonneur…Vous aurez la guerre »…La guerre éclata moins d’un an plus tard…

Alain Fabre


WUKALI 29/09/2015
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