Iraqi archaeologists should be trained for restoration and reconstruction


Qui n’a pas vu avec horreur récemment les destructions des bas reliefs assyriens à Nemrod en Irak ou plus récemment la pulvérisation à la dynamite de l’arc de triomphe de Palmyre en Syrie par les soudards de Daesh. La mémoire matricielle du monde, de ce qu’il convient à juste titre de nommer la civilisation (la sédentarisation des hommes avec la naissance de l’agriculture, puis la naissance de l’écriture et l’apparition de la poterie) tout cela débute dans ce coin de l’Asie mineure, quelque part entre Tigre et Euphrate, dans cette aire mésopotamienne avec quelques villes et civilisations phares qui ont pour nom : Sumer, Babylone, Maari, Uruk etc…

Ce sont notamment ces oeuvres que l’on peut admirer dans les collections grands musées du monde à l’exemple des salles des Antiquités orientales du Louvre ou du British Museum à Londres.

La barbarie et l’iconoclastie sont intemporelles cela est hélas bien évident. Ce qui se passe maintenant quand les sbires de Daesh investissent une ville antique est monstrueux et relève de plusieurs phénomènes. Ces destructions révèlent une vision anhistorique du passé, un fanatisme religieux, une exclusion volontaire du mouvement des idées et du progrès, un désir pathologique et névrotique de conquête et d’expansion totalement aberrant, et je n’aurais garde de l’oublier un mépris abyssale des valeurs d’humanisme et d’humanité ! Je dirais au demeurant la même chose pour les bouddhas de Bamyan, les autodafé d’Hitler; les saccages de la Révolution, ou ceux des Guerres de religion en France.

C’est la France qui la première a alerté le monde sur ce qui se tramait dans cet Orient mystérieux comme l’on disait naguère. C’est François Hollande qui depuis le musée du Louvre prenait l’initiative d’une aide et d’un soutien aux archéologues des pays concernés quand dans le même temps se déroulaient les événements dramatiques du musée du Bardo à Tunis. La France d’ailleurs poursuit ses missions archéologiques dans le Kurdistan iraquien et l’Institut français du Proche-Orient a mis en place des collaborations pour accueillir des doctorants des universités d’Erbil et de Soulaimaniah

Plusieurs mois se sont passés, Daesh a conquis davantage de territoires, Palmyre est tombé et davantage de sang encore a coulé. Masses, dynamite et marteaux-piqueurs prennent le relai de la kalachnikov. La diplomatie internationale a fait un pas de deux, Obama baille jusqu’à ce que Vladimir Poutine ordonne à sa flotte et ses aviateurs d’intervenir. C’est un autre sujet sur lequel nous reviendrons bien entendu.

C’est aujourd’hui le moment qu’a choisi le British Museum pour présenter un plan de soutien en faveur de l’archéologie irakienne. Jonathan Tubb directeur du département du Moyen-Orient au British Museum a ainsi fait savoir lors d’une conférence de presse qu’un plan financier de 3 millions £ a été approuvé avec le soutien du gouvernement britannique pour apporter la collaboration documentaire et scientifique et débuter des travaux et des restaurations. Pour l’instant convenons que ces louables intentions sont quelque peu optimistes!

Le plan prévoit le recrutement de deux archéologues pour diriger des stages de formation avec des archéologues irakiens qui viendront dans la capitale britannique pour une session d’étude de trois mois puis retourneront en Irak pour poursuivre encore pendant trois mois leur formation auprès de deux spécialistes internationaux. Sécurité oblige, les stages devraient se dérouler en Irak dans des régions apaisées comme le Kurdistan irakien au nord ou la région méridionale de Bassorah au sud. Gageons que M. Erdogan ne verra pas mauvaise intention pour le Kurdistan…

Ce projet devrait servir de module pour d’autres régions concernées, Syrie, Yémen, pour autant que la sécurité est confirmée. Ah la patte sans pareil du Foreign Office !

Il arrive quelque peu à point nommé au moment où vient de se réunir à Londres un somment sur la culture et où le ministre de la culture John Whittingdale a réaffirmé haut et fort l’attachement du gouvernement de Sa Majesté la reine, à la Convention de la Haye signée en 1954 sur la protection de la propriété culturelle en cas de conflits armés.

Pierre-Alain Lévy


WUKALI 28/10/2015

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