Altogether a humorous, weird and detective story and we like it all.


On connait bien Vincent Ravalec depuis son Cantique de la racaille comme étant un des auteurs contemporains les plus doués de sa génération (n’a-t-il pas confirmé ce constat avec Un pur moment de rock’n roll  ?). Voilà son dernier roman Bonbon désespéré qui ne dépareille en rien à son œuvre déjà construite. Tous les « ingrédients que nous aimons s’y retrouvent : un peu de fantastique, une intrigue proche du roman policier, de l’humour, beaucoup d’humour, des rebondissements plus ou moins improbables, des personnages finement définis et surtout pouvant ressembler à l’inconnu que nous croisons sur notre chemin.

L’histoire est loufoque et quelque peu irréaliste. Bien que, le côté surréaliste en moins, il y ait bien des personnages et des situations que nous avons ou pouvons rencontrer au fil du quotidien, dans nos entourages ou à la lecture des faits divers.

Château les églantiers est une commune qui a eu ses jours de gloire quand l’usine de confiserie locale exportait ses bonbons dans le monde entier. Mais la commune et son usine sont en plein déclin et trois de ses notables essaient de trouver un moyen pour lui redonner vigueur. Ils engagent une attachée de presse (dépressive) pour faire « couvrir » un mystérieux évènement ors de l’inauguration d’une statue très « kitch » représentant un immense bonbon. Mais rien ne se passe comme prévu d’autant que leurs filles viennent de décider de passer un week-end en famille sans voir prévenu leurs géniteurs respectifs. En plus l’une d’elle amène sa petite amie, fille particulièrement jalouse. Rien ne se passe comme prévu car les malfaiteurs qu’ils ont engagés pour leur mise en scène s’avèrent se comporter comme de véritables malfaiteurs et non comme des figurants passifs acceptant de jouer leurs rôles. Vous ajoutez en plus un mystérieux trésor et un gourou portugais avec ses disciples et vous obtenez un roman digne du talent de Vincent Ravalec. De Vincent Ravalec soit, mais aussi l’histoire sortie de l’esprit et de la plume d’Origène, jeune bibliothécaire, membre d’un club d’écriture qui se sent quelque peu dépasser par les situations qu’il a imaginées et qui essaie de changer le dénouement de son livre.

Je ne suis pas assez féru en théologie pour savoir à qui Origène fait référence en donnant ce prénom à son héros : le théologien du III siècle, l’exégète de la Bible, le père de l’Église ? Ou le néoplatonicien disciple de Plotin ?

Le thème de l’auteur qui voit ses personnages soit devenir réels, soit exister sans qu’il le sache, est un classique de la littérature, le summum étant l’inversion que crée Pirandello dans Quatre personnages en quête d’auteur. Et les théories des mondes parallèles issues de la physique quantique son là pour une exploitation encore plus importante de ce thème.

« Le style était le propre d’un être, la façon dont la plume, gracieusement, voguait de phrases en phrases, rebondissait subtilement sur les mots, qui, assemblés par un autre, pour la même signification, n’auraient eu ni la même saveur, ni cette musique qui la rendait unique et particulière. » Tout est dit, ou plus exactement tout est presque dit, car il faut aussi préciser, pour eux qui en doutent, que Vincent Ravalec a un style propre, qui n’est qu’à lui, et c’est ce style qui fait sa particularité et qui symbolise son talent. Bonbon désespéré en est une nouvelle preuve. Un livre qu’il faut absolument lire pour oublier toute la médiocrité des tonnes de romans qui s’offrent à nous chaque année.

Emile Cougut


Bonbon désespéré
Vincent Ravalec

éditions du Rocher. 16€90


WUKALI 02/03/2016
Courrier des lecteurs : redaction@wukali.com


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