Politics, Ground zero !


Cher Benoît Hollande,
Cher François Hamon
Camarade,

Est-il donc si difficile de porter le bilan globalement positif d’un président tout ce qu’il y a de plus normal ? Le changement, n’est-ce pas maintenant ?

Vous voilà décidément en fâcheuse posture, sur votre droite comme sur votre gauche,

A votre gauche, pas moins de trois candidats prétendant incarner, qui l’insoumission, qui la voix des travailleurs, qui le rejet du système capitaliste : des valeurs de rupture inscrites dans le patrimoine génétique du socialisme, si l’on en croit le discours fondateur du congrès d’Epinay en 1971. Que d’eau a coulé sous les ponts, depuis !

A votre droite, un candidat qui comme vous, a exercé des fonctions ministérielles dans le gouvernement sortant sans assumer sa part de l’héritage. Le droit d’inventaire au parti socialiste est toujours remis à plus tard, mais cette erreur a déjà causé la catastrophe du 21 avril 2002, et a créé les conditions d’une deuxième le 23 avril prochain.

Faire campagne à gauche, gouverner au centre, le dilemme semble insurpassable, et le système des primaires vous a enfermé dans cette impasse. De l’ambiguïté, nous ne sortons jamais qu’à notre propre détriment : [**Lionel Jospin*] en fit l’amère expérience, lorsqu’il déclara que son projet n’était pas socialiste. Peut-être était-ce trop tôt, après cinq années d’une cohabitation ayant contribué à brouiller le clivage droite-gauche ; mais il est des aggiornamento salutaires. Il n’a pas eu lieu, et cette fois, la bérézina électorale annoncée pourrait bien être fatale.

Le parti socialiste a déjà éclaté dans les faits. Vous êtes trahi par ceux-là même qui promettaient de soutenir le vainqueur désigné par le vote des militants, mais qui n’ont pas oublié les coups de poignard que vous portâtes en son temps à la solidarité gouvernementale, seul ministre de l’Education nationale ayant réussi l’exploit de ne pas connaître une seule rentrée scolaire. Vous récoltez les graines que vous avez semées.

Certes, vous ne serez pas le seul responsable de l’élimination du grand parti de la gauche de gouvernement dès le premier tour, configuration inédite depuis la confrontation entre [**Georges Pompidou*] et [**Alain Poher*] en 1969. Mais, par votre refus obstiné d’assumer la ligne sociale-démocrate avec laquelle le parti socialiste a gouverné chaque fois qu’il était aux responsabilités, vous compterez au rang de ses fossoyeurs. Chapeau bas… !

[**Guilhem Berger*]


[(
Le Trombinoscope de Wukali
Les candidats :

Philippe Poutou
François Asselineau
Jean-Luc Mélenchon
Marine Le Pen
Nathalie Arthaud
Nicolas Dupont-Aignan
Emmanuel Macron

)]


Contact : redaction@wukali.com
WUKALI
14/04/2017

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