A famous and popular humorist

Qui ne connaît pas[** Philippe Chevalier*] et son acolyte sur scène [**Régis Laspalès*] ? Un des meilleurs duos comiques de ces dernières années qui sait si bien caricaturer les traits de notre société autour, essentiellement, de ce que [**Reiser*] appelait la « bofitude ». Et un des symboles du « bof » est le beau-frère de Philippe Chevalier quincaillier dans la Creuse et spécialiste de la vente d’asticots. Ce beau-frère, même s’il n’est pas le fil conducteur, réapparaît pour notre plus grand plaisir, dans plus d’une de ses chroniques.

Nous savions que Philippe Chevalier avait de l’humour, en outre de l’humour de répartie dont il a su faire montre aux« Grosses têtes » de son mentor [**Philippe Bouvard,*] mais ce que nous ignorions, enfin ce que moi j’ignorais, c’est qu’il sait écrire avec humour. Il nous le prouve en nous livrant une cinquantaine de chroniques autour de nos travers, nos manies, nos comportements, mais aussi autour de l’air du temps, de l’évolution de notre société.

Alors que dire de cet humour ? Jamais vulgaire, gaulois parfois pour ne pas dire souvent. Lucide, très lucide. Parfois mordant, souvent empathique. Ce beau-frère, il ne veut pas le dire, même s’il insupporte, il l’aime bien quand même.


Il ne faut jamais comparer des humoristes entre eux, tout au plus peut-on les ranger dans de grandes catégories : les vulgaires (et il y en a beaucoup), ceux qui font dans la facilité, les intellectuels comme [**Devos*] et [**Desproges*], et ceux qui arrivent à faire rire sans vulgarité et sans frôler avec le populisme facile. Sincèrement quand j’ai lu l’horoscope de [**Manuel Vals*] après sa défaite aux primaires socialistes j’ai tout de suite pensé à [**Pierre Dac*] tant il aurait été digne d’être publier dans l’Os à Moelle. Et combien de fois j’ai retrouvé sous sa plume des passages digne de [**Jean Yann*].

Et en plus, comme un vrai humoriste, il sait être profond, interpelle les lecteurs, les oblige à réfléchir. Un exemple ? Lisez Le vrai du faux : « j’ai entendu un journaliste de renom faire l’éloge d’un livre qui venait de recevoir un prix avec une pauvreté de vocabulaire accablante : « C’est un vrai roman, avec une vraie histoire ! »… Comment donner au lecteur l’envie d’acheter en roman en lui disant que c’est un « vrai roman » ?… qu’est-ce qui est « vrai » dans une œuvre de fiction, qui par définition est inventée, en tout ou en partie ? Quand un automobiliste me double et me fait une queue de poisson, je dis que ce gars-là est un vrai con. Quand un exégète me parle aussi bêtement d’un bouquin qu’il est censé admirer, je sais que c’est un « vrai mauvais » critique !  »

Et puis, et surtout comment ne pas apprécier le dernier paragraphe de la dernière chronique : « [**Wolinski, Cabu, Charb*] et les autres étaient des humoristes. Ils se moquaient de leurs contemporains pour mieux se moquer d’eux-mêmes, et même si leur humour était une arme, elle, elle était chargée à blanc. ». Tout est dit, seul un vrai humoriste pouvait faire un si bel hommage.

[** Émile Cougut*]


[**Les Français et moi
Philippe Chevalier*]
éditions Flammarion. 20€90


Contact : redaction@wukali.com
WUKALI 24/05/2017

Ces articles peuvent aussi vous intéresser

Notre site utilise des 'cookies' pour améliorer votre expérience et son utilisation. Si vous le refusez vous pouvez les désactiver. Accepter En savoir plus