Argentina, an haven for nazi fugitives and German companies


Après La traque de nazis, la fuite de Bormann, puis Les Nazis en Amérique du sud, voici Les accointances nazis de Juan Peròn, troisième volet de notre étude publiée précédemment dans son intégralité sous le titre : Le Quatrième Reich, Bormannn, Hitler la traque. Suivront deux derniers chapitres: Le plan des Nazis en Argentine, fuite et mort de Bormann et La mort d’Hitler.


[** 3- Juan Perón (1895-1974)*]

**A- Son histoire personnelle jusqu’en 1955

Fils d’un petit fermier, il entre à l’école militaire à l’âge de dix ans. Lieutenant à vingt ans, il connaîtra une progression foudroyante dans la hiérarchie. Il finira général. Au fur et à mesure de ses affectations, il développera une conscience aiguë des problèmes sociaux. Ces deux aspects opposés seront les bases de son « socialisme national idéologique » rebaptisé : « justicialisme ». Représentant son pays en Italie, dans les années trente, le Duce le fascinera.

La célébrissime[** Evita*] (1919-1952), sa deuxième femme, épousée en 1945 et morte trop tôt, deviendra une icône du peuple, puis sera assimilée, de son vivant, à une sorte de déesse protectrice du peuple : la Sainte-Vierge de Buenos-Aires, en somme. Ce qui facilitera la première présidence de Perón celle qui nous importe, de 1946 à sa destitution en 1955, suite à un coup d’état.

Cet article étant consacré au « Quatrième Reich », nous ne nous préoccuperons pas plus de ce que fut sa semi-dictature fascisante : nous n’envisagerons l’homme privé et l’homme politique que dans ses rapports avec les nazis réfugiés, particulièrement avec Martin Bormann qu’il rencontra à plusieurs reprises. (5 & 6)

[**Buenos-Aires*] a été la plaque tournante des nazis en fuite grâce, et uniquement grâce, à l’admiration sans borne de[** Perón *] pour [**Mussolini*] et pour le [**Führer*]. C’est si vrai qu’à l’époque la première tâche des policiers argentins, avant de protéger leur propre peuple, ce fut d’assurer la protection de ces criminels de guerre en fuite.

Dès 1943, lorsque Perón devint membre du gouvernement argentin, les capitaux allemands affluèrent en Argentine. Ils financeront d’innombrables sociétés. Le service secret de la marine américaine estimera à [**800 millions de dollars*] le coût global de la « protection » du régime péroniste accordée aux fuyards nazis : rien n’est jamais gratuit en ce monde, quelle que soit la sympathie éprouvée pour les uns ou pour les autres. « Voyez la caisse » a été le leitmotiv de l’Argentine à cette l’époque.

La personnalité du général Perón est une caricature : caricature de militaire, caricature d’homme politique, caricature d’humanité. Ce personnage était tellement imbu de lui-même que, si les scientifiques avaient pu transformer en énergie sa suffisance, son égoïsme et son outrecuidance, ils auraient envoyé la Colonne Vendôme sur orbite. Ce magnifique plein de vide, bouffi d’orgueil, porte-manteau de ce qu’il croyait représenter et être, n’était qu’un bouffon sans consistance qui a bénéficié des circonstances, sans les avoir provoquées.

Si l’on devait lui reconnaître une qualité, ce serait son opportunisme. Perón était un naïf, hyper-sensible à la flatterie, et un flagorneur. Il se faisait payer certes, et ce fut la chance des nazis qu’il couvrait de son prestige indécent, mais il n’était rien face à un calculateur comme Martin Bormann, qui le manipula tel un pantin, lui faisant miroiter n’importe quoi, comme l’arme atomique…

**B- Perón et Bormann

Arrivés à ce moment de notre exposé, il nous faut expliquer comment les dignitaires nazis les plus importants sont passés en Argentine et, plus largement, en Amérique du sud.

Naturellement, nous prendrons l’exemple de[** Bormann*]. A son sujet, on a beaucoup parlé de faux-papiers qui lui auraient permis de s’installer en Argentine. C’est peu probable: condamné à mort par contumace en 1946, son visage reproduit dans tous les journaux de la planète, la chirurgie esthétique balbutiante et peu apte à transformer un physique aussi caractéristique, il aurait été vite repéré (que l’on se souvienne du résistant italien [**Luigi Silvestri*] qui, le reconnaissant d’assez loin, faillit le coincer à l’entrée d’un monastère). L’embarquement à Gênes, ville occupée par les Alliés, eût été téméraire. Le passage en Espagne s’imposait : là, la protection de [**Franco*] était bien utile. Les précautions de transfert, qui ne nous sont pas connues, durent être drastiques. Mais, même en terre ibérique, une grande discrétion s’imposait : les Alliés n’étaient pas loin et Franco, se rapprochant des occidentaux pour conserver le pouvoir chez lui, ne pouvait pas se permettre qu’un Bormann triomphant paradât dans Madrid. C’est seulement en Amérique du sud, où les autorités n’étaient pas regardantes, qu’il utilisa des faux-papiers.

D’après les témoignages recueillis par les reporters d’  « Hunting Hitler »(5), il semble que les plus hauts dignitaires nazis furent dirigés vers La Corogne en Galice, et installés, pour un court moment, chez des nazis allemands demeurant déjà dans le pays. Ensuite ? Le départ pour l’Argentine… par sous-marin.

A la capitulation allemande, environ un millier de U-boote étaient en mer. Près de neuf cents se rendirent, sur ordre, dans le port allié le plus proche pour y être désarmés. Une bonne cinquantaine disparurent, victimes des mines et autres gadgets. Reste une quarantaine dont le sort nous est, officiellement, inconnu.

Pour « Hunting Hitler »(5), les reporters ont retrouvé plusieurs témoins de cette époque, dignes de foi, qui ont assuré que la présence des sous-marins allemands dans les eaux de Galice espagnole dura toute l’année 1945 et même une bonne partie de 1946. Ils y avaient leur base sous-marine, utilisée depuis longtemps, où ils pouvaient se ravitailler et effectuer les réparations nécessaires. Ils l’utilisèrent d’ailleurs tout le temps de la « Bataille de l’Atlantique ». C’est de là que partirent les hautes personnalités du nazisme comme Bormann. Il y eut aussi une autre base allemande en Espagne : aux îles Canaries. Elle servit également de relais pour les submersibles nazis en route vers l’Argentine.

Nous savons (7) que « dans les semaines qui suivirent la capitulation allemande, deux sous-marins allemands abordèrent les côtes argentines. Selon les services de renseignements occidentaux, « ils transportaient une partie du trésor de guerre nazi et des dignitaires du Reich ».

La situation exacte, c’est qu’il y eut un va-et-vient incessant entre l’Espagne et l’Argentine. Grâce aux recherches des réalisateurs d’« Hunting Hitler »(5) nous avons appris que deux sous-marins se sont échoués, volontairement, en 1946, sur la côte argentine aux environs du village de Carmen de Patagones. Ils y ont déposé des fuyards nazis avant d’être sabordés et de couler. Leurs équipages se sont dispersés dans le pays, chacun ayant son correspondant particulier et son point de chute. L’officier commandant l’un de ces U-boote y est devenu le « gérant d’un club allemand »…

Le moins que l’on puisse dire, c’est que les vaincus s’installèrent en territoire ami en Argentine. La région de [**Bariloche*], proche de la cordillère des Andes, devint un havre de paix pour tous ces criminels de guerre.(5)

Le rapport, précis, d’un curé argentin anti-nazi, le [**père Egidio*], indique la présence de [**Bormann*] en Argentine à cette époque. L’interview de [**Jorge Silvio Colotto*] (6) (aide de camp et secrétaire particulier du dictateur argentin) est très clair sur les rapports entre Bormann (sous le faux-nom de [**Ricardo Juan Pieres)*] et Perón, puisqu’il vit l’Allemand à l’occasion de son entrevue secrète avec Perón, à Buenos-Aires en 1953. Son témoignage est hors de discussion.

L’accord se fit entre les deux compères mais c’était un marché de dupes : Bormann offrait la mise au point d’une bombe atomique par des savants allemands, criminels de guerre réfugiés en Amérique du sud, en contre-partie d’une protection totale. Ce miroir aux alouettes fascina le « Conductor » de la nation argentine, qui rêvait «  d’hégémonie sud-américaine ». Il fut complètement manipulé par son interlocuteur.

Soyons précis : Bormann espérait bien que ses experts atomiques allemands arriveraient à créer une sorte de bombe atomique, plus probablement ce que l’on nomme maintenant : «  une bombe sale  », c’est-à-dire ayant les composants de la bombe atomique mais sans le détonateur adéquat. Mais il voulait l’employer contre les États-Unis ! Il n’avait pas la moindre intention de partager avec ce fantoche de Perón dont il aurait, inévitablement, cherché à se débarrasser. 
Mais il y a plus : Bormann avait peur d’être découvert et extradé pour être jugé dans une sorte de « Nuremberg bis  ». Il chercha donc un échappatoire, sinon définitif, tout au moins capable de ralentir suffisamment l’action de la justice pour lui permettre d’aller voir le soleil sous d’autres cieux.

Or, existe, au [**Chili*], en [**Argentine*] et au [**Brésil*], une loi qui indique qu’un étranger, recherché dans son pays d’origine, ne peut être extradé s’il est le père d’un enfant mineur chilien, argentin ou brésilien (le cerveau de l’attaque du train postal Glasgow-Londres en1963, [**Ronald Briggs*], bénéficia de cette clause suspensive).

Bormann, vivant alors au Chili sous le faux-nom de[** Keller*], adopta officiellement une petite fille qui vivait dans un orphelinat. Elle s’appelle [**Elianna Keller*] et vit toujours. Son interview pour « Hunting Hitler » (5) est un moment clé de cette traque posthume des nazis, de Bormann entre autres individus. Elle a reconnu immédiatement les photos de Bormann que lui présenta l’enquêteur : c’était bien son père adoptif. Elle raconta que la maison était toujours pleine d’Allemands et que Bormann essayait de lui apprendre la langue germanique. Elle dit aussi que son père adoptif disparut en 1960, du jour au lendemain, et qu’elle ne le revit jamais.
« Pour quelle raison, cette fuite ? » demande le journaliste
« Les Israéliens venaient de capturer Eichmann et il crevait de peur d’être le prochain sur la liste  ».

Plusieurs remarques : nous sommes au [**Chili*], ce qui signifie que Bormann a quitté l'[**Argentine*]. L’histoire se situe donc entre [**1955*] (chute de Perón et [**1960*] (capture d’Eichmann).

A la déposition du « Conductor » de la nation argentine, nombre de nazis, méfiants, choisirent de quitter ce pays, généralement pour se réfugier au [**Paraguay*], gouverné d’une main de fer par [**Alfredo Stroessner*], nazi si fervent qu’il interdisait l’entrée du pays aux juifs (6). Un des premiers à fuir fut [**Mengele*], le « médecin » d'[**Auschwitz*] qui avait fait tant d’expériences abjectes sur des cobayes humains.

Ensuite, si Bormann avait si peur, c’est qu’il avait peu de gens autour de lui pour assurer sa sécurité, face à des commandos bien entraînés et déterminés. La suite se devine aisément : trouver un endroit qui soit son sanctuaire et s’entourer d’une garde fanatique SS d’une bonne centaine d’individus.

Comment en était-il arrivé là ? La réponse, c’est qu’il avait eu les yeux plus gros que le ventre !

[**Jacques Tcharny*]

A suivre…!


Prochain article: Le plan des Nazis en Argentine, fuite et mort de Bormann
[**Mise en ligne vendredi 2 février 2018.*]


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WUKALI 26/01/2018)]


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