Picasso and the Spanish masters on the walls of a stone quarry at Les Baux de Provence, just amazing !


Un siècle de peinture espagnole aux Carrières de Lumières aux [**Baux-de-Provence*], ce spectacle est un enchantement ( à voir jusqu’au 6 janvier 2019). Une création inédite conçue avec brio par les réalisateurs[** Ianuzzi, Gatto et Siccardi*]. Ils nous promènent à travers l’art ibérique du XXe siècle. Des chefs d’œuvres numérisés, animés, mis en musique et en scène sur les murs immenses des Carrières. Une immersion toujours aussi magique, une expérience artistique rare, une aventure sensorielle unique. C’est étrange à dire, mais c’est à chaque fois… unique !

[**On vous y emmène ?*]

Le programme[** Picasso Méditerranée 2017-2019*] est à la moitié de son parcours. A l’initiative du musée national Picasso Paris, plus de 70 institutions culturelles et scientifiques participent à l’événement, offrant ainsi au public une quarantaine d’expositions d’un bord à l’autre de la méditerranée.

Là, pause ! On s’arrête aux[** Baux-de-Provence*]. On prend son temps. On s’émerveille. « Il ne s’agit pas simplement de montrer des oeuvres pour certaines mondialement connues. Gianfranco Iannuzzi, Renato Gatto et Massimiliano Siccardi, réalisateurs du spectacle, se sont attachés, comme pour chaque spectacle, à créer une forte vibration émotionnelle entre l’animation des images, la musique et une mise en scène originale », confie[** Augustin de Cointet de Fillain*], directeur des Carrières de Lumières.

Dans le spectacle long, le public part à la découverte de l’univers de [**Picasso*] et de quelques artistes espagnols : [**Francisco de Goya*], (1746-1828), [**Santiago Rusiñol*] (1861-1931), [**Ignacio Zuloaga*] (1870-1945), [**Joaquín Sorolla*] (1863-1923). Après cette superbe fresque qui nous balade un peu partout en Espagne, et les séquences consacrées à Picasso et à son œuvre multiformes, le spectacle court surprend par son décalage d’avec les thèmes précédents. Sans transition, on abandonne l’Espagne pour raccrocher les wagons à une époque et à un univers différents. « Flower Power » invite à une flânerie dans les années 60, dans un monde graphique peps, couleurs vives et motifs à profusion. « L’idée est de rendre compte d’une époque, s’amuser avec la musique et proposer quelque chose de plutôt dérivatif et captivant pour le public. On a souhaité apporter un peu de gaité, de joie, et de « psychédélie » dans ces lieux explique Augustin de Cointet de Fillain, nous avons fait appel à une nouvelle équipe de réalisation, Danny Rose. Par rapport aux autres années, ils proposent une approche encore différente dans la manière de manier l’image, les vidéos. C’est très dynamique et ça bouge ! »

Mais avant ce petit voyage psychédélique, riche en couleurs et mouvements, au rythme des Beatles, des Beach Boys et de Jimi Hendrix, c’est [**Picasso*] en personne qui nous accueille aux Carrières en « lever de rideau ».

Facile d’imaginer que Picasso était également subjugué par ce paysage atypique des Baux de Provence et inspiré par les Carrières du Val d’Enfer. En 1959, [**Picasso*] interprétait le rôle d’un peintre dans « Le Testament d’Orphée » de [**Jean Cocteau*] tourné dans ce village des Alpilles. On se souvient du film projeté sur le mur des carrières. Sublime et envoûtant. Séance cinéma pour débuter le spectacle, mais sans Cocteau, avec des extraits du film d’[**Henri-Georges Clouzot*], « Le mystère Picasso » de 1955. On y voit notamment le peintre au travail. Pour l’accompagner, la musique « Asturia pour piano » de Isaac Albéniz.

Quelques flashs de sa vie apparaissent encore sur les murs et nous laissons provisoirement le Maître pour découvrir plusieurs peintres espagnols, dont l’étonnant Goya, peintre royal, dans tous les sens du terme. Il nous livre ses portraits sur les murs d’un palais espagnol. Puis, nous « enjambons » les fenêtres du palais pour une promenade bucolique. Nous faisons quelques pas dans les jardins. [**Rusiñol*] nous invite aussi à découvrir les siens, célèbres jardins, tout fleuris, le charme de ses cours, de ses fontaines… Une danse andalouse bat son plein. On y participe. Puis apparaît [**Zuloaga*], autre figure importante de l’art espagnol, davantage installé dans le passé, et enfin, [**Sorolla*]. Lumineux Sorolla ! On adore ce peintre valencien qui a mené la technique impressionniste à son plus haut niveau, saupoudrant ses toiles de vie et de lumière.

Des musiques collent à merveille aux images : Violon sonate Le Printemps de Ludwig van Beethoven. Carmen – Entracte de Georges Bizet, Placido Domingo avec Malagueña Salerosa puis le Concerto de Aranjuez (Bobby McFerrin) de Joaquin Rodrigo.

Les plus beaux tableaux de Picasso en imposent sur ces murs géants. « La joie de vivre » débute son cycle et on se réjouit de l’influence du soleil et de l’amour qui l’ont conduit à créer cette œuvre. Pour illustrer ce Picasso heureux, on écoute Chatannoga (Andrews Sister) de Glenn Miller.

Autre époque, autres cycle. Les murs des Carrières s’adaptent parfaitement à cette grande aventure du primitivisme et du cubisme. On ne peut rêver mieux. Les plans brisés par l’artiste viennent se briser sur les murs, ou plutôt sur les gros blocs de cubes de la grotte… C’est cubiste à souhait et cela va bien à Picasso d’être revisité ainsi. Pour l’illustrer, une composition originale de Luca Longobardi – The Köln-, concert de Keith Jarret.

Certes, Picasso est un monument et il s’agit là d’un spectacle où forcément, de multiples facettes de l’artiste ne sont pas exposées. Il ne s’agit pas d’un documentaire. C’est une vision ludique qui n’a pas la prétention d’expliquer, même s’il est vrai qu’en plongeant ainsi dans son univers, on s’approche joliment de l’artiste. « Nous montrons dans ce film la capacité de se renouveler de Picasso, sa capacité à réinventer et parfois même à changer du tout au tout d’univers, de style. » Commente Augustin de Cointet de Fillain.
Ses « Demoiselles d’Avignon » de 1907 gardent la pause. Elles sont au départ de son aventure cubiste. Puis, illustrer les séquences mythologie, et notamment le mythe du minotaure dans lequel Picasso entretient des rapports étroits avec la tauromachie, on écoute Syrinx de Claude Debussy, qui vient multiplier les figuralismes musicaux et traduire au mieux ses images.

La sinfonia n°8 op.65 non troppo de Dmitri Shostakovitch est d’une belle puissance. Cette musique vient souligner le désespoir intense et la colère de Picasso qui dénonce l’atrocité de la guerre dans le célèbre Guernica. Puis on n’y voit que du bleu, dans sa période bleue, teintée de mélancolie. On se réchauffe gaiement dans sa période rose, plus apaisée. On adore Les gnossiennes n°1 en F mineur d’Erik Satie, et Cuspide (Acquamarina), création de Luca Longobardi. Les années 60 sont aussi à l’honneur. Elles seront mises en musique avec Respect d’Otis Redding.

Bien intéressante séquence encore que celle consacrée aux compagnes et muses qui ont inspiré le Maître espagnol avec « Norma », Acte 1 : Casta Diva de Bellini. Là encore, quoi de plus pertinent que ce choix de Norma, une femme multiple, chantée par les plus grandes divas. Cette capacité de renouvellement propre à Picasso, c’est aussi grâce à ses femmes qui l’ont accompagné toute sa vie. «C’est une sorte d’ode aux femmes, qui viendra clôturer le spectacle» dira le directeur des Carrières.

Les musiques résonnent encore à nos oreilles. Bien choisies, elles accompagnent de façon pertinente le promeneur, décuplant les émotions procurées par les œuvres.
C’est Luca Longobardi, qui nous offre la musique de l’épilogue, il s’intitule « L’éternel ».

[**Pétra Wauters*]


Les Carrières de Lumières
Route de Maillane. Les Baux-de-Provence
du 2 mars 2018 au 6 janvier 2019.


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WUKALI 17/03/2018)]

Illustration de l’entête : “Picasso et les maîtres espagnols” 7e exposition immersive des Carrières de lumières programmée par “Culturespaces” . Image de synthèse Culturespaces

© Succession Picasso 2018

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