Different characters wandering mysteriously in Paris and Buenos-Aires, but were do they go? Nine short stories with peculiar links between them

Dans une précédente recension dans Wukali, je vous avais fait part de tout le bien que je pense d’un recueil de nouvelles : Ana-Chroniques de la nuit et du jour de[** Françoise Cohen*]. Les éditions Tituli viennent de publier un nouvel opus de Françoise Cohen : [**L’empreinte volée*].

Neuf nouvelles qui tissent, créent un univers propre à l’auteure. Un univers, une atmosphère empreinte de nostalgie, d’une certaine grisaille en arrière-plan. Neuf nouvelles, neufs petites tranches de vie, neuf moments dans la vie de chaque personnage, neufs petits tableaux, mais pas n’importe quel tableau : neuf pastels particulièrement bien peints, réalistes, avec un équilibre d’ensemble parfait, chaque détail est non à sa place, mais plutôt est une évidence dans le tout.

On retrouve les deux villes qui indéniablement, font partie de la vie de Françoise Cohen : Paris et Buenos Aires. Un Paris qu’elle connait parfaitement, pas celui des touristes, mais plutôt le « Paris caché », non le « Paris musée », mais le « Paris vivant », celui des parisiens de souche qui ont un souvenir dans chaque coin de rue, qui maîtrisent parfaitement la géographie de la ville : ils se déplacent non sous la terre en métro ou en véhicules automobiles, mais à pieds et prennent le temps de regarder et de se replonger dans non leurs souvenirs, mais dans des moments de leur passé qui leur sont propres et qu’ils ne peuvent partager qu’avec eux-mêmes.

Et puis bien sûr Buenos Aires, la grande ville, la capitale de l’Argentine, la plus grande ville européenne d’Amérique du sud. Françoise Cohen jette des ponts entres ces deux capitales, des liens tenus que seuls les vrais connaisseurs peuvent emprunter, comprendre, mais que les autres, ceux, qui comme moi, ne maîtrisent pas les arcanes de ces deux villes, perçoivent et ne pensent qu’à approfondir leurs « connaissances » pour pouvoir goûter, jouir de ces univers si spécifiques.

L’Amérique du sud est toujours présente dans les écrits de l’auteure à travers cette pointe de fantastique que l’on retrouve partout. Pas du fantastique irréel, de science fiction, non du fantastique « normal » qui explique les actions des personnages, qui donnent un cadre de compréhension à la vie en général. Ce qui rationnellement est absurde, ferai hausser les épaules des bons cartésiens que nous sommes, est une évidence, une réalité, une Vérité dans cet univers. Si [**Françoise Cohen*] peut être considérée comme une parfaite écrivain francophone, ayant, en outre, une parfaite maîtrise de notre langue et, ce qui devient de plus en plus rare, de la grammaire, elle est baignée de la culture sud américaine. Comment ne pas penser à [**Garcia Marquez*] qui a su rendre le fantastique évident. Elle s’inscrit parfaitement au croisement de ces deux cultures. Encore un pont tendu entre les deux côtés de l’Atlantique.

J’ai pris un immense plaisir à lire ces neuf nouvelles, mais une m’a plus interpellé : Violaine et les songes. De fait, c’est tout à fait normal car à sa lecture j’ai tout de suite pensé à un des romans qui a marqué mon corpus intellectuel : Le palais des rêves d[**’Ismaïl Kadaré*]. Et voilà la littérature albanaise.

Le propre d’un « vrai » écrivain est de savoir sortir de son quotidien, de son univers matériel et intellectuel pour travailler sur l’universel, sur les liens communs entre les cultures, sur ce qui fait que la Nature Humaine est ! Soit nous sommes tous uniques mais nous sommes tous liés par des dénominateurs communs. Le rôle, la mission des artistes est de nous les faire découvrir.

Françoise Cohen, à travers ses nouvelles, apporte une belle pierre polie à ce chemin.

[** Émile Cougut*]


[**L’empreinte volée
Françoise Cohen*]
éditions Tituli. 14€


[**Françoise Cohen*]
Françoise Cohen a suivi un parcours littéraire classique avec des études de lettres (Lettres supérieures à Henri IV et DEA-Sorbonne), suivi d’une carrière dans l’édition (Lidis-Brepols) et la traduction (Hachette). Au cours de ses douze années passées en Argentine, elle a publié trois ouvrages en espagnol : El niño y el sol (jeunesse), George Sand, el fervor cotidiano (essai) et Detras de la transparencia (nouvelles). En France, édition de plusieurs nouvelles en revues (Brèves, Rue Saint-Ambroise, Secousse), rédaction d’une biographie pour le livre d’artiste : Emilio Trad (éditions Snoeck, 2007) et publication d’un recueil de nouvelles : Ana-Chroniques de la nuit et du jour (l’Harmattan, 2016).

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WUKALI 17/03/2018)]

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