Florian Zeller, remember his name, one the most famous talented and actual French playwright


La pièce la plus dramatique de sa trilogie sur la famille, jouée au théâtre du Jeu de Paume à Aix en Provence. 7 représentations. On y retournerait bien ! Après « la mère », « le père », dans la famille [**Florian Zeller*], on demande « le fils ». Lui ne demande rien ! Surtout qu’on le laisse à sa dépression !

C’est un drame, et la pièce est pesante, du début jusqu’à la fin. Le mal-être plane, et on se dit dès les premières minutes, que l’on risque bien de quitter la salle, déprimé nous aussi… Non, en fait, il n’en est rien ! C’est une pièce qui est juste belle et tellement bien écrite. On en ressort heureux.

Il est vrai pourtant que l’on baigne en permanence dans une inquiétude émotionnelle pesante, lancinante, douloureuse, mais on s’accroche ! On espère des jours meilleurs, sans trop y croire. On se met à douter de certitudes. Et même l’amour devient inutile.
Impressionnant Florian Zeller: on s’étonne de le voir sonder aussi bien les méandres du coeur humain. Il paraît si jeune, mais il est vrai qu’il a déjà 39 ans, et c’est connu, « aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années… ». A 22 ans, il publiait « Neiges artificielles », son premier livre à succès. S’il s’est d’abord fait connaître pour ses romans, il est sans contexte devenu l’un des trois auteurs de théâtre français les plus joués dans le monde.

Ici, [**Florian Zeller*] décrit à merveille, par petites touches, les sentiments et les relations de ce père avec son fils. On a mal pour cet adolescent perturbé. Il souffre de cette famille recomposée, quitte sa mère pour vivre avec son père, un brillant avocat qui a refait sa vie et goûte aux joies d’une nouvelle paternité. Pas si simple. Compliqué aussi, la mère abandonnée, la jeune épouse qui fait entrer un ado dans sa vie alors qu’elle vient d’avoir un bébé. Cette situation va chambouler la vie de tous, les confrontant à leurs problèmes et révélant surtout leurs propres limites.


D’aucuns pourraient ne pas aimer le côté larmoyant, cette noirceur qui s’installe, ce côté prévisible aussi, car on le voit bien, Nicolas va prendre peu à peu le pouvoir sur son père qui cherche pourtant à bien faire… Culpabilité, quand tu nous tiens ! La pièce s’étire parfois sur une phrase banale, un geste ambigu, une attitude suspecte, une remarque grinçante et on comprend à quel point ce jeune homme n’est pas fait pour le monde dans lequel il vit.

La mise en scène de [**Ladislas Chollat*] est efficace, directe. Elle met l’accent sur toute cette noirceur. Ingénieux décor qui accentue la cassure. Tout se déchire au fil des cloisons qui glissent vers « autre chose ». Une ombre chinoise apparaît, étrange et silencieuse. Les lumières, la musique nous magnétisent.

Tiens, voilà que soudain on se surprend à sourire. On rit même, mais l’humour ne peut pas s’installer.
[**Stéphane Freiss*] est magistral. Quelle présence ! Il joue le rôle du père tenu en 2018 par [**Yvan Attal*]. Il nous en offre une autre version, un personnage revisité. Mais indéniablement Stéphane Freiss est le père !

[**Rod Paradot,*] le fils, qui a reçu le Molière de la Révélation masculine, est juste incroyable de vérité. Il maitrise parfaitement ce rôle d’une rare complexité. Il est assurément « Le Fils » ! On se laisse broyer devant cette « urgence de vie » qui est la sienne. Joli casting encore avec [**Elodie Navarre*], la jeune belle-mère nous émeut, et [**Florence Darel*], dans le rôle de la mère, nous bouleverse en femme abandonnée, désemparée.

Avec [**Daniel San Pedro*], le médecin et [**Raphaël Magnabosco*], l’infirmier, nous plongeons dans un univers psychiatrique impitoyable. En quelques tableaux, on découvre son fonctionnement, son organisation presque militaire. «Comment voulez-vous que j’aille bien, si je suis au milieu de gens qui vont plus mal que moi ? »
Oui, « Le fils » nous laisse dans un drôle d’état.

On a le cœur en miettes ! On le confesse à [**Stephan Freiss*]. « C’est tout ce que je voulais et c’est très bien comme ça ! » nous répond le comédien, avec malice. Séduit par ce texte puissant et beau, il avoue encore qu’il «avait envie d’expérimenter, d’essayer de nouvelles choses. La direction de [**Ladislas Chollat*] est magnifique, l’écriture de [**Florian Zeller*] simple, le texte touche à l’essentiel, et c’est jubilatoire pour un acteur de jouer ce genre de texte, qui dit juste ce qu’il y a à dire. C’est un bonheur pour moi de dire ces mots, de les remplir. Il ne tient qu’à nous de faire naitre ces émotions. »

Même si vous avez lu le livre, si vous connaissez la chute, cette histoire peut vous amener plus loin encore…

Cette pièce, c’est un choc dont les vibrations et les ondes se propagent en nous, longtemps après….

[**Pétra Wauters*]


[(Représentations au théâtre du Jeu de Paume. Aix- en-Provence
[**Le fils. Florian Zeller*]
Tel : Rens / Resa : 08 2013 2013
 Mardi 29 janv. 2019 20 :00  Mercredi 30 janv. 2019 19:00  Jeudi 31 janv. 2019 20:00  Vendredi 01 fév. 2019 20:00  Samedi 02 fév. 2019. 17:00 et 20:00)]


Illustration de l’entête : ©Lisa Lesourd.


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WUKALI Article mis en ligne le 29/01/2019)]

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