Incredible story when Mona Lisa was stolen from The Louvre. In the privacy of the most famous artists living in Paris in 1911. A splendid novel !


On en a connu des escapades, on en a croisé des ballades dans Paris, on en a vécu même : deux zozos à Paris. Mais quand ces deux zozos sont [**Apollinaire*] et [**Picasso*], cela prend un certain sel, un peu d’épaisseur. Du génie.

On la connait cette histoire du vol de la Joconde . Mais avec qui déjà ? Le secrétaire d’Apollinaire et des statuettes, africaines ? espagnoles ? étrusques ? De leurs ennuis avant que le vitrier italien (comment s’appelait-il déjà ? [**Vicenzo Peruggia*], merci) ne soit arrêté lui qui avait conservé la Joconde sous son lit après avoir eu la folle intention de la rendre à son pays.

Mais [**Léonard*] l’avait offerte ou vendue au jeune [**François*] le Français cette « brune aux cheveux un peu longs qui regarde comme si vous aviez un secret en vous »

Revenons donc à nos zozos. Mais si, en fait tout était là dans ce roman. Le sujet est bien celui de l’apport des étrangers à Paris. J’allais écrire … de l’apport des étrangers à la France. Mais, je n’ai pas les moyens de me fâcher avec la moitié de mon lectorat trois minutes après avoir commencé.

Cinq jours de la vie de ces deux zozos avec comme point de départ Montparnasse. Apollinaire appelle Picasso de La Rotonde ou du Dôme : « on a volé la Joconde ».
Le catalan retiré temporairement à Céret avec [**Braque*] s’empresse de remonter.
[**Géry Pieret*] à qui en 1907 Picasso a acheté deux statuettes pré-hispaniques (donc) inspirant « Les Demoiselles d’Avignon » vient d’être arrêté. Il va parler, c’est sûr !
Pour ceux qui souhaitent plus d’informations sur Géry Pieret, #Hérésiarque et Cie, #Baron d’Ignace d’Ormesan », #vol de la joconde, #Bertillon. Je ne peux pas vous aider, je suis dans le Perche Sarthois, on oublie la fibre et la 5G. Alors adieu les tutos ! Bon de toute façon, là n’est pas l’essentiel du bouquin !

Je reprends. Cet appel c’est le début de cette formidable « Traversée de Paris ». Les statuettes sont dans la valise ! Ça vaut un demi cochon tout de même. « Salauds de pauvres ! ».

Roman loufoque aux belles trouvailles, un rythme, une bienveillance vis-à-vis des deux zozos magnifiques que [**Dan Franck*] nomme « anartistes ».

C’est une déclaration d’amour, aux artistes métèques à ce Paris qui grâce à eux demeure une fête (malgré tout), une déclaration d’amour à cette période du grand Montparnasse et de celle de la fin d’un Montmartre flamboyant. `

On traverse Paris à pieds, en omnibus (Batignolles-Odéon) à cheval, on y est : on sent les cafés (crème pour [**Soutine*]), le Mandarin-citron, l’absinthe, bien sûr.

Il aime les artistes, aurait aimé les croiser, échanger avec eux, les suivre une nuit. Une seule nuit. Mais qui n’aurait pas aimé suivre ces artistes comme dans Midnight in Paris ?
Car « l’artiste comme l’artisan savent où ils vont, mais l’artiste ne connait pas le chemin. »

Et puis ce qui est bien c’est que [**Dan Franck*] prend des libertés avec le sujet, avec les sujets, avec les dates, avec la réalité pour construire une œuvre de fiction avec des impasses qui ouvrent sur des avenues et des avenues qui se rétrécissent sous des plafonds bas d’un [**Jarry*] sans Ubu mais pas sans abus. Une phrase lui est donnée : « quand vous pensez à moi, embrassez-vous. ».

Vous l’avez compris, buffet à volonté, pro-fusion de poètes, de peintres et pas des plantes vertes.

[**Van Dongen*] (cet hollandais de mierda qui drague Fernande la maitresse de [**Pablo*]), [**Vlaminck, Braque, Derain, Matisse, Rousseau, Jarry, Max Jacob*] et l’inénarrable [**Gerturde Stein*].

Alors bien sûr ce n’est pas un grand roman, c’est un beau roman d’amitié.
Ah ça y est, minute jeux de mots foireux. On a failli avoir Le Journal de [**Dan Franck*] de très bon goût et là c’est [**Glenn*] et[** Elsa*] qui elle n’était pas triolet et lui pas trié sur le volet.

Là c’est du violet qu’il propose, du jaune, du bleu, du vert du corail, du vermillon.
Il y a des livres comme des week-ends et il en va de certains week-ends comme de certains livres. Des week-ends qui délivrent et des livres qui délivrent des week-ends.
Il y a en des plus vieux, des pluvieux de deux ou trois ans (ou qui font remonter dans le temps) et puis des livres ensoleillés, printaniers ensoleillés, fleuris, les oiseaux chantent, jaune-vert-bleu à profusion. Rhume des foins assuré :

« le soleil filtre à travers
Les vitres
Ses rayons font sur mes vers
Les pitres
. »

Et Pablo qui parle de « Moi » et Guillaume Apollinaire qui n’aime pas avoir tort.
Un passage chez l’artiste-notaire aux Invalides, [**Matisse*]. Un autre au Vésinet chez la mère un peu spéciale de Guillaume (mais qui ne lui propose pas de venir à table!). [**Max Jacob*] lui a l’ether mais qui lui permet de lire l’avenir ou à moins que ce soit le marc de café.

Séance de pose à mourir de rire chez[** Utrillo*] carburant à l’eau de Cologne.
Lapin A. Gil avec l’âne Boronali peintre d’un soleil couchant sur l’Adriatique.
Bien sûr les zozos n’y étaient pas. Mais allez … pourquoi pas. C’est un songe. On y met ce qu’on veut, ce qu’on peut et ce qui pleut.

Repas chez les[** Stein*] ; elle s’installait sous son portrait. Ce portrait qui ne lui ressemble pas. Pablo répondait « Aucune importance : c’est elle qui finira par lui ressembler ».

Et Pablo, jaloux. Apollinaire lui rappelle que Jésus a pardonné à la femme adultère. Picasso lui répond que c’était facile, ce n’était pas sa femme.
Et puis vient l’arrestation pendant laquelle « perd la tête de peur » le pauvre Paul, Diègue, Joseph, François de Paule, Jean Népomucène, Crépin de la Très Sainte trinité Ruiz y Picasso.

On a du mal à le refermer ce livre !

Mais on part avec ce texte de[** Wilhelm Apollinaris de Kistrowitzky*] : « Il y a maintenant, comme en tous pays, d’ailleurs, tant d’étrangers en France qu’il n’est pas sans intérêt d’étudier la sensibilité de ceux d’entre eux qui, étant nés ailleurs, sont cependant venus ici assez jeunes pour être façonnés par la haute civilisation française. Ils introduisent dans leur pays d’adoption les impressions de leur enfance, les plus vives de toutes, et enrichissent le patrimoine spirituel de leur nouvelle nation comme le chocolat et le café, par exemple, ont étendu le domaine du goût. »

Et toujours

« sous le pont Mirabeau coule la Seine
Et nos amours
Faut-il qu’il m’en souvienne
La joie venait toujours la peine
».

[**Jean-René Le Meur*]


[**Le Vol de la Joconde
Dan Franck*]
éditions Grasset. 17€

Une Sélection du Livre Wukali



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WUKALI Article mis en ligne le 27/04/2019

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