Exhibition of drawings of this New York enfant terrible


Par Pétra Wauters / En collaboration avec la[** Galerie Enrico Navarra*], une exposition unique d’œuvres sur papier de [**Jean-Michel Basquiat*] de 1977 à 1988 est proposée au domaine de Château La Coste du Puy Sainte Réparade. Une exposition coup de cœur !

Nous avons suivi Paul, le jeune guide, qui présentait le travail de Basquiat ce samedi 10 aout 2019. Plus de 140 œuvres.

[**Basquiat*] est mort le 12 août 1988. Il entre dans le tristement célèbre « Club des 27 », appelé aussi Forever 27 Club, surnom donné à l’ensemble des artistes morts à l’âge de 27 ans.[** Jimi Hendrix, Jim Morrison, Kurt Cobain*] ou encore [**Amy Winehouse*]… en font partie. côté musique.

Métis afro-américain né à Brooklyn en 1960 Jean-Michel Basquiat est un artiste singulier, rare, qui a véritablement créé une esthétique bien à lui. L’expo le prouve : Il ne faut pas voir en lui juste un graffitiste, un peintre de la rue, proche des SDF précise encore notre guide. Bien sûr que dans ce domaine, l’artiste était un vrai créateur, loquace, inventif, inspiré, qui savait habiller les murs de peintures d’une richesse incroyable, de motifs sans cesse renouvelés, chargés d’histoires, remplis d’émotions. Mais sa production va bien au delà. Elle est prolixe et les sujets choisis sont toujours pleins de symboles, d’images, de références historiques, des clins d’œil à la bande dessinée. A ces début, il souhaitait du reste être créateur de bandes dessinées. Sur les murs, on trouve encore de nombreux témoignages de ses combats sociaux. Il savait parler de notre société, faisait des rêves, ou des cauchemars, c’est selon… Sa vie n’était pas toute tracée. Tout n’était pas écrit. Son père, réfugié politique a fui Haïti. Il était comptable. Sa mère dessinatrice de tissus était d’origine portoricaine. « C’est elle qui emmènera le jeune garçon dans les musées et l’encouragera à dessiner et peindre », confie encore Paul. Dans le foyer, on est à l’abri du besoin, contrairement à ce qu’on peut penser de l’enfance du jeune Basquiat. Mais la vie n’est pas un long fleuve tranquille : accident de voiture, séparation de ses parents et bien d’autres épreuves. A 18 ans, il quitte sa famille … pour les paradis artificiels.

Pour autant, ne vous fiez pas à la première impression de « désordre » dans le bel espace qui lui est réservé. Les œuvres sur papier présentées mettent en évidence son sens de la rigueur, de la composition. On suit son processus de création à travers des carnets d’études, des œuvres sur papier, quantité de supports et on s’étonne du reste en s’approchant au plus près des oeuvres, de découvrir ici des papiers collés, là, des papiers marouflés ou encore des papiers rares, comme le papier Mylar, qu’on utilise souvent en broderie. Cultivé, curieux, Jean Michel Basquiat ? Une évidence ! Notre guide nous présente deux cubes posés sur des socles en début de parcours de l’exposition. « Une référence à Léonard de Vinci dont il va notamment reprendre des textes que l’on a trouvés sur les codex du célèbre génie italien. » Des thèmes récurrents reviennent comme le racisme et la mort. Ici, ce crâne, ce regard, cette tête comme fragmentée nous interpelle. Ici, un masque africain nous en dit long sur son histoire. Là encore, sur de grandes feuilles cohabitent mots, signes et figures. Tous ont leur place. Mais Basquiat reste un mystère, reconnaît notre guide. « L’artiste ne va pas expliquer ces codes et signes..

On nous parle encore de cette amitié volcanique avec [**Andy Warhol*]. Entre admiration et rivalité. « La mort soudaine de Warhol l’anéantit. Mélange d’héroïne et de cocaïne. Il sombrera à son tour, pour mourir d’une overdose un an après le roi du pop art ». On nous fait comprendre encore que non, cette météorite de la peinture n’est pas un autodidacte. Ses amitiés, ses relations, ses rencontres, lui ont apporté les codes, elles le guideront. Il travaillera sans relâche et absorbera tout, telle une éponge. Plus on avance dans sa production, plus la représentation autobiographie se fait effrayante ; Et pour cause. On s’en rend compte au fil des salles, c’est comme si l’ivresse de son art traduisait l’urgence de sa vie.

[**Richard D. Marshall,*] conservateur aujourd’hui décédé du Whitney Museum of American Art à New York disait de lui: «Dessiner était un élément essentiel dans l’art de Basquiat. L’artiste ne faisait pas de distinction hiérarchique entre dessin et peinture.» Raison de plus pour courir voir les dessins de l’artiste dans cet havre de paix au milieu des vignes. Si Basquiat avait été de ce monde, gageons qu’il aurait aimé cette liberté d’entreprendre qui est offerte à tous les artistes invités à créer dans le domaine de Château La Coste.

[**Pétra Wauters*]


[**Exposition Jean-Michel Basquiat*]
du 11 août – 13 octobre 2019
Château La Coste
2750 Route De La Cride, 13610 Le Puy-Sainte-Réparade

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WUKALI Article mis en ligne le 13/08/2019

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