Maëlle Guillaud
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Et mes jours seront comme tes nuits, très sensible roman de Maëlle Guillaud, des pages d’une grande intensité

par Émile Cougut

Depuis trois ans, Hannah, tous les jeudis rend visite à Juan dans la prison où il est incarcéré. Durant le voyage, la jeune femme, flûtiste dans un orchestre, se remémore son passé avec son amant qu’elle ne cesse d’aimer malgré ses mensonges, sa trahison. Mais aussi apparaissent les fantômes qui l’habitent, sa peur de la solitude ou plus exactement la la peur d’être abandonnée comme le firent ses parents décédés dans un accident d’avion alors qu’elle était petite, comme le fit Simon, son grand-père alors qu’elle entrait dans l’adolescence, et puis sa grand-mère. Il lui reste Juan, l’artiste peintre rencontré à Alger alors qu’elle partait à la recherche des traces de ses ancêtres. Juan, le rebelle qui s’est définitivement coupé de sa famille essentiellement à cause don père, avocat, déçu de la vocation de son fils, nostalgique  du franquisme dont le père fut un des proches de Franco. Et puis il y a Nassim, le meilleur ami de Juan, le galeriste qui vend ses toiles.


Cependant, derrière le cadre idyllique de Tanger, derrière l’amour que se portent les deux protagonistes de ce roman, il y a le secret (symbolisé par une porte toujours fermée dans l’atelier de Juan et qu’Hannah a interdiction d’ouvrir ) du jeune homme, manipulé par le mauvais génie que se révèle être Nassim.

C’est ainsi un incessant aller-retour entre le présent et le passé, entre l’idéalisation d’une relation et sa réalité. Petit à petit, se mélangent rêves, fantasmes et réalité pour plonger le lecteur dans l’univers d’Hannah qui confine à une sorte de folie. Mais un signe est là pour la sauver et pour qu’elle puisse continuer à vivre.

Avec ces aller-retours dans de courts chapitres, Maëlle Guillaud nous entraîne au plus profond de l’âme de son héroïne, dans ses doutes, son amour pour la musique, sa soif d’être aimée qui confine à une vraie dépendance ne lui  permettant pas de percevoir qu’elle est attirée par un leurre, tant elle voudrait que Juan soit cet être parfait qu’elle imagine.

Laissez vous porter par la musique qui sourd de ces mots, n’hésitez pas d’entrer dans l’univers d’Hannah, même si parfois une certaine gène, un sentiment d’étouffement vous saisit, les dernières lignes de l’ultime chapitre vous plongeront dans une vraie sérénité, celle qu’Hannah a enfin trouvée.

Et mes jours seront comme tes nuits
Maelle Guillaud
éditions Héloïse d’Ormesson. 17€

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