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Protocole Magog, un polar d’une brûlante actualité sur la guerre cyber

par Émile Cougut

Voici un roman policier ( un thriller comme il est indiqué sur la page de garde) sur un véritable sujet de société, dont on ne fait que rarement état dans la communication grand public mais qui fait des ravages, à savoir la guerre informatique, la cyberguerre ou la guerre cybernétique. Pour que le propos soit clair il s’agit de faire la guerre sans armée, mais avec des informaticiens qui sont en capacité de paralyser un pays et de détruire de nombreuses ressources. Les cibles visées sont innombrables et les conséquences induites sont multiples et cela dans de très nombreux secteurs de la production, de la vie économique et sociale (paralysie de l’activité avec pour conséquences: révoltes, pillages, voire morts, il ne faut pas le cacher). Il faut dire que quand les distributeurs de billets, les caisses des commerçants, les pompes à essence, les téléphones portables, et j’en passe, ne fonctionnent plus, la population a une forte tendance à la révolte, tant sa routine quotidienne est en quelque sorte remise en cause.

Voilà le fond du Protocole Magog (référence appuyée au passage de la Bible, repris dans le Coran, sur Gog et Magog),

L’histoire est d’apparence très simple : à Nice, lors d’un forum, un informaticien de génie est assassiné avec un pistolet silencieux utilisé par les vétérinaires pour achever les chevaux blessés sur les champs de courses (mais connu aussi des services spéciaux pour des opérations secrètes). Il était cogérant d’une petite entreprise informatique spécialisée dans la conception de robots pour les salles de marché bancaires (robots remplaçant les « traders » qui eux coûtent chers). Son associé, peu de temps après est assassiné à son tour à Paris. L’enquête du premier meurtre est confiée à la jeune commandant (bien qu’étant femme, elle préfère « commandant » à la féminisation en commandante) Sanda Peynel. La petite quarantaine, elle est célibataire, ne vit que pour son travail, ne connaît que des histoires sans lendemain particulièrement décevantes pour ne pas dire frustrantes. Mais son enquête, par hasard lui fait renouer avec Alasdair McPhee, son amour de jeunesse. Ce bel héritier d’une des plus veilles et grandes familles aristocratiques écossaises était alors engagé dans la Légion étrangère. Maintenant c’est l’un des principaux cadres d’une banque (Société générale plus que BNP?) dirigé par Michel Levavasseur, une caricature de « grand patron » : dictatorial, harceleur, méprisant, ignoble quoi ! Il faut dire qu’il ne porte pas haut dans son estime tout ces directeurs qui ne pensent qu’à une chose : les bonus de fin d’année ! Seul Alasdair ne tremble pas face à lui.

L’enquête de Sanda ne va pas très loin, il faut dire que très vite, elle va se trouver dessaisie par une juge d’instruction au profit de ses collègues parisiens et surtout des services de contre-espionnage. En effet, ces derniers avaient très rapidement mis à jour qu’Abel, le génie de l’informatique, était en rapport très étroit avec Sadykov, un milliardaire kazakhe, en froid avec les autorités de son pays, car il a créé un parti politique d’opposition.

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Sadykov est prêt à tout pour récupérer le « protocole Magog » mis au point lors de son temps perdu par Abel. Mais les services français seront les premiers. Il faut dire que ce protocole est révolutionnaire : le premier programme de cryptologie homomorphe opérationnel au monde, excusez du peu ! Grâce à lui, la France va pouvoir mettre fin à la pire attaque informatique jamais lancée.

Or les services secrets américains et français sont en sous-main, les auteurs d’un coup d’état au Kazakhstan visant à mettre Sadykov au pouvoir. L’on aura compris que ce dernier est proche des Occidentaux à l’inverse du président proche des Russes. Aussi, cette attaque informatique est-elle une mesure de représailles russes ou une réplique des anciens caciques du pouvoir kazakhe ? Le début de l’attaque vise la banque soupçonnée d’avoir aidé Sadykov, alors que ce dernier l’a escroquée de 50 millions de dollars. Qui plus est le directeur français de la filiale kazakhe est pour le moins un très proche du milliardaire !

Coups bas, plongée dans les méandres de l’informatique, dans celui de la banque, du pouvoir, coups d’état, guerre informatique, mais aussi un peu d’amour, voilà le cocktail détonnant du Protocole Magog.

Ce livre est d’une lecture facile, plaisante même, et il aborde non un, mais des sujets d’actualité. Alors pour les vacances, si c’est certes le type même du livre que l’on prend plaisir à lire, il pose aussi et ce n’est pas sa moindre qualité, de grandes questions sur ce que pourrait être dans l’avenir la guerre des hackers et autres malfaisants au service d’états terroristes. Alors attention, désormais quand vous ouvrirez votre ordinateur et que vous jetterez un oeil à vos e-mails, prudence !
À conseiller !

Protocole Magog
Olivier Marbot, Jacques Trauman, Philippe Lavault

éditions Favre. 21€

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