A saga in XIVth century France when the Kingdom was devastated by plague


Voilà le premier volume de la nouvelle saga d’Andréa H. Japp, Le fléau de Dieu . Cette fois la romancière situe son histoire dans la France du milieu du XIV siècle, sous Philippe VI le premier Valois, au moment où débute la Guerre de cent ans et surtout où le royaume mais aussi toute l’Europe est touchée par la « peste noire », « le fléau de Dieu » qui va tuer plus du tiers des habitants.

En cet été 1348, L’héroïne Gabrielle d’Aurillay, une vingtaine d’années, issue d’une noblesse désargentée mais dont la mère est alliée à la famille de la reine Jeanne la boiteuse, épouse délaissée de Philippe VI, est mariée avec le bel Henri d’Aurillay. Ils vivent chichement. Lui est toujours absent, elle, de part son statut de femme reste à la maison. Elle n’a comme visite, dans cette capitale où elle ne connaît personne, que la sage femme qui suit sa grossesse : Adeline Musard.

Quelques années avant, en 1341, à l’abbaye de la Sainte-Trinité de Tiron, le père Abbé est assassiné alors qu’il allait vendre des parchemins, ceux-ci sont volés ainsi qu’un diptyque sur la crucifixion.

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Ce tableau va se retrouver dans les mains d’Henri qui les reçoit comme paiement d’une dette de jeu. Car celui-ci n’est pas l’homme courageux, quelque peu malchanceux travaillant pour son riche oncle dont il est le seul héritier. De fait, il a été chassé par son parent depuis longtemps, après avoir fait des faux, c’est un égoïste, imbu de rang social, paresseux, jouisseur, passant toutes ses nuits dans les tripots où il dilapide le peu d’argent du ménage. Acculé par ses créanciers il va demander à son oncle, riche chanoine quelle est la valeurs de ce diptyque. Celui-ci est surpris par une annotation en hébreu sur le tableau, et va essayer de le récupérer au moindre coût.

La peste arrive par le port de Marseille et se répand rapidement dans tout le royaume jusqu’à arriver à Paris. Même l’entourage de la reine est victime de la maladie. Comme il n’y a aucun remède contre cette pandémie, des quartiers sont isolés, leurs habitants mis en quarantaine et impitoyablement massacrés s’ils veulent s’enfuir. C’est à ce moment de panique que Gabrielle comprend qu’elle n’a pas épousé le prince charmant de ses rêves mais un homme méprisable. Elle va s’enfuir avec Adeline en aportant le diptyque (toutes deux furent malades de la peste mais survécurent et elle accoucha d’un enfant mort-né), dans ses terres de Jouy en Josas, qu’Henri a mis en vente sans qu’elle n’en sache rien. Ce volume s’achève quand un homme essaie d’assassiner une nuit Gabrielle…

Le Fléau de Dieu est une saga moyenâgeuse dans la lignée des Kent Follet, Ellis Peter, voire Régine Pernoult. Au niveau de l’écriture, il n’y a rien à dire, c’est clair, limpide, facile à lire. Tous les mots de l’époque ou ceux qui ont changé de sens font l’objet d’un renvoi soit dans un glossaire soit sous forme de notes en bas de page. D’aucuns trouveront qu’il y en a trop, mais de fait, ils ne gênent en rien la lecture, et ce vocabulaire permet de tisser en arrière plan l’époque dans laquelle se déroule le roman avec sa culture, ses mentalités, ses façons de vivre au quotidien.

À noter à la fin de ce volume une postface où l’auteur explique les connaissances scientifiques actuelles sur la peste et les événements qui se passèrent en France à cette époque.

Le Fléau de Dieu n’est pas le roman qui va révolutionner le roman historique, loin de là. Mais c’est avant tout une très bonne saga, bien écrite qui ne donne au lecteur qu’une envie, continuer sa lecture jusqu’à la dernière page et prendre son mal en patience pour avoir la suite des aventures de Gabrielle.

Émile Cougut


Le Fléau de Dieu
Andréa H. Japp

éditions Flammarion 21€


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