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Voici la première chronique musicale dans Wukali de Christian, notre ami de Lyon. C’est un passionné, un mélomane, un musicologue, un expert et dire que la musique est son quotidien, l’objet même de toutes ses passions, de toutes ses attentions, de nombreuses de ses rencontres c’est comme dire que le soleil réchauffe et que ses rayons sont nécessaires pour dorer les épis et enrichir les moissons. Bienvenue Christian !


Lorsque l’excellent ensemble baroque Café Zimmermann enregistre l’intégrale des concertos de J.S. Bach, c’est à Diana Baroni que l’on confie le pupitre de traverso (flûte traversière baroque). D’origine argentine, la dame porte aussi un deuxième chapeau d’exploratrice : le chant populaire sud-américain. C’est de sa voix sombre et chaude qu’elle nous guide tout au long de ce voyage, véritable jungle musicale que nous traversons, puisque notre parcours, comme ce continent, comporte des influences humaines et sonores multiples.

-Africaine dans une rumba tendue, où nous rendrons hommage à La macorina du poète Alfonso Camin, que Chavelas Vargas, l’icône de la chanson mexicaine disparue l’année dernière, et amie du réalisateur P. Almodovar, avait immortalisée.

-Amérindiennes avec ce transcendant Lamento collecté dans une tribu de la frontière argentino-chilienne.

-Européenne dans les tangos qui rythment notre périple.

-Voire même, les trois influences continentales à la fois, en faisant d’un golpe (danse du Vénézuela), dans Montilla, une fête endiablée.

Ce disque est aussi un vibrant hommage à la beauté des paysages de l’Amérique latine. D.H. Lawrence n’est pas très loin. La cancion del jangadero (La chanson du radelier), sur lequel nous descendons paresseusement le fleuve Parana, baigne la belle Buenos Aires de sa mélancolie. Ou encore, la plaine du Chaco dans El cosechero(Le cueilleur)qui nous plonge dans ses champs à perte de vue.

Et la flûte dans tout ça ? Parfois classique, parfois de tradition indienne, comme la quena, elle croisera la route d’une vihuela (guitare ancienne espagnole) et d’une kora (harpe du Mali) et d’un quintette à cordes.

Bref, préparez-vous un tamales, arrosez copieusement votre gosier de gancia batido ou d’un maté. Enfournez votre CD. Ouvrez grand vos oreilles et votre cœur, c’est parti pour une heure de découvertes et de dépaysement.

Christian.


« La Macorina. Carnet de voyage du nouveau monde»

Diana Baroni trio et Alter quintet

Label:Papolio/Harmonia Mundi


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