Un événement musical messin.

Nul doute, c’est un événement et musical de surcroit. De ceux assez fréquents proposés dans la ville de Metz où la musique y tient une place considérable et depuis longtemps, et c’est au coeur du Temple Neuf que se déroulera le Dimanche 28 avril à 16h ce concert avec au programme Mozart. ( voir programme au bas de l’article- )

Jean Pierre Pinet en sera le soliste. Il fait partie de la brillante école française de flûtistes et sa carrière l’a conduit à jouer dans le monde entier : en France, en Allemagne, en Italie, en Hongrie, en Israël, au Japon, au Canada, au Vénézuela, etc. Il est par ailleurs professeur aux Conservatoires de Musique de Metz (C2R) et d’Aix-en- Provence, son éclectisme musical et ses jeux contrastés d’instruments sont impressionnants, qu’il s’agisse de la musique baroque (traverso) ou de la musique de notre temps. Jean-Pierre Pinet dirige également l’Ensemble Stravinsky. Accompagné par l’Ensemble Les Curiosités esthétiques qu’il vient de créer, il interprétera les quatuors pour flûte de Mozart.

Nous avons demandé à Jean-Pierre Pinet ainsi qu’à Mathilde Vittu musicienne interprète, directrice artistique, professeur d’histoire de la musique, chercheur au Centre de Musique Baroque de Versailles et à l’École Pratique des Hautes Études, de nous présenter ces quatuors et de définir la place qu’ils tiennent dans l’oeuvre de Mozart



Les quatuors pour flûte, violon, alto et violoncelle de Mozart sont à la fois dans l’esprit de ses quatuors à cordes (avec deux violons) mais également à la frontière avec l’esprit du concerto (un instrument solo accompagné par l’orchestre). Cette formation est en effet extrêmement intéressante en ce sens qu’elle permet au public d’apprécier l’homogénéité des instruments à cordes et de se laisser aller au plaisir à la fois du son doux et de la virtuosité de la flûte. Quand on joue ou écoute ces œuvres, d’une richesse infinie, on imagine aisément que le génie de Mozart a su dépasser son goût personnel a priori plutôt hostile à la flûte. Comme il l’écrivait à son père en 1777, année de la composition du premier Quatuor avec flûte, Mozart s’exprime par le son, c’est son langage :

« Je ne puis écrire en vers, je ne suis pas poète. Je ne puis distribuer les phrases assez artistement pour leur faire produire des ombres et des lumières, je ne suis pas peintre. Je ne puis non plus exprimer par des signes et une pantomime mes sentiments, mes pensées, je ne suis pas danseur. Mais je le puis par les sons : je suis musicien. »

Il est rare de pouvoir entendre les quatre Quatuors avec flûte au cours d’une même soirée. Si la composition des trois premiers ne s’est étalée que sur deux années (1777-1778), celle du quatuor en la majeur, datant quant à elle de 1786, ils n’en demeurent pas moins d’une très grande diversité de style.

Mathilde Vittu, directrice artistique.


Les Curiosités esthétiques

Lorsqu’on se préoccupe de la valorisation d’un patrimoine ancien, qu’il soit littéraire, philosophique ou musical, on est immédiatement confronté à ce qu’on pourrait nommer « l’obligation de choix » : le passé, c’est la mémoire indistincte des expériences humaines… Ces expériences, si elles ont eu à leur époque, en leur lieu, au sein du système ou de l’environnement qui les favorisèrent, une indiscutable légitimité, ne méritent pas toutes d’être soulignées ou revisitées … D’autres cependant ont fleuri, constituant avec la lenteur des choses importantes, un inestimable patrimoine dont nous reconnaissons la puissance, la grandeur et goûtons aussi pour certaines, le parfum particulier, l’étrange, l’in-ouï. C’est au prix quelquefois de tentatives désespérées d’arrêter le temps ou de lui échapper. Mais, c’est toujours avec la volonté inextinguible de le « présenter », autrement dit de le rendre « présent », de sorte qu’il soit reçu comme un cadeau…

C’est à l’une de ces aventures-là que se destine l’ensemble Les Curiosités esthétiques… De « géométrie variable », convoquant selon le cas un ou plusieurs instruments, depuis le solo jusqu’à l’orchestre, il puise ses racines dans l’Europe des Lumières, au temps des Voltaire, Mozart et Frédéric le Grand, des fils Bach, de Haydn ou du jeune Beethoven. Il s’appuie sur de solides connaissances en matière de musicologie, d’organologie ou de méthodologie pour faire revivre des partitions oubliées, en découvrir d’autres, traquer dans la facture d’un accord ou d’une couleur orchestrale les balbutiements d’une modernité dont nos contemporains se nourrissent encore, et, considérant les lectures étonnantes qu’on se prit à faire dans les années 1830 de ces œuvres anciennes que nous appelons « baroques » et dont certains extraits commencèrent à cette époque de parsemer les programmes de concert, interroger d’une autre façon cette fameuse notion d’ « authenticité », belle et factice tout à la fois, empreinte de respect et aussi d’illusions…

Voilà notre projet, qu’il s’agira de préciser au fil de nos découvertes, de nos enthousiasmes et de nos questionnements, avec l’inaltérable conviction qu’il ne peut y avoir pour la musique d’histoire que celle dont les branches continuent de fleurir et de fructifier…

Jean-Pierre Pinet


Wolfgang Mozart (1756-1791). Les Quatuors avec flûte

Programme

Quatuor avec flûte en do Majeur K.Anh.171/285b

Quatuor avec flûte en sol Majeur K.285a

Quatuor avec flûte en ré Majeur K.285

Quatuor avec flûte en la Majeur K.298


Jean-Pierre Pinet : flûte

Cyrielle Eberhardt : violon

Josèphe Cottet : alto

Cécile Verolles : violoncelle


Dimanche 28 avril. 16h

Chapelle du Temple Neuf. Metz.

Libre participation aux frais


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