Par Patrick Kopp.

Le nouvel album Daft Punk « Random Access Memories » a été diffusé hier 14 mai, en streaming sur Itunes. Piratage, diffusion, buz. L’album est en pré-commande diffusable le 21 mai, si toute la planète ne l’a pas écouté d’ici là…

L’oreille musicale est telle qu’on attend ce qu’on entend… grave erreur, avec les Daft Punk il faut écouter sans attendre et comprendre ce qu’on entend. Avec les vrais musiciens aussi en général. Les faux artistes sont tout entendus.

Get Lucky, le single avant-première est Numéro 1 sur Itunes depuis le 19 avril et donne le ton : un gros son, funk, groove, inspiration californienne, accents d’un passé qui n’aurait pas encore existé… le passé à venir est arrivé. L’électro west coast est là.

Les aficionados de la marque disent parfois sur la toile, Facebook, Twitter, que Daft Punk « c’était mieux avant… »il est vrai qu’ils diront sans la doute la même chose après ce nouvel opus… quand on suit on subit.

Depuis l’album « Around the world » en 1997, et Discovery en 2001, les français Thomas Bangalter et Guy-Manuel de Homem-Christo font danser la planète avec un son-signature reconnaissanble entre tous. Personne n’a pu échapper à la voix synthétique chantant « One more Time », « Digital Love » ou « Better, Faster, Stronger ».

Les concerts dance floor prolongent le succès, la célébrité. Les Live sont magnétiques électroniques. Alive 2007 est mythique.

Le nouvel album montre qu’un artiste est toujours là où on ne l’attend pas, et là on l’entend.

Les Daft Punk prennent le risque de décevoir ceux qui attendent non du neuf mais du même… ou ceux qui les espèrent du côté de l’esprit du temps, ou de l’électro, ou de la techno, ou ceux dont les oreilles sont entraînées par une musique Dubstep parfois plus aggressive et déshumanisée.

Give Life Back to Music avec Nile Rodgers, guitariste, compositeur, arrangeur, producteur donne le ton, lyrics électroniques et acidulées sur une musique west coast évoquant des sons rétros, mais pas trop, Un hit dance floor, le premier, ou le second déjà (derrière Get Lucky). Il faut suivre.

The game of love démontre le retour au lyrisme, à la ballade, à l’instrumentation vraie, compatible avec l’électronique moderne, maturité, la musique est chanson.
Le célèbre Giovanni Giorgio Moroder amorce le troisième titre confession. Celui qui a travaillé avec Dona Summer et composé la B.O de Midnight Express se présente. « Quand j’avais 15, 16 ans, je commençais à jouer de la guitare j’ai définitivement voulu devenir un musicien, c’était vraiment impossible parce que c’était, parce que le rêve était si gros, que je ne voyais aucune chance. Je vivais dans une petite ville, j’étudiais… et finalement j’ai rompu avec l’école et suis devenu musicien. Et là il y a eu plus de possibilités parce que je ne voulais pas seulement jouer mais composer. C’était en 69-70, en Allemagne.» Le titre raconte musicalement le devenir de cette musique électro d’aujourd’hui, sans nostalgie en reprenant des accents du premier Daft Punk, voire, de J.M Jarre, (on pense à Cerrone).

Within est une ballade qui ose avec le pianiste, compositeur et show man Gonzales traduire la musique électronique piano-chant, Fender Rhodes. Etonnant.

Eclectisme avec Instant crush et Julian Casablancas, chanteur des strokes… On est déjà emporté depuis longtemps… (ou pas convaincu). L’album sera sans doute clivant dans le public habituel…

Lose yourself to dance redonne une ambiance dance floor groove avec un titre chanté par Pharell Williams, rappeur, chanteur, producteur. 0n change à nouveau d’univers… tout en restant dans l’idée des Daft Punk.

Le célèbre Paul Williams participe à deux titres de l’album, Touch (paroles et musique) et Beyond (paroles). Le premier est aérien, planant, une ballade touchante prenante et rythmée, accompagnement de cordes symphoniques… étonnant et travaillé.
Le second titre, tout aussi imprévisible, doté d’une ouverture cordes et percussions déboule sur un plus typique accent Daft Punk… entraînant.

Motherboard est plus rythmique doté de sons plus richement colorés… depuis le début la profondeur des sons de studio étonne, encore faut-il l’entendre… Ici de nappes liquides entrecoupent des rythmes dansants.

Fragments of time revient à la ballade west coast… retour avec les Daft Punk puisque l’artiste Todd Edwards est présent sur « Face to face » de l’album discovery. Un beau timbre, une mélodie vive, présence électronique discrète…

Doin’it right signe un retour avec la facture classique des Daft Punk, gimmick électronique, basse profonde, étonnante nappe de chant rappelant des timbres seventies… Avec Panda bear (Noah Lennox) musicien expérimental. Un Tube (de plus)!

L’album se referme sur le titre concocté avec DJ Falcon, Stéphane Quême, musicien français… un hymne auto nostalgique. Une belle conclusion en puissance.

Ceux qui aimaient Daft Punk ancienne version demanderont peut être les mêmes titres mais ancienne mouture, un beat plus rapide, un gimmick Daft Punk plus entêtant, un ensemble plus Dance… Peut être pour leur live…

Ceux qui aiment la musique salueront la nouveauté, le décalage et la richesse d’un travail collaboratif. Beaucoup d’art avec beaucoup d’artistes différents.

P. K


Épithalame .

Des racines jusqu’aux nuages dans le ciel, c’est aussi cela Wukali, la rencontre, l’essaimage, la fusion et la métamorphose des idées, des sensibilités et des points de vue, la confrontation parfois car le dialogue est sain et la germination de nouveaux mondes indispensable au mouvement cosmique. Mais toujours dans les yeux et au fond du coeur cette petite étoile qui chavire l’existence et donne un sens à sa vie. Évidemment il faut pouvoir suivre le rythme et surtout décoder les mots, même si parfois on est abasourdi et on suffoque sous un franglais éthéré, insaisissable et conquérant ! Foi d’amoureux des mots de la langue française et de puriste qui s’en dédie !

P-A L


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