A vast green right in the center of Paris

En ce mois de décembre 2013, quelque 9 000 m² du grand jardin de 4,3 ha qui s’étend au-dessus du Forum vont ouvrir au public au cœur de Paris. Ce nouveau parc aménagé par Seura Architectes commence à révéler la simplicité de sa composition… Inversement proportionnelle à la complexité du site.

Ne parlez pas de leur « gazon » aux architectes de l’agence Seura. A quelques jours de l’ouverture, en ce mois de décembre 2013, d’une portion d’environ 9 000 m² du nouveau jardin des Halles, la pelouse n’est peut-être pas très touffue, mais quand graminées et vivaces auront prospéré, c’est une prairie qui doit émerger du cœur de Paris.

Alors qu’à quelques mètres de là, la structure de la Canopée imaginée par l’agence Berger-Anziutti s’est imposée en quelques mois dans le paysage et que la pose des verres de la grande couverture centrale a débuté, le jardin commence à réapparaître. Seura Architectes, équipe chargée depuis 2004 de la reconfiguration d’ensemble du site des Halles, tant en surface qu’en souterrain, a totalement repensé cet espace vert de 4,3 ha avec le paysagiste Philippe Raguin. Alors que l’ancien jardin présentait un relief accidenté et recelait un bon nombre d’exaspérants culs-de-sac, sa nouvelle version sera plus fluide et surtout plane.

« Sûr et lisible »

« Nous avions quelques idées simples pour cet espace, explique David Mangin, chez Seura. Il devait être ouvert, de plain-pied et traversable en ligne droite. En somme il devait être plus sûr et lisible. » Un peu plus d’un an après l’ouverture du « Terrain d’aventures » imaginé par l’équipe du sculpteur Henri Marquet, le quart du jardin en cours de finitions au nord-ouest du site révèle des lignes de composition élémentaires : depuis la ronde Bourse du commerce jusqu’à l’ondoyante Canopée, une grande allée centrale traversera la fameuse prairie, elle-même bordée de lisières plantées. De la sorte, les espaces enherbés accessibles au public représenteront à termes 45% du jardin, contre un peu plus d’un quart auparavant.

La recréation du jardin qui représente un coût de 30 millions d’euros sur les quelque 800 millions d’euros de l’intégralité du chantier des Halles, donne ainsi la fausse impression qu’elle est la pièce la moins difficile à mettre en place de ce grand puzzle. « Notre structure simple masque la complexité du lieu, note David Mangin. Nous sommes ici au-dessus d’un immeuble de cinq étages qui abrite des fonctions aussi compliquées qu’une piscine ou un cinéma. » Pour des contraintes de poids, le jardin devra notamment croître sur une épaisseur modérée. « Nous utilisons un mélange de terre spécial, explique Jean-Marc Fritz, également associé chez Seura. Composé de terre végétale, de terreau, de lignite et de granulats d’argile, il est léger et peu compressible. »

Dans les années à venir, le jardin continuera à s’étendre pour aller lécher les pieds du bâtiment de la Canopée, notamment une fois que l’impressionnante cité de chantier sera démontée. L’ouverture partielle de ce parc n’est en effet qu’une des nombreuses étapes à franchir avant l’achèvement total du projet annoncé pour 2017.

Marie-Douce Albert

Source:Le Moniteur


Illustration de l’entête: © Marie-Douce Albert . Début décembre 2013, le jardin était en cours de finitions au pied de l’église Saint-Eustache.


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