Le texte de ce poème dans sa langue d’origine, l’espagnol, est donné au bas de l’article

L’inconstant

Mes yeux s’en sont allés
derrière une brunette
qui passait.

Était de nacre noire,
était raisin violet.
De sa traîne de feu
elle a fouetté mon sang.

Après toutes les filles
je vais toujours ainsi.

Une blonde est passée
telle une plante d’or
en balançant ses charmes.
Et ma bouche s’est faite
vague qui s’en allait
décharger des éclairs
de sang sur sa poitrine.
Après toutes les filles
je vais toujours ainsi.

Mais vers toi, sans bouger,
sans te voir, ma lointaine,
mon sang, mes baisers volent,
ma brunette et clairette,
ma grande et ma petite,
ma vaste et ma menue,
ma jolie laideronne,
faite de tout l’argent
et faite de tout l’or,
faite de tout le blé
et de toute la terre,
faite de toute l’eau
des vagues de la mer,
faite pour mes deux bras ,
faite pour mes baisers,
faite, oui, pour mon coeur.

Pablo NERUDA (1904-1973)

in Pablo Neruda, Vingt poèmes d’amour et une chanson désespérée suivi de Les Vers du capitaine. NRF. Poésies Gallimard


El Inconstante

Los ojos se me fueron
tras de una morena que pasó.

Era de nácar negro,
era de uvas moradas,
y me azotó la sangre
con su cola de fuego.

Detrás de todas
me voy.

Pasó una clara rubia
como una planta de oro
balanceando sus dones.
Y mi boca se fue
como con una ola
descargando en su pecho
relámpagos de sangre.

Detrás de todas
me voy.

Pero a ti sin moverme,
Sin verte, tu distante,
Van mi sangre y mis besos,
morena y clara mía,
alta y pequeña mía,
ancha y delgada mía,
mi fea, mi hermosura,
hecha de todo el oro,
y de toda la plata,
hecha de todo el trigo
y de toda la tierra,
hecha de toda el agua
de las olas marinas,
hecha para mis brazos,
hecha para mis besos,
hecha para mi alma.

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