A fanciful, witty and piquant novel


La chronique littéraire d’Émile COUGUT.


Aimez-vous le jazz ? De fait, peu importe la réponse, car, même sans être un amateur (ce qui est mon cas) de ce genre musical, le plaisir de la lecture des Risques de l’improvisation n’est en rien diminué. Indéniablement Delphine Solère apprécie le jazz, d’ailleurs le titre de chacun des chapitres de son livre fait référence à un standard jazzique. Et surtout le héros de son roman est saxophoniste… de jazz. Avec son nom : Elysée Gaumont, on se serait plus attendu à des références cinématographiques !

Elysée Gaumont à force d’avoir une vie fort peu équilibrée due à son métier fait un AVC. Il se retrouve en convalescence à Marseille où non seulement il doit se sevrer totalement au niveau alcool et tabac, mais en plus doit pratiquer du sport, pour faire diminuer un certain embonpoint du à une surcharge pondérale non négligeable. Au court d’une visite à Notre Dame de la Garde, il rend service à une jeune femme propriétaire d’une rareté : un vélo de la marque BMW. De là va s’ensuivre une cascade de péripéties, sous fond de jazz, qui va amener le héros de Marseille à Paris en passant par Avignon, par la Bretagne ou par Dordrecht aux Pays Bas. Il croisera en outre un milliardaire, roi du poulet en batterie et son entourage, un policier plus que trouble, un organiste spécialiste de Messiaen. Il est accompagné dans ses tribulations par son meilleur ami Vauchillon, dragueur professionnel et véritable obsédé sexuel devant assouvir ses instincts dés qu’il voit une femme (il est trompettiste de jazz et non ancien ministre, d’ailleurs il préfère les petits hôtels pas chers plutôt que les palaces pour y amener ses conquêtes) et sa maîtresse, Déborah contorsionniste de profession. Après quels coups aussi bien moraux que physiques (dont certains l’amènent à l’hôpital), Elysée peut retrouver une vie « normale ».

Au détour des pages on apprend en outre l’importance de l’apport d’azote dans les bâtiments où sont entassés les gallinacés qui peuvent devenir de vrais vampires en son absence. Il y a aussi une très fine analyse de la jalousie, de la liberté de disposer de son corps, de vivre pleinement sa sexualité de façon que d’aucuns peuvent trouver égoïste mais qui démontre, de la part de celui qui pense ainsi, une simple appropriation de l’autre qui devient en quelque sorte sa chose. Qu’est-ce qu’un cocu ?, telle est la question que pose Delphine Solère : la victime « objective » de l’acte ?, un statut que l’on se donne ?, qu’elle est la vision réelle de celui ou celle qui est « allé ailleurs » une fois ?, l’a-t-il (elle) fait contre son partenaire ou par envies pour satisfaire son plaisir personnel ? Suivant les réponses que l’on apporte à ces questions, alors les conséquences pour tous les protagonistes deviennent totalement différentes. Les effets de la jalousie ou de « l’ouverture d’esprit » ne sont vraiment pas les mêmes.

Les vacances arrivent, nous aspirons au repos tant physique qu’intellectuel mais pas « bêtement ». Alors oui je vous conseille à tous sans barguigner la lecture des Risques de l’improvisation de Delphine Solère et je ne doute pas que comme pour moi, ce sera un agréable et léger moment de détente.

Emile Cougut


Les Risques de l’improvisation

Delphine Solère

éditions Michalon. 17€


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