The first global conflict under the cameras of film-makers


La chronique de Félix DELMAS.


La Grande Guerre, dès l’armistice signé a servi de toile de fond à des centaines d’œuvres cinématographiques. En faire la liste ne serait qu’un long inventaire à la Prévert d’un intérêt très limité et totalement inintéressant. C’est ce qu’explique en filigrane Josepha Laroche dans l’introduction de son livre paru aux éditions de l’Harmattan : La Grande Guerre au cinéma. Elle a exclu tous les films qui ont la Première Guerre Mondiale comme toile de fond, comme contingence, comme aventure, comme thriller ou comme un moment spectaculaire. La liste est très longue. Elle s’est attachée à percevoir les films qui, à travers la guerre font un éloge au pacifisme. Elle analyse vingt films du monde entier (français, américain, italien, anglais, allemand) qui, selon des registres différents, démontrent le message pacifiste que le réalisateur veut faire passer en contrepoint aux horreurs ou à l’absurdité de la guerre, à l’incapacité des états majors à prendre conscience des souffrances des soldats, tant leurs membres sont préoccupés par leurs intérêts personnels, égoïstes (l’avancement, une médaille de plus, mais au prix de la mort de centaines d’hommes).

Elle a regroupé ces films en deux parties qui, par leur seul intitulé, démontrent le sens de sa démarche : Une désacralisation du patriotisme (subdivisé en un procès en déshumanisation et l’arme de la dérision) et Le triomphe de la brutalisation (la réitération des guerres, l’impuissance du pacifisme). Chaque film est classé dans une de ces parties. Chaque film fait l’objet d’une fiche où sont résumés l’action, le moment du tournage, le message du réalisateur et, parfois, son devenir dans certain pays (les nazis se sont empressés d’interdire Quatre de l’infanterie de Pabst).

Même pour un non cinéphile, ce qui est mon cas, tous ces films sont connus, voire sont considérés comme des chefs d’œuvres du septième art. Je ne vais en faire les énumérer, au lecteur curieux de les découvrir, mais personne ne sera étonné de trouver Charlot soldat de Charlie Chaplin, La Grande illusion de Renoir ou encore Les Sentiers de la gloire de Stanley Kubrick ou l’extraordinaire J’accuse d’Abel Gance.

Après la lecture de La Grande Guerre au cinéma, le lecteur n’a qu’une envie : non de voir ou de revoir certains d’entre eux, mais de visionner les vingt à travers la grille de lecture, oh combien pertinente, qu’en fait Josepha Laroche. Dans sa préface, pleine d’intelligence, Christophe Malavoy n’écrit pas autre chose.

Félix Delmas


La Grande Guerre au cinéma

Josepha Laroche

Éditions de L’Harmattan. 17€


llustration de l’entête: Pierre Fresnay (le capitaine Boeldieu) et Jean Gabin (le lieutenant Maréchal) dans « La Grande illusion » de Jean Renoir. © photo photo DR


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WUKALI 19/09/2014


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