A music Festival dedicated to the Great War


A l’heure où il est de bon ton, dans certains milieux, de mettre en cause avec cynisme et désinvolture l’idée même d’une union européenne, il est particulièrement sain d’observer les initiatives prises ci ou là pour non seulement raviver la mémoire, et la commémoration du centenaire du déclenchement de la Grande Guerre 1914-1918 en fournit l’occasion, mais aussi de démontrer avec talent la force tellurique de l’idée européenne, de cette culture et de ces artistes qui rayonnent sur le monde et qui permettent au demeurant de faire aujourd’hui de l’Union Européenne la première puissance économique mondiale ce qu’il conviendrait de mieux faire savoir… ! On peut d’ailleurs observer, et nous nous en réjouissons, que les milieux artistiques et intellectuels sont particulièrement sensibles à cette cause. L’art, c’est à dire tout bonnement la pensée spirituelle et dynamique, est bel et bien au centre du mouvement, c’est l’énergie créatrice même!

Chaque année, à Metz et depuis 6 ans maintenant se déroule le Festival «Je t’aime… Ich auch nicht». Son programme est multi modal comme l’on aime à dire en redressant le menton et en regardant la ligne bleue des Vosges ! En effet autour des concerts, des conférences, des expositions photographiques, des projections cinématographiques.

Le 6ème Festival «Je t’aime… Ich auch nicht», se déroule cette année du vendredi 7 novembre jusqu’au mardi 18 novembre. Bien entendu et c’est de bonne logique il a choisi pour fil directeur la commémoration de la Grande Guerre et s’oriente autour du thème: les artistes et la guerre.

Un parcours thématique qui pour mieux appréhender le thème initial de 14 le dépasse largement et positionne les musiciens face à la guerre dont ce vingtième siècle aura été hélas prodigue.

Question concerts, on en dénombre 8 pas moins. Pour le premier qui se tiendra vendredi 7 novembre à L’Arsenal trois compositeurs au programme à savoir Albert Roussel, Kurt Weill, et Arthur Honneger, Philippe Forget dirigera l’Orchestre national de Lorraine, soliste violon Denis Clavier. Trois oeuvres toutes composées après la Grande Guerre mais qui dénotent cette recherche qui va de la tonalité à l’atonalité dans le droit fil des préoccupations nées du chaos.

Mercredi 12 novembre à 20h, la Musique de l’Arme Blindée Cavalerie, Musikkorps der Bundeswehr, «propose de suivre, à travers des lettres de Poilus, le parcours des soldats de la Grande Guerre, depuis Metz ou Strasbourg, en passant par Verdun et la Sambre.»

La musique contemporaine sera aussi célébrée, l’on sera intéressé d’écouter Jeudi 13 novembre à 20h une oeuvre d’Olga Neuwirth composée pour l’ensemble 2e2m et qui illustrera le film au titre prémonitoire Maudite soit la guerre réalisé par Alfred Machin en 1913, tandis que Vendredi 14 à 20h Michael Nyman, plus connu comme compositeur de musiques de film ( il a signé celles de Meurtre dans un jardin anglais (1982), Zoo (1985), ou encore de La Leçon de piano de Jane Campion), présentera le film War Works réalisé à partir d’archives puisées dans les fonds britanniques, français et allemands et dont il a assuré l’illustration musicale

Place est aussi faite à la littérature et la poésie avec Sébastien Beck au piano, Vincent Roth alto et Michel Dydim récitant, samedi 8 novembre à 20h avec bien sûr des poèmes de Guillaume Apollinaire (… les obus miaulaient un amour à mourir/ Les amours qui s’en vont sont plus doux que les autres/ Il pleut Bergère, il pleut et le sang va tarir/ Les obus miaulaient entends chanter les nôtres/ Pourpre Amour salué par ceux qui vont périr…) mais aussi des textes de Maurice Genevois ( Ceux de 14) et d’Ernst Jünger blessé quatorze fois pendant le conflit.

La mezzo-soprano Isabelle Druet, révélation Lyrique des Victoires de la Musique 2010, interprétera samedi 15 novembre à 18h avec le Quatuor Giardini, un répertoire allant d’ Offenbach à Fauré, Dubois et Duparc

Le concert de l’Orchestre national de Lorraine du samedi 15 novembre à 20h, dirigé par Jacques Mercier, sera très attendu. Un programme consacré à Gustav Mahler, Arnold Schönberg et Richard Strauss. On y entendra de Mahler le poème symphonique Totenfeier, (premier mouvement de la symphonie Résurrection, inspiré du poète Adam Mickiewicz, pareil à une longue marche funèbre, un «requiem des illusions perdues». Metamorphosen de Richard Strauss qui sera aussi joué a été composé pour 25 instruments à corde et terminé le 12 avril 1945, à trois semaines du suicide d’Hitler et de la capitulation allemande. C’est pareillement une longue plainte douloureuse et poignante, un thrène qui signe le retour de Strauss vers la musique instrumentale pure et qui lui fut inspiré par les dévastations subies sur l’Allemagne pour détruire le régime nazi.

On pourra écouter mardi 18 novembre à 20h L’Histoire du Soldat d’ Igor Stravinski sur un texte de Ramuz et composé en 1917, joué par l’Ensemble Stravinski, avec Claire Cahen récitante et Jean-Pierre Pinet à la direction musicale

Le sujet sur 14 ou le thème général de la guerre est loin d’être épuisé. Peu importe, c’est en tous cas une belle opportunité de découvertes musicales et une façon émotionnelle d’appréhender une page d’ histoire toujours sensible.

Pierre-Alain Lévy

Programme détaillé du Festival « Je t’aime… Ich auch nicht »


Le Festival « Je t’aime… Ich auch nicht » est présenté par l’Arsenal – Metz en Scènes, la Ville de Metz et l’Orchestre national de Lorraine. La 6 e édition a été conçue avec les contributions du Goethe-Institut Nancy, du Forum-IRTS de Lorraine/ALFOREAS, de la Société Goethe de France ; en partenariat avec Arte, le Service Communication Interarmées de la Zone de Défense et de Sécurité Est, le Centre dramatique national Nancy – Lorraine, la Cité de la musique – Paris et le Palazzetto Bru Zane – Venise.


WUKALI 07/11/2014


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