Violence against women through animation movie focus


L’exception confirmant la règle, nous présentons ce samedi dans notre rubrique du Film d’animation de la semaine deux films. Leur sujet est difficile et douloureux, celui de la violence conjugale faite aux femmes et partant aux enfants. Deux traitements différenciés: le premier est un film norvégien Sinna mann (l’homme en colère) de la réalisatrice Nita Killi (extraits), le second s’intitule Behind closed doors (Derrière les portes closes) du réalisateur anglais Jonathan Button, créateur du studio d’animation éponyme. Curieuse singularité, ces deux films ont été produits la même année en 2009.

Dans Sinna mann de Nita Killi, on voit une mère protéger son petit garçon de la colère démente de son mari; puis le garçonnet seul dans sa chambre, réfugié sur son lit, la tête dans l’oreiller pour ne pas entendre les pleurs et le bruit des coups dans la pièce d’à côté s’accuser d’être responsable de l’état mental du père aimé et craint.

Ce film a obtenu le Prix spécial du jury, le prix du public et le prix UNICEF au Festival international du film d’animation d’Annecy en 2010.

Dans le second film, Behind closed doors de Jonathan Button, le thème de départ est presque le même, il s’agit bel et bien de la violence conjugale et de ces femmes, de ces mères, subissant la violence de leurs maris ou de leurs compagnons. Cependant si l’on peut penser pour le personnage du père dans le film de Nita Killi, à une pathologie progressive pour le moins maladive voire psychiatrique ou produite sous l’effet de psychotropes- alcool ou drogue – dans le film Behind closed doors de Jonathan Button le père est violent c’est un alcoolique avéré, il est aussi plus réaliste. La fin du film voit un renversement des rapports de force et le petit garçon se fait le vengeur contre son père de sa mère violentée et battue.


Chacun de ces films est intéressant en soi, nous trouvons cependant Sinna mann de Nita Killi plus elliptique, quelque part plus abstrait et plus fort dans le traitement et l’induction psychologique et dans la représentation artistique et visuelle des personnages, ce qui le rend peut-être plus efficace et démonstratif dans la dénonciation de ces violences faites aux femmes que Behind closed doors de Jonathan Button qui montre sans fard et avec un réalisme figuratif cru cette violence ( voir notamment le style graphique des personnages) mais s’achève dans la construction onirique et fantasmée d’un petit garçon oedipien et vengeur.

Pierre-Alain Lévy


WUKALI 04/05/2015

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