Fantasy, humour, poetry and fantastic mixed together in this perfect animation movie


C’est en 1998 que Sylvain Chomet a réalisé «La Vieille dame et les pigeons», son tout premier film, un court métrage de 23mn. C’est déjà (et indubitablement) un grand cru. Du petit Mozart, un bon cépage, un vin jeune et de belle robe au parfum charpenté et fruité à la fois, et qui porte déjà en lui toutes les promesses des films à venir «Les Triplettes de Belleville» (2002),« L’Illusionniste» (2010). Un excellent, pour le moins, film d’animation !

«Tout est bon il n’y rien à jeter dans l’île déserte ilf faut tout emporter», comme le disait Brassens, et cela s’applique aussi en intégrité à ce film !

L’histoire me direz-vous ? Je préfère vous laisser au plaisir de la découvrir et vous n’aurez nul besoin de mes commentaires pour la savourer croyez-moi ! Sachez que vous y trouverez cet humour de second degré, par exemple les scènes du début tout particulièrement, avec la focale sur la famille de touristes américains et leurs commentaires sur la nourriture en France. Puis l’on découvre ensuite un étrange policier, ce personnage ressemble à ces acteurs de second rôle du cinéma français des années d’après-guerre et me fait penser, je ne saurais trop dire pourquoi, à Julien Carette !


Ce qui caractérise les films de Sylvain Chomet c’est tout à la fois cette élégance dans le dessin, la beauté des décors, qu’il s’agisse des rues ou des appartements, le raffinement de la couleur, la reconstitution de ces intérieurs, l’acidité caricaturale, la structure narrative, mais aussi le souci du détail qui crée l’atmosphère et donne du parfum et de l’épaisseur au temps et que l’on n’aperçoit parfois qu’une fraction de seconde. Pendant un très court instant vous apercevrez par exemple vers le milieu du film, quand l’agent monte les escaliers pour se rendre à l’appartement de la vieille dame, une feuille punaisée sur le mur où est écrit:« la concierge est dans l’escalier! Pour qui a connu la période où est censé se dérouler cette histoire, dans le Paris des années 50 ou 60, avoir pensé à un tel détail réel d’une société et d’un temps aujourd’hui disparus est tout bonnement fabuleux !

On aime aussi les toits de zinc, les représentations graphiques des pigeons, la valse musette composée par Jean Corti et jouée par Jo Privat juste sorti peut-être du Bal à Jo ! Et puis on s’évade, on s’éloigne du réel suggéré mais toujours plein de poésie pour aller vers le fantastique, le surréalisme et le rêve!

Une histoire de policier, de gardien de la paix, de poulet ou plutôt de pigeons et une vieille dame entourée justement de ces volatiles, mais aussi de chats… Tiens tiens, allez donc rechercher la photographie sépia qui la représente avec ses matous et qui décore sa chambre… ! Une figure humaine inquiétante, énigmatique. Comme le dirait un de mes bons amis, chroniqueur dans Wukali, l’excellent Émile Cougut, «il y a du Maigret dans tous ces personnages», et j’avoue que ce ne serait pas faux !

Alors, êtes-vous comme moi, dites-moi avez-vous aimé « La Vieille dame et les pigeons»? Moi je vais vous le dire tout cru, j’ai tout bonnement adoré !

Pierre-Alain Lévy


WUKALI 20/06/2015

Courrier des lecteurs: redaction@wukali.com


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