From front page news stories to a spy and intelligence thriller


[**Gérard de Villiers*] est décédé. La série des S.A.S a connu une fin. Le prince Malko s’est définitivement retiré dans son château en Autriche. Ça c’est ce que nous pensions et quelque part nous nous trompions. Enfin pas tout à fait, mais quand même, un peu. En effet [**Morbraz*] vient de créer un nouveau personnage le prince Marko, de noblesse autrichienne ayant un château à entretenir dans ce beau pays. Aussi pour financer les réparations et payer le salaire de son majordome turc, accessoirement ancien tueur à gage, il travaille comme contractuel pour la CIA mais seulement dans des affaires dans laquelle cette vénérable institution patauge quelque peu ou ne veut pas apparaître directement. Si j’ajoute qu’il est plus qu’un séducteur et que dès qu’une fois une femme le voie il faut qu’elle couche avec lui (et il est toujours prêt à faire don de son corps), vous avez reconnu la fiche type de ce qui faisait un bon SAS.

Mais pour faire un bon SAS il faut aussi avoir de solides connaissances du fonctionnement des services secrets et surtout de la géopolitique. C’est à ce niveau que vous attendez Morbraz. Et vous le trouvez, car ces connaissances indispensables il les a.

Alors, un peu (enfin pas mal) de sexe, un peu (enfin beaucoup) de morts violentes avec parfois un zeste de sadisme, des rebondissements, du champagne, des voyages en avions, la CIA aux ordres du prince, du suspense, etc. et vous avez un bon roman d’espionnage à la sauce Gérard de Villiers. Le plus dur c’est de pouvoir apporter tout cela sans lasser le lecteur, sans rien oublier, surtout ne rien oublier ! Des pastiches, des sous SAS, il y en a, mais le lecteur est insatisfait, car il manque un « je-ne-c’est-trop-quoi » qui fait qu’un SAS est un SAS.

En plus Morbraz pousse le mimétisme avec son mentor pour développer insidieusement quelques thèses que certains courants d’extrême-droite ne renieraient pas, et, ce qui est plutôt rare dans cette série, montre un réel attachement pour un moine de l’Ordre de Malte qui essaie d’endiguer la montée de l’islam radical.

Le moins que l’on puisse dire c’est que Morbraz arrive presque à la perfection (comme elle n’existe pas, je suis obligé de dire « presque »). D’ailleurs plus d’un lecteur (dont je fus) ne lit plus Marko mais Malko, ce qui est un vrai compliment

Alors on va suivre le prince Marko en Malaisie, à San Diego, à Londres, à Manille, etc., avec une triade chinoise, des pirates maltais et surtout Al-Qaïda ; et ce qui est loin d’être désagréable, Morbraz parsème son livre de références, de citations de quelques grands auteurs français comme Molière ou Hugo.

Les amateurs de SAS pourront faire facilement leur deuil de la mort de Gérard de Villiers à la lecture du Vol MH370 de la malaysia airways ne répond plus.

[** Émile Cougut*]


[**Le vol MH370 de la malaysia airways ne répond plus
Morbraz*]
Éditions Picollec.18€


Contact : redaction@wukali.com
WUKALI 24/05/2017

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