From literary pastiches to succulent recipes !


Merci Mark Crick, voilà une façon originale d’aborder l’art culinaire mondial. Ce n’est certes pas une série de recettes du monde entier, enfin pas tout à fait car il y 19 recettes du monde entier mais mises en forme. Certaines comportent de telles imprécisions dans leur confection que je pense que le cuisinier, amateur ou pas, devra faire un certain nombre d’essais avant d’arriver à un résultat acceptable pour son palais.

[**Mark Crick*], ce franco-anglais vient d’augmenter son livre de trois recettes, un livre qui a contribué à construire sa renommée. Son idée est en soit simple : prendre le style d’un écrivain, et écrire une recette de cuisine à la manière de…. Simple mais difficile en ce qui concerne la réalisation. L’art du pastiche n’est en effet pas à la portée de tout le monde. Mais Mark Crick maîtrise parfaitement cette technique. Bien sûr certaines « recettes » sont meilleures que d’autres : c’est un vrai Conte de Noël qu’aurait pu écrire [**Dickens*] qu’il nous donne à lire. On reconnaît Mort à Venise ou Les Contes de Canterbury sans aucun problème. De fait, on reconnaît le style de tous les auteurs ainsi plagiés sans trop de problème : [**Kafka*], [**Proust*] ou encore[** Flaubert*] (les émois moraux d’Emma en train de faire une tarte aux pommes en écoutant le discours d’investiture de [**Trump*] vaut le détour). Parfois c’est quelque peu caricatural comme pour [**Sade*] ou [**Pinter*], mais le style y est toujours.

Bien sûr il y a des anachronismes : [**Homère*] aurait eu des difficultés à utiliser des pommes de terre ou des tomates s’il avait écrit des recettes de cuisine, [**La Rochefoucauld*] n’a jamais parlé du concept de capitalisme dans ses Maximes et pour cause. Mais si l’on veut bien réussir une recette, il est utile de disposer des bons ingrédients si on veut la réussir.

Mark Crick pastiche tout, même les conventions éditoriales. En effet, chaque recette est traduite et nous avons le nom du, ou des traducteurs. Vu sa double origine, il est possible que Mark Crick écrive en anglais. Mais il sème le doute, car que penser quand c’est [**André Malraux*] qui traduit… [**Proust*] !

Chaque recette est illustrée par une œuvre de l’auteur qui est aussi artiste peintre. Chacune de ces « vignettes » est faite « à la manière de » ([**Matisse, Otto Dix, Gustave Doré, Frida Kalho,*] etc.). De fait, il n’y a que les recettes qui ne sont pas des pastiches.

Cette réédition augmentée de la[** Soupe de Kafka*] par les éditions Baker Street est opportune, elle permet en effet de lire un ouvrage qui en soi est en train de devenir un modèle de l’art du pastiche. Il ne manque qu’un livre audio avec des pastiches musicaux pour rendre ce travail parfait.

[**Émile Cougut*]


[**La Soupe de Kafka
Mark Crick*]
éditions Baker Street 17€

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WUKALI 03/10/2017

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