When a few people in Strasburg; five centuries ago danced mysteriously for days and days


[**Jean Teulé*], comme il a l’habitude, écrit un roman à partir d’un fait historique avéré. Dans son dernier opus, Entrez dans la danse, la toile de fond historique est un phénomène encore inexpliqué de nos jours, qui a eu lieu à Strasbourg en juillet 1518 : une femme sort de chez elle et danse. Elle est vite rejointe par d’autres personnes, environ 400 en tout, et ils dansent sans arrêt durant une dizaine de jours. Le corps médical de l’époque essaye de trouver une solution à partir des connaissances du temps : comme il s’agit sûrement d’un excès de bile froide, il faut que les danseurs la réchauffent, aussi incitent-ils la municipalité à bâtir une piste de danse sur la place du marché aux grains (et pas aux chevaux comme l’écrit Jean Teulé ! ) et à engager des musiciens. Certains danseurs décèdent, et le phénomène cesse aussi mystérieusement qu’il avait commencé.

Voilà pour le fond historique. Un excellent fait-divers, une anecdote fort peu connue de l’histoire. Mais voilà, elle est reprise, développée par Jean Teulé. Ceux qui aiment cet écrivain ne seront pas déçus, tout y est : sa gouaille, son humour, son écriture à la hussarde.

Ceux qui, comme moi, n’adhérent que fort peu à sa façon d’écrire, seront encore plus convaincus. Que de facilités ! Que n’anachronismes qui gênent la lecture : on ne construit pas une estrade mais un « dance floor », pour une « rave party », ailleurs l’évêque prend connaissance des 95 thèses de[** Luther*] pourtant déjà veilles d’une année ! L’auteur écrit-il trop vite ou prend-il le lecteur comme un être d’une culture si limitée qu’il est obligé de descendre jusqu’à lui pour se faire comprendre ? A force de multiplier les mots d’argot (multiplication du mot «putain»), de violer les règles de grammaire, il devient souvent difficile de suivre le fil de la lecture.

Et que dire de l’emploi immodéré des synonymes : pour dire sourd on a droit à « sourdingue », « pas entendant », « dur de la feuille  », soit mais quand c’est dans le même paragraphe, cela devient pénible ! Et puis tout est caricatural, du bourgmestre à l’évêque en passant par les médecins, seul un couple est sympathique, tous les autres sont des égoïstes jouisseurs. Le pire étant l’évêque un affameur cupide (tonsuré alors que les évêques ne l’étaient plus à cette époque! ) qui ne voit que la violence pour résoudre les problèmes.

Bien sûr, par certains côtés comment ne pas penser à certains tableaux de la famille [**Breughel*], comment ne pas songer aux plaisirs que nous eûmes à la lecture de certains fabliaux du Moyen Âge, car indéniablement Jean Teulé vient d’écrire un fabliau.

Certains, dont votre serviteur, trouveront cet essai totalement raté car trop vulgaire, d’autres se régaleront à sa lecture. A chacun de se déterminer !

Au moins, ce qui est certain, c’est que [**Jean Teulé*] ne laisse pas indifférent, ce qui est un vrai tour de force au vue de la médiocrité de la production littéraire actuelle, trop souvent formatée par des ateliers d’écriture.

[**Emile Cougut*]


[**Entrez dans la danse
Jean Teulé*]
éditions Julliard. 18€50

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WUKALI 02/02/2018)]

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