The continuous way to a state controlled authority in France


Les recherches sur l’histoire de la police se multiplient et, avec elles, bien des « vérités » ont été démontées. La police est complexe, la police actuelle, on le sait, il suffit d’entendre les médias (on peut aimer l’histoire et vivre dans le présent) pour entendre parler de guerre des polices. Soit souvent on fait allusion aux rapports parfois tendus entre la police nationale et la gendarmerie, mais il y a aussi les problématiques entre la police nationale et la police municipale (qui depuis l’Empire ne concerne plus la capitale), mais aussi entre les différents services et autres unités qui toutes dépendent de la Direction générale de la police nationale. Tous ces différents services sont les enfants de l’histoire de la police en particulier quand on ne fait allusion que de la nationale et en général quand on englobe tous les organismes participant à des missions de police.

Ne nous faisons pas d’illusions, dans le passé, la situation était encore plus complexe. Peut-être que seul le domaine de compétence géographique de la maréchaussée et de la, ou des polices, était assez bien défini. Mais que dire des problèmes de police dans la plus grande ville du royaume et une des plus importante d’ Europe avec Londres : Paris.

[**Nicolas Vidoni*] s’intéresse avant tout à l’évolution de la police dans la capitale aux XVII-XVIII siècle qui est assez représentative de la main mise du pouvoir royal, central, dans l’espace urbain au détriment des pouvoirs municipaux (locaux). La mise en place de la lieutenance générale de Police ne s’est pas fait sans mal, car elle entrait en concurrence avec tous les autres détenteurs de pouvoirs de police : l’hôtel de ville, les corporations, le Châtelet, etc… voire le parlement, qui n’étaient pas prêts à perdre une once de ces pouvoirs. La centralisation et l’égalitarisme juridique qui nous paraît si évident n’existaient pas du tout à cette époque. Grâce à l’action des lieutenants généraux dont certains ont marqué l’histoire comme [**de la Reynie*], [**d’Argenson*], [**Sartine*] ou [**Lenoir*], le pouvoir royal a fini par s’imposer progressivement en littéralement grignotant l’espace de ses concurrents, sachant prendre leur place quand ils ne s’investissaient pas suffisamment dans leurs missions. Un exemple parmi tant d’autres : les immeubles menaçant ruine. C’était la corporation des maçons qui devaient expertiser le péril. Or non seulement cette fonction était gratuite, mais en plus, il leur était parfois difficile de remettre en cause le travail d’un d’entre eux. Aussi, [**d’Argenson*] créa une fonction d’architecte (qui eux ne dépendaient d’aucune corporation) de la police. De fait il créa le premier expert judiciaire.|center>

A cette époque, il est intéressant de s’apercevoir que les commissaires de police, affectés dans des quartiers bien définis, s’occupaient avant tout d’hygiène et de sécurité (avec l’appui des sergents à verge) avec le problème de la mendicité ou de l’éclairage public, voire d’ordre public. Même s’ils étaient (et sont toujours) des magistrats administratifs et judiciaires, pour de multiples raisons (dont la principale est que le domaine judiciaire était moins rémunérateur), ils s’investissaient peu dans le judiciaire, d’où la création des inspecteurs de police, placés sous les ordres des commissaires, aux méthodes parfois musclées et avec des interprétations de la loi qui les firent haïr par la population parisienne. Ce sont, en outre les abus de ces derniers et de leurs auxiliaires qui causèrent la disparition de la lieutenance générale dès les débuts de la Révolution.

[**Nicolas Vidoni*] nous démontre que quelque soit l’époque la police a toujours été un vrai sujet politique : le contenu de ses missions, son fonctionnement, ses abus, son recrutement, et à travers elle, la frontière entre les libertés individuelles et l’ordre social, l’ordre public. Suivant les périodes de l’histoire, les réponses diffèrent, mais c’est à travers elle que la philosophie du « vivre ensemble » d’une époque se définit. Et que ce soit aux temps des « Lumières » qu’aujourd’hui, la police est adulée quand elle protège et haïe quand elle contraint. C’est le résultat de l’ambiguïté de ses missions qui peuvent paraître parfois quelque peu antinomiques.

[** Félix Delmas*]|right>


[**La police des lumières
Nicolas Vidoni*]
éditions Perrin 24€


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WUKALI Article mis en ligne le 07/06/2018)]

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