Facebook and censorship about nude in art, a hammer without a master


[**Mark Zuckerberg*], a de quoi se faire du souci, la valeur de [**Facebook*] a dévissé au Stock Exchange de New York en passant en cinq jours de USD 180$ à 176,26$ mais c’est sur le front de l’image de l’entreprise que la dégringolade est la plus perturbante.

En mars dernier les algoritmes du mondialissime réseau social avaient déjà censuré, car tel est bien le mot, «La Liberté guidant le Peuple» d’[**Eugène Delacroix*]. L’idole totémique de la république française n’en était d’ailleurs pas à sa première rencontre avec la tartufferie. Déjà au temps de la dictature de [**Komeini*] en Iran, la circulation des billets de 100 Francs de la Banque de France portant l’effigie de cette belle femme à la poitrine dénudée, victoire de Samothrace sublimée, la tête couronnée d’un bonnet phrygien, avait été interdite d’usage par les autorités politico-religieuses de Téhéran.


Cette fois ci c’est à [**Rubens*], que Facebook s’en prend, ou tout du moins son système algorithmique, véritable «marteau sans maître», intelligence artificielle en perdition, mal maîtrisé, mal contrôlé. On aurait ainsi pu estimer que la pudibonderie mathématique du système s’offusquerait de ces chairs féminines replètes, de ces beaux corps nus, de ces tétons et de ces seins, de ces paires de fesses potelées, de cette beauté féminine faite peinture, bref toute l’iconographie de Rubens qui puise aux meilleures sources, celles de l’humanisme dans ses variantes et dans tout son génie flamand. Eh bien non, l’oeuvre incriminée («Madame, cachez ce sein que je ne saurais voir !»), c’est [**«La descente de croix»*] de la cathédrale d’Anvers de ce cher Pierre-Paul, sublime chef-d’oeuvre! Le grotesque balancier pudibond de l’algorithme de Facebook après avoir en mars bloqué une représentation de la beauté faite femme, incarnation de la Liberté et de la révolte, s’en prend cette fois ci dans un mouvement pendulaire à la représentation d’un corps d’un homme martyrisé fait dieu. Expression paradoxale, masochiste et subliminale d’une iconoclastie stupéfiante au sein même d’un réseau de communication qui porte l’image comme facteur d’identité et d’individualisation !

Les techniques les plus sophistiquées de l’intelligence artificielle (IA), celles mêmes employées et banalisées par Facebook pour plus de 2,23 milliards d’ utilisateurs au monde peuvent conduire ainsi on le voit aux dérives les plus absurdes et ridicules.

Les« bruits de fond» (comme l’on dit en physique nucléaire) de la société civile et du monde politique, viendraient-ils jusqu’à influencer d’une manière ou d’une autre les chercheurs, on ne peut le croire !

Les autorités d’[**Anvers*] où est exposée La Descente de croix, et tout particulièrement les responsables des musées ont répondu à Facebook et réagi de la manière la plus fine qui soit en utilisant la meilleure arme, celle de l’humour (il est bien vrai que l’on est là dans la pays de Till Eulenspiegel (Till l’espiègle). Dans une video l’on aperçoit des gardiens de la Rubenshuis (Maison de Rubens) à Anvers empêcher les visiteurs goguenards de regarder les chairs nues exposées sur les toiles du musée. A cela ils ont adressé une lettre d’invitation à Marc Zuckerberg pour le convier à discuter du sujet derrière un café ou une bière, et je puis personnellement vous assurer, expérience à l’appui avec nos amis de L’Alliance Française et de l’Accueil Français d’Anvers, que le choix est non seulement impressionnant mais qu’il est surtout savoureux !

Rions un peu !

[**Pierre-Alain Lévy*]


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WUKALI Article mis en ligne le 27/07/2018)]

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