Two acute and critic visions of our world


Voir deux films d animation de [**Steve Cutts*] et [**Lubomir Arsov*] sur les ravages de la société de consommation et l’impéritie du système capitaliste. Le téléphone portable est hissé au niveau d’une idole, d’une icône contemporaine.

La tristesse de monde (Sadness of the world) voici un film d’animation conçu par le réalisateur anglais [**Steve Cutts*] et d’autres auteurs tels: [**Ashim Shakya, John Holcroft*] et [**Pawel Kuczynski*] et qui ne pourra vous laisser indifférent. Bien loin des catégories, des standardisations analogiques- dessin animé, illustrations, bande dessinée, qu’importe- c ‘est en tout cas une expression graphique puissante qui puise dans une tradition de la caricature digne des plus grands dessinateurs-illustrateurs.


Dans la première partie, on distingue d’emblée différentes mains, différents styles, et elle débute assez rapidement dans un graphisme et un choix du blanc et noir qui n’est pas sans évoquer Félix le chat, Popeye ou Betty Boop et puis rapidement se succèdent les unes aux autres des séries d’illustrations, en fait des images fixes dont un grand nombre en couleur, véritables caricatures à charge rendant compte de la société américaine (mais aussi de la nôtre) et du délire compulsif du besoin de consommation et de l’usage du marketing. Si certains personnages à coiffure blonde ne sont pas sans vous rappeler un chef d’état aujourd’hui bien connu et occupant la Maison-Blanche, surtout considérez bien que cela n ‘est nullement-contrairement aux avertissements lus dans certaines bandes-annonces de films- du au hasard!

Certaines illustrations sont très fortes et percutantes telle celle d’un couple enlacé dans sa plus tendre intimité et donc chacun des partenaires est replié dans sa solitude et occupé, indifférent à l’autre, à consulter son portable. On croirait voir une peinture de [**Chirico*], de [**Masson*] ou de [**Delvaux*] ! L’usage immodéré du téléphone portable devenu le symbole iconique de notre société qui n‘est plus à un paradoxe prêt et dont le narcissisme stérile se drape dans l’expression d’une pseudo liberté et d’un culte de l’ego impuissant et grégaire pour le plus grand bénéfice des« grandes compagnies» fabricantes de téléphones.


Le deuxième film[** In shadow *] sous-titré une Odyssée moderne, écrit et conçu par le réalisateur bulgare [**Lubomir Arsov*] est d’apparence plus technique, les personnages dessinés sont découpés et sculptés au scalpel, la couleur y est aussi plus froide ce qui apporte peut-être encore plus de force et de violence à la dénonciation sociétale portée par le film. En outre chaque image s’articule avec la suivante telle une bande dessinée, c’est une histoire qui nous est contée là, une montée en puissance dans le scénario, une charge narrative affirmée, un peu comme la bande dessinée politique publiée dans l’édition du dimanche d’un grand quotidien américain

Elle est aussi plus politique et plus polémique, la plume est plongée dans l’acide et la démonstration devient plus véhémente et militante. Le champ sémantique s’élargit et le nombre de thèmes et de sujets traités s’élargit touchant notamment au mode de vie telle la consommation alimentaire ou, encore plus fort, la circulation de l’argent, les mafias et le blanchiment de l’argent sale par exemple. La compromission des élites dans ces malversations mais aussi le silence de plomb et la complicité généralisée qui touche l’ensemble du corps social y sont illustrés.

Les dernières images sont plus apocalyptiques et dénoncent une société policière et militarisée à outrance. Quelques images semblent évoquer l’attentat du 11 septembre 2001. L’American way of life s’écroule et chacun est touché par la crise jusqu’au financier repu qui meurt sans pouvoir emporter son argent. Il faut attendre la fin pour trouver l’espoir dans l’image d’un enfant renaissant dans le coeur d’un arbre. L’avant dernière image est au demeurant à bien considérer. Qui voit on en effet: un couple, homme et femme du plus pur style du réalisme soviétique, célébrant eux aussi le système !

[**Pierre-Alain Lévy*]


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WUKALI Article mis en ligne le 28/07/2018)]

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