An electric intrigue within a dictatorship in South America


Connaissez-vous le Montelagos, cette république d’Amérique du sud ? Sûrement pas puisqu’il est sorti de l’imaginaire de [**Pascal Framont*]. C’est une république d’Amérique du Sud, dirigée depuis une trentaine d’années par un dictateur Damiano, inventeur du damianisme, idéologie politique selon laquelle un État doit être géré comme une entreprise. Il est arrivé au pouvoir de façon démocratique sur un programme simple : pour mettre fin aux mafias et à la corruption de toute la société et sortir du peuple de la pauvreté, priorité doit être donnée à l’économie. Tous les citoyens doivent adhérer au contrat de solidarité nationale dont la philosophie se résume au slogan : « la fin justifie les moyens  » . Ils doivent surtout abandonner toutes les libertés publiques pour permettre au gouvernement de pouvoir mettre en place son programme économique sans aucune embûche.

30 ans après, le niveau de vie a fortement augmenté, les systèmes éducatif et social sont gratuits et l’immense majorité de la population approuve l’action de son chef.
Bien sûr, il y a des opposants, la Résistance, mais elle est très minoritaire et à part protester contre l’absence de liberté, n’offre aucun programme alternatif. Bien sûr, ceux qui remettent plus ou moins en cause le contrat de solidarité nationale peuvent s’attirer les foudres de la terrible police politique.

Lucia, mariée, mère de deux enfants, est une jeune femme faisant partie des « étoiles montantes » du pouvoir. Elle travaille comme collaboratrice du ministre de l’économie et fréquente tous les responsables du pouvoir. Son père est commandant dans la police politique, seul son frère se montre, très discrètement critique vis-à-vis du damianisme, mais c’est normal, c’est un artiste.

Un soir, son mari est assassiné devant ses yeux. Très vite, elle s’aperçoit des incohérences de l’enquête policière, d’autant que deux des collègues de son mari connaissent le même sort et qu’elle est victime de deux tentatives d’assassinat.
Obligée de mener sa propre enquête pour connaître la vérité sous peine de partir en exil, elle va voir ses certitudes remises en cause petit à petit. Aussi bien au sein de sa famille qu’au sein du régime, les apparences sont souvent trompeuses, voire très très complexes. Qui croire ? Que croire ? Le régime a permis une vraie richesse et une vraie amélioration de la vie de la population, mais à quel prix ? Qui vraiment détient le pouvoir : Damiano ou un groupe occulte qui tire toutes les ficelles dans l’ombre ? Et même Lucia n’est-elle pas instrumentalisée ? Et par qui ? Le régime ? La Résistance ? Soit un autre groupe qui souhaite lui aussi la fin du régime ?

Écrit comme un vrai thriller, voire un roman feuilleton du XIX siècle, [**L’affaire Mirage Life*], tient le lecteur en haleine jusqu’à la dernière page. Et surtout ne vous attendez pas à une fin à « l’eau de rose ». Si Lucia arrive à sauver sa vie, le moins que l’on puisse dire, elle est obligée de faire un choix qu’elle se refusait de faire.

On y trouve une description des dictatures d’Amérique du sud, mais mâtinées de castrisme et surtout de manipulations politiques parfaitement décrites, manipulations qui finissent par se retourner contre le manipulateur. L’assassinat du ministre de la police politique m’a fait penser à l’assassinat de [**Kirov*] à Leningrad, point de départ de la terreur stalinienne.

On n’est aussi pas loin de la théorie du complot suivant laquelle, les vrais dépositaires du pouvoir ne sont pas les hommes politiques mais des individus qui les manipulent dans l’ombre. Des inconnus, qui ne se connaissent pas individuellement mais qui décident de l’avenir de la société. Et ne parlons pas des opportunistes qui savent exploiter à leur profit tous les événements.

Un livre dense, non dépourvu de philosophie politique qui pose le problème du but, de la fin des actions politiques et des moyens mis en œuvre pour y parvenir.

[** Émile Cougut*]|right>


[**L’affaire Mirage Life
Pascal Framont*]
éditions Le Lamantin. 19€


L’affaire Mirage Life a été choisi pour figurer dans la Sélection Livre du mois de Wukali


[(


– Cet article vous a intéressé, vous souhaitez le partager ou en discuter avec vos amis, Soutenez Wukali, utilisez les icônes Facebook (J’aime) ,Tweeter, + Partager, positionnées soit sur le bord gauche de l’article soit en contrebas de la page. Aidez-nous à faire connaître WUKALI…

– Vous retrouverez toutes les critiques de LIVRES parues dans WUKALI

– Peut-être même souhaiteriez pouvoir publier des articles dans Wukali, nous proposer des sujets, participer à notre équipe rédactionnelle, n’hésitez pas à nous contacter ! (even if you don’t write in French but only in English)

Retrouvez tous les articles parus dans toutes les rubriques de Wukali en consultant les archives selon les catégories et dans les menus déroulants situés en haut de page ou en utilisant la fenêtre «Recherche» en y indiquant un mot-clé.

Contact : redaction@wukali.com

WUKALI Article mis en ligne le 17/01/2019)]

Ces articles peuvent aussi vous intéresser

Notre site utilise des 'cookies' pour améliorer votre expérience et son utilisation. Si vous le refusez vous pouvez les désactiver. Accepter En savoir plus