Famous and sensible landscape and portrait painter


[**Jean-Baptiste Camille Corot*] (1796-1875), célèbre peintre français, est issu d’une famille de commerçants parisiens très aisés. Après des études banales, il obtient une forte rente annuelle de ses parents. Ce qui lui permet de se livrer à sa seule passion : la peinture. Il est formé à l’école néoclassique : belles et grandes compositions, mythologiques ou religieuses, et paysages historiques. Dès cette époque, il travaille en plein air : à Barbizon et dans la forêt de Fontainebleau. Il s’attache alors au rendu des jeux de la lumière et à l’expression de la profondeur. Dans ses tableaux, un équilibre étonnant s’établit alors entre idéaux classiques et observation de la nature. Il durera toute son existence.

Il voyagera sans cesse, à la recherche de nouveaux paysages et de nouvelles sensations, optiques et spirituelles. Entre 1825 et 1828, il découvre l’Italie : Rome, Naples et Venise, mais ne verra Florence qu’en 1834. Son première salon est celui de 1835. L’accueil sera favorable. Il le restera toujours. Vers 1850 son talent est reconnu partout et par tous, et les prix de ses toiles s’envolent. Ses paysages deviennent alors des reconstructions de son imagination, en atelier, des « paysages rêvés » en quelque sorte, qui sont souvent nimbés d’une atmosphère ambiante chargée de nostalgie ; là où mémoire et souvenir se confondent. Son coup de pinceau est vif, sa touche large jouant avec la lumière. Si l’on doit absolument tenter une classification de son œuvre, sujet ardu, on la dira néoclassique à la sensibilité et à l’imagination exacerbées, devenue précurseur du symbolisme.

Homme très généreux, il sauvera [**Daumier*] de la misère en lui achetant et en lui offrant une maison. Il donnera aussi une grosse somme d’argent à la veuve de [**Millet*] pour élever ses enfants. Il mourra d’un cancer de l’estomac en 1875.|right>

Corot était un personnage très affable et très ouvert. Ainsi, se promenant dans la forêt de Fontainebleau vers 1860, il aperçoit un jeune homme peignant en plein air. Il s’approche et contemple le travail de ce débutant. Lequel s’inspirait visiblement de…Corot !
Le dialogue s’engage :

Vous êtes influencé par Corot
– Oui mais je suis incapable de faire aussi bien
– Je vais vous aider

Il se penche sur le tableau et le signe COROT !

C’est une des raisons qui font dirent à certains experts que Corot a peint cinq mille tableaux et qu’on en dénombre quinze mille dans tous les musées du monde…

« [**La dame en bleu*] » est une huile sur toile de 1874, signée et datée, de dimensions : 80x50cm, conservée au musée du Louvre. Ce tableau de la fin de sa vie (il meurt un an plus tard) fut posé, dans l’atelier, par son modèle favori : [**Emma Dobigny*].

La dame exprime une vie intense, presque organique : elle est vue en mouvement, de dos et de trois-quarts. Ce fait est exceptionnel chez Corot, qui ne s’intéressait pas beaucoup au monde de son époque et représentait rarement ses contemporains.
Le centrage du tableau se fait autour de la robe, pas au niveau du visage. La tête est située entre deux paysages : celui de gauche est fini, celui de droite en est encore au stade de l’élaboration, avancée mais non achevée. La dame est accoudée. Ses bras nus sont remarquablement rendus : l’impression de vérité est criante. Son bras gauche, si bien peint, insuffle une réalité physique étonnante à la peau. La main droite pend négligemment le long de la table, elle tient un éventail rouge fermé qui forme une sorte de « rallonge ».

Le visage se tourne, légèrement, sur sa gauche.Le fin collier souligne la torsion du cou. La dame paraît agacée ou, tout au moins, contrariée : sa moue dubitative, ses lèvres contractées, son regard acéré, en sont les preuves. L’oreille visible, la superbe chevelure maintenue par un ruban, le front haut, le menton pointu, expriment une volonté certaine, tout en étant peints à la perfection. La tête repose, délicatement et artistiquement, sur la main gauche. Laquelle est tout aussi finement posée sur un coussin de velours grenat.
La robe, caractéristique des salons de la bonne société du temps, est vraiment exceptionnelle : ceinture serrant la taille, nœud arrière exquis, drapés tombant avec une amplitude unique d’où les nombreux plis s’épanouissent dans toutes les dimensions de l’espace environnant, rendu de la profondeur par des ombres fermes et, plus fondamentale que tout le reste, cette couleur bleue, profonde, d’apparence presque liquide, qui explose au cœur de l’œuvre. La palette est dépouillée partout ailleurs : surtout des teintes sourdes de bruns et d’ocres ; mais aussi des noirs constitutifs du décor, étalés en touches généreuses et actives. Il est clair que le peintre s’est servi de ces tonalités dans le seul but d’exalter la symphonie bleue de la robe.
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Cette toile, à l’aspect charnel aveuglant, réalisée à la fin de sa vie, est un chef d’œuvre : à la fois chant du cygne de l’artiste et de ses capacités de peintre, et cri d’amour en l’honneur de la beauté intemporelle féminine, donc de ce que peut arriver à créer un génie artistique de l’art bidimensionnel.

Jamais la renommée de l’artiste n’a connu d’éclipse, même au cœur du tsunami de l’art moderne. C’est que Corot est toujours resté lui-même, en dehors de toutes les chapelles. Parfaitement à l’aise dans sa peau, doté d’un équilibre intellectuel remarquable, son art est demeuré sa musique personnelle que tous, encore de nos jours, sont charmés d’entendre.

[**Jacques Tcharny*]|right>


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WUKALI Article mis en ligne le 28/01/2019)]

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