Rousseau, an impotent, bitter and egotistical writer.


[**Philippe Sabres*], connu dans le monde du théâtre comme comédien et auteur de pièces de théâtre, nous livre ici son premier roman. Un roman d’une grande érudition qui mêle aussi bien une description, une étude du monde du théâtre qu’une réflexion sur [**Rousseau*] et son « œuvre », avec en fond, le société de cette fin du XVIIIè siècle dans le royaume de France.

C’est beaucoup (certains penseront que c’est trop). Il est indéniable que parfois des réflexions finissent par devenir digressions qui apportent peu à l’histoire. Et que dire de certaines descriptions qui semblent être présentes plus pour montrer le savoir, les connaissances de l’auteur (le passage sur la théorie de [**Franklin*] démontrant que la foudre est composée d’électricité est très intéressant, mais vraiment trop long ce qui oblige le lecteur a faire un effort non pour comprendre ou réfléchir, mais pour revenir au fil de l’histoire principal).

Ce livre est divisée en deux parties, la troisième, courte, n’est qu’un épilogue. La première est une lettre qu’un comédien anonyme adresse au [**marquis de Girardin*] en son château d’Ermenonville, là où [**Rousseau*] a passé les derniers mois de sa vie. Il lui compte son admiration pour le philosophe, sa rencontre et les relations qu’ils eurent tous les deux. Il dessine un homme complexe, se croyant persécuté, quelque peu misanthrope, pas particulièrement sympatrique et surtout totalement intransigeant, ne supportant pas que l’on puisse remettre en cause sa pensée. Comme il n’aime pas, il se méfie du théâtre, il condamne cet art sans appel (il est certain que vu les écrits de Rousseau sur le théâtre il ne l’appréciait pas du tout. Même si ce n’est pas dit dans ce roman, les causes en doivent sûrement être recherchées dans l’échec de son opéra « Le divin du village » et dans le fait que le plus grand auteur de théâtre à l’époque était son ennemi [**Voltaire*] : trouver quoique ce soit de bien dans le théâtre aurait été pour lui de reconnaître que le public avait raison en louant le génie de Voltaire ! Impossible pour un égotiste de la dimension de Rousseau). Pour autant, Philippe Sabres nous amène dans une longue et très intéressante digression sur le théâtre et l’amour qu’il lui porte, amour partagé par tous les amateurs de cet art.

Quoiqu’il en soit notre inconnu est très admiratif de Rousseau à qui il a volé le manuscrit des Confessions.

La seconde partie est composée des souvenirs du marquis de Girardin en cette année 1778 quand il accueille Rousseau à Ermenonville. Ses souvenirs des moments passés avec le philosophe, du lien que ce dernier avait tissé avec son fils Ours à qui il apprit l’art d’herboriser. Bien sûr le principale préoccupation de tous est de avoir ce que doivent devenir les Confessions : où ? Quand ? Comment pourront-elles être publiées ?

Nul ne peut remettre en cause l’érudition tant au niveau de la philosophie du théâtre et de celle de Rousseau, de Philippe Sabres. Tout comme on ne peut que saluer son style clair, limpide qui montre un vrai travail d’écriture.

Mais ! Il faut apprécier l’œuvre de Rousseau pour vraiment adhérer à cet ouvrage. Même s’il n’est pas complaisant (c’est le moins que l’on puisse dire) sur l’homme qu’il fut, on sent toutefois une admiration certaine pour l’œuvre. Or, je fais partie des détracteurs de Rousseau, l’homme était loin d’être sympathique et ses théories totalement… « théoriques » . J’ai toujours trouvé Rousseau le pire pleurnichard de la littérature et le premier théoricien politique de la dictature. Normal puisqu’il ne réfléchit pas sur la nature humaine mais sur une sorte d’homme idéalisé. A la même époque [**Mably*], [**Voltaire*] ou [**Diderot*], eux inventaient la philosophie des Lumières, Rousseau la philosophie du nombrilisme.

Je reconnais que je manque totalement d’objectivité dès qu’il s’agit de Rousseau. Mais certes pour tous ceux qui l’apprécient, je ne doute pas qu’ils trouveront un vrai plaisir à la lecture de [**La lettre à Girardin.*]

[** Émile Cougut*]


[**La lettre à Girardin
Philippe Sabres*]
éditions Tituli. 24€


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WUKALI Article mis en ligne le 07/02/2019)]

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