Circus in its new glory


3 représentations à guichet fermé à Aix-en-Provence. Cette création de [**Vincent Dubé*] a de quoi séduire. Au début, on est un peu emberlificoté dans les engrenages des temps modernes de [**Chaplin*]… Il y a aussi du [**James Thierrée*], petit-fils de Charlot, et de son monde imaginaire toujours décalé. On songe aux spectacles « Raoul » ou encore « Tabac rouge ». Il y a aussi quelques « cousinages avec les « 7 doigts de la main », compagnie québécoise, qui nous a offert de fabuleux spectacles circassiens d’une virtuosité physique ébouriffante. Oui, il y a de tout cela dans cette Machine de cirque proposée par cinq drôles de comédiens acrobates musiciens… Sur scène, un immense échafaudage-radeau, appareil de cirque, machine de cirque. Mais que sont-ils allés faire dans cette galère ? Rien de bien compliqué. Les cinq hommes embarqués sur un radeau partent tout simplement à la recherche de rescapés, dans un monde post-apocalyptique sans femmes ni ordinateurs.
Bon. Oublions la mission, même si elle est pleine de bonnes intentions. On retiendra que dans la détresse, il reste l’amitié qui les fait se soutenir les uns les autres.
Pour la nourrir, les cinq amis nous régalent d’explorations multiples et réussies des arts du cirque et du théâtre gestuel. La machine de cirque est en route et dans cette scénographie à la fois mouvante et loufoque, on y trouve forcément de quoi nous ravir.

Venus du Québec, tout comme les artistes des « 7 doigts de la main », [**Yohann Trépanier, Raphaël Dubé, Maxim Laurin, Elias Larsson*] et [**Frédéric Lebrasseur*] nous embarquent gentiment pour commencer, puis plus énergiquement dans la seconde partie du spectacle. Avec davantage de prise de risque, les jeunes hommes flirtent avec l’exploit et cela leur va bien. Pas forcément l’exploit physique, car on a autant aimé les acrobaties audacieuses depuis le radeau que les « Tournicoti tournicoton… » avec des serviettes. Les jeunes hommes se dévêtent entièrement pour jouer sous la pluie. Ca tourne à la blague. Qui arrivera a arracher la serviette de l’autre pour en montrer… un peu plus ? Fous rires dans la salle.

On adore encore les numéros de musique live, les percussions et les batteries et même les instruments de musique bricolés. [**Frédéric Lebrasseur*] est un musicien, multi-instrumentiste inspiré et drôle. L’interlude ukulélé qu’il proposait, sous le regard de ses comparses, créait une jolie rupture simple et poétique dans cette jungle sonore. Un moment mémorable. Qui dit cirque dit jonglages. Le public a été captivé par les jongleries, notamment celles de la seconde partie. Dans des positions surprenantes autant qu’improbables, ils rattrapent une multitude de quilles qui semblent arriver de nulle part. Un peu moins exaltant le numéro de mime, néanmoins ingénieux, mais qui s’étire et s’étire, le temps pour le comédien d’aller au restaurant, au cinéma et même en boite… avec une spectatrice.

On découvre encore un monocycle à dompter. Plusieurs monocycles du reste. Quelle prouesse de grimper d’un monocycle à l’autre. Toujours plus grand, toujours plus haut Jusqu’au ira t-il ? Et cette planche coréenne à « propulsion » ? Hallucinantes visions.
Ce fut peut être le numéro qui donna le plus de frisson au public et l’un des plus réussis de la soirée. Ici encore on nous livre des saltos, des vrilles, des sauts acrobatiques de toute beauté et des sauts périlleux arrières à couper le souffle… Ce qui est drôle encore, c’est qu’ils se lancent toujours en se montrant hésitants, embarrassés et confus. Comme si c’était la première fois qu’ils osaient. Ils jouent la maladresse, sans la surjouer, pour au final, nous offrir de l’exceptionnel. Il faut vraiment être habile pour faire croire qu’on est maladroit !

On pourrait penser qu’avec une mission pareille, la descente aux enfers est inexorable. Mais fort heureusement, les Robinson à la dérive retombent toujours sur leurs pieds et gardent le cap, sans boussole et parfois sans transition entre les séquences.. Il faut pour cela une belle complicité, une bonne dose d’humour et beaucoup d’énergie. Belle ovation du public qui a applaudi, debout, ces talentueux « bonhommes » en caoutchouc qui ont démontré que le bonheur est d’être ensemble, de prendre des risques ensemble, de s’entraider et de former une véritable famille du cirque.

[**Pétra Wauters*]


[(Idée originale, écriture directrice artistique et mise en scène Vincent Dubé
Collaboration à l’écriture et à la mise en scène Yohann Trépanier, Raphaël Dubé, Maxim
Laurin, Ugo Dario, Frédéric Lebrasseur
Composition musique Frédéric Lebrasseur
Conseillers artistiques Martin Genest, Patrick Ouellet, Harold Rhéaume
Conseillères à la scénographie Josée Bergeron-Proulx, Julie Lévesque
Costumes Sébastien Dionne
Concepteur des éclairages Bruno Matte
Éclairagiste Nicolas Boudreau
Son René Talbot
Ingénieur mécanique David St-Onge
Direction technique Patrice Guertin
Avec Yohann Trépanier, Raphaël Dubé, Maxim Laurin, Elias Larsson, Frédéric Lebrasseur)]

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Contact : redaction@wukali.com

WUKALI Article mis en ligne le 27/03/2019

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