Under the magic spell of a glamorous pianist, the audience was like hypnotized


Par Pétra Wauters, envoyée spéciale au festival / La belle Française, d’origine géorgienne, était mercredi soir le 7 août au[** festival de la Roque d’Anthéron*]. Le parc en fête !

Voilà un récital qui affichait complet dès l’ouverture des réservations. Plus une seule place pour l’une des pianistes les plus médiatiques du monde. L’une des meilleures aussi, et forcément, les plus grandes scènes se l’arrachent, et le public de suivre et… de s’enthousiasmer. Car oui, elle ne laisse personne indifférent. Le look déjà, forcément c’est ce que l’on voit en premier avant que les notes ne fusent. Ce mercredi, la classe ! Toute de noir vêtue, une robe tourbillonnante au décolleté plongeant, talon aiguille, les boucles et les mèches pour l’heure sagement apprivoisées. Mais le côté sexy de la star ne doit pas nous faire oublier pourquoi on est là : pour la grande musique, avec tout le côté noble et « sacré » qu’elle contient.

Ne pas se laisser distraire Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs ! [**Khatia Buniatishvili *] nous invite à la suivre dans ses émotions, dans son expression musicale la plus noble. La musique classique reste au premier plan. Et quand elle commence à jouer, c’est à dire à peine installée sur son tabouret (qu’elle règlera à maintes reprises sous le regard amusé du public), elle est [**La Pianiste*] !

On pourrait dire aux mélomanes dérangés par les tenues sexy (elle peut parfois être très, très déshabillée) que peu importe au final si elle se sent plus « libre » ainsi et assume ! La vrai nudité, ne se trouve-t-elle pas devant le piano ? La nudité émotionnelle de l’interprétation, j’entends, et n’est-ce pas cela qui compte ? L’authenticité, le naturel, la mise à nu, si je puis dire !

Musique ! Khatia Buniatishvili, la pianiste, sait parfaitement se fondre dans la volonté du compositeur. Pour débuter le concert, [** Schubert*] : Quatre Impromptus D. 899 opus 90. Elle offre une sage interprétation pour les premiers impromptus, ce qui ne veut pas dire qu’il ne se passe rien ! Oh non ! La musique diffuse presque en continu une impression de calme, de paix, de sérénité et elle se fait parfois aussi assourdie, lointaine, soyeuse. La turbulente Khatia Buniatishvili prouve, si besoin était, qu’elle sait exprimer cette force dramatique qui caractérise le compositeur. Des climats oppressants et dramatiques parfois aussi. Le jeu précis sur les sonorités détache toutes les sections de ces impromptus, sonorités qui semblent flotter au-dessus nos têtes. On aime particulièrement l’impromptu n°3 dans lequel se bouscule tout un éventail d’émotions livrées par la pianiste avec beaucoup de spontanéité. C’est Khatia Buniatishvili qui joue et on sait qu’on ne s’installera pas longtemps dans ce climat indolent, qu’elle peut offrir des interprétations très brûlantes, fiévreuses et mystérieuses. Mais la tendresse poursuit son chemin dans cette première partie du récital, avec [**Schubert/Liszt*] : Ständchen, Gretchen am Spinnrade, Marguerite au Rouet. Car si la jeune femme respecte la partition, elle en propose toujours sa propre lecture, glisse dans ces partitions beaucoup de « féminité » et d’hypersensibilité aussi. Bref, elle y met tout ce que Schubert représente de subtil, romantique, intime, tout en restant elle-même. Beaucoup d’introspection et de clarté dans le Erlkönig qui suit. On laisse Schubert Liszt, pour … [**Liszt*] après l’entracte : Mazeppa extrait de douze études d’exécution transcendante. Il faut être une pianiste virtuose, bourrée de talent pour exécuter cette œuvre monumentale. L’ambiance quasi « expressionniste » convient joliment à la pianiste, qui, habitée par ses pages, fait preuve certes de virtuosité, mais étonnamment sans « complication », sans tapage, juste au service de la musique. Elle s’enflamme soudain, enflamme les gradins avec Rhapsodie hongroise n°6 dont on aime la profondeur, et qui nous donne envie de ré-écouter [**Jacques Brel*] ! On entend la même mélodie de « Ne me quitte pas ». Assurément, il aimait Liszt au point de l’enrober de jolies paroles et de créer cette sublime chanson. Dans sa Rhapsodie n°6 Khatia Buniatishvili donne libre cours à sa virtuosité, toujours pleine de panache. C’est elle qui décide, elle qui livre sa musique comme elle l’entend. De plus en plus libre, de plus en plus flamboyante. Avec les trois mouvements de Petrouchka de [**Stravinsky*], elle est terriblement elle-même, surtout lorsque le rythme se fait de plus en plus rapide, demandant à la pianiste de tout contrôler avec cran et assurance. Voilà une belle façon de conclure ce concert en faisant encore une fois briller sa technique.

[**Pétra Wauters*]


Illustration de l’entête: Le Figaro- Madame. Photo Jean- Baptiste Mondino

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Il reste encore des places pour les concerts suivants
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– dimanche 11 août
[**Vadym Kholodenko*] piano
[**Orchestre National Symphonique du Tatarstan*]
[**Alexander Sladkovsky*] direction
Rachmaninov : Concerto pour piano et orchestre n°1 en fa dièse mineur opus 1
Brahms : Symphonie n°4 en mi mineur opus 98
– lundi 12 août
[**Christian Zacharias*], piano
Haydn : Sonate n°32 en sol mineur Hob.XVI.44
Bach : Suite française n°5 en sol majeur BWV 816
Haydn : Sonate n°31 en la bémol majeur Hob.XVI.46
Bach : Partita n°3 en la mineur BWV 827
Haydn : Sonate n°62 en mi bémol majeur Hob.XVI.52
– mercredi 14 août
[**Vikingur Ólafsson*] piano
Rameau : Suite en mi mineur, extraits
Debussy : Danse (Tarantelle stryrienne)
Debussy : La neige danse, extrait de Children’s Corner
Debussy : Ondine, extrait des Préludes
Rameau : Suite en ré majeur, extraits
Debussy : Pour le piano
Debussy : Bruyères, extrait des Préludes
Moussorgski : Tableaux d’une exposition
– samedi 17 août
[**François-Frédéric Guy*], piano
Beethoven : Sonate n°16 en sol majeur opus 31 n°1
Beethoven : Sonate n°26 en mi bémol majeur opus 81a Les Adieux
Beethoven : Sonate n°29 en si bémol majeur opus 106 Hammerklavier

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WUKALI Article mis en ligne le 08/08/2019

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