Voici un spectacle né d’une commande du Festival Ipoustéguy de Dun-sur-Meuse (55), qui chaque année met en valeur l’oeuvre de Jean Robert Ipoustéguy (1920-2006), l’un des plus grands sculpteurs du XXème siècle.

Le spectacle, construit à partir d’une sélection personnelle de textes d’auteurs et d’extraits d’entretiens qu’Ipoustéguy a donné à la fin de sa vie, rend visible certains aspects de son travail : Son obsession du corps humain, son grand attachement à sa terre d’origine, le nord de la Meuse… L’enfance d’Ipoustéguy a été marquée par les traces de la Première Guerre Mondiale, qui a laissé des paysages de ruines que les hommes s’efforcent dans les années 20 de rebâtir. En cette période de Centenaire, plus que jamais, les sculptures d’Ipoustéguy permettent de lire de façon subtile et intime le passé douloureux de la Lorraine, en replacant l’humain au centre des questions.
Ce solo est une ode à la création artistique et au territoire lorrain connu notamment pour son agriculture, symbole de vie, mais aussi comme terre de cimetières. C’est cette double présence de la mort et de la vie, chère à Ipoustéguy, qui donne sa dynamique au spectacle.

« C’est cela sculpter ? Qu’est-ce donc ? 
Une activité où j’ai le sentiment de ne jamais être un lâche.
 »

(Ipoustéguy, parlons, entretiens avec Evelyne Artaud, Editions Cercle d’Art, Paris,1991)

Sur scène le comédien suggère Ipoustéguy travaillant dans son atelier, mais ne l’incarne pas véritablement. Le rapport au corps est central dans la représentation, et autour de ce sujet les voix d’Ipoustéguy et d’Antonin Artaud se mêlent avec une étonnante justesse. On sait qu’Ipoustéguy entretenait beaucoup son corps, et le comédien s’échauffe véritablement en scène. Théophile Choquet, le comédien qui tient le rôle envisage aussi la représentation comme un dialogue avec le public (d’où l’aspect « performatif »), dialogue dans lequel il adresse souvent le texte sur le ton de la confidence. Le spectacle alterne les moments légers et profonds, montrant un artiste face aux problématiques de son art et de sa vie d’homme.

Deux représentations sont prévues à Metz et Lorry-lès-Metz les 29 et 30 novembre. A Metz à la Galerie La Bottega, qui se trouve rue Taison. Ces représentations sont importantes car elles vont permettre de faire mieux connaître au public mosellan l’oeuvre d’Ipoustéguy et sa place importante dans l’art contemporain. Avec l’espoir que les spectateurs se rendent ensuite à la magnifique galerie du Centre Ipoustéguy de Dun-sur-Meuse, pour admirer une collection importante de ses œuvres.

Avant le prochain Festival Ipoustéguy en octobre 2015, lors duquel il proposera une nouvelle création autour de l’oeuvre, Théophile Choquet présentera le 5 mars prochain une lecture musicale du Cantique des cantiques à l’Eglise St Maximin de Metz, avec la violoniste turkmène Leyli Karryeva.


Ipoustéguy, l’appel de la sculpture

Solo de théâtre imaginé et interprété par Théophile Choquet

Deux représentations :
Samedi 29 novembre à 20h. Galerie La Bottega, 20 rue Taison à Metz
(Sur réservation au 06 13 12 41 36 ou gepat@free.fr)

Dimanche 30 novembre à 16h au Foyer de Lorry-lès-Metz. (Rue des écoles)

Entrée libre –


Théophile Choquet, parcours de comédien


Théophile Choquet a entamé son parcours de comédien à Metz en 1996, à cinq ans. Après dix ans de pratique au Théâtre de Verny, il poursuit sa formation aux conservatoires de Metz puis de Strasbourg. Il suit des études théoriques et pratiques à Strasbourg où il joue dans diverses mises en scène et lectures de pièces. Au fil de ces expériences il a appréhendé tous les répertoires du théâtre de texte, à la fois dans les conservatoires et durant les créations de spectacle.

Il y a trois ans, Théophile Choquet a débuté une série de représentations théâtrales dans des lieux non dédiés au spectacle : des monologues de théâtre contemporain et de poésie dans des appartements, des galeries d’art, des librairies, mais aussi en plein air en forêt, dans des jardins et des granges…  Aujourd’hui il continue à jouer des spectacle en solo ou en duo, principalement en Lorraine et en Alsace.

Vivant entre Metz et Paris, son parcours artistique le mène aussi à des expériences dans le cinéma, avec la participation à plusieurs court-métrages, et la radio pour des enregistrements de textes. Cette année il a travaillé la danse buto et la performance avec la compagnie Taanteatro, à São Paulo. Cette expérience influence fortement la façon dont il travaille désormais. Actuellement, différents projets de spectacles et de lectures publiques : des textes de Raymond Carver, des contes pour enfants ainsi qu’une lecture musicale à partir du Cantique des cantiques. Il termine par ailleurs un master recherche en études théâtrales à l’Université de Paris III Sorbonne nouvelle.


Illustration de l’entête : « L’Homme ». Jean Ipoustéguy, 1963 Campus de Berlin-Buch


WUKALI 22 /11/2014

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