The Iman against music, musicians and all music lovers


Voici un bien bon imam, jeune et souriant, avec des lunettes cerclées qui en impressionnent, propre sur lui comme l’on dit de façon commune, il s’appelle Rachid Abou Houdeyfa et est à la tête de la mosquée Sunna à Brest, en France, à la pointe occidentale de l’Europe pour ceux qui en douteraient. Ses conférences attirent des publics variés au sein de la métropole bretonne et se focalisent tout particulièrement vers la jeunesse musulmane.

Voici l’une d’entre elles, prononcée voila quelques mois et dont nous venons seulement maintenant de prendre connaissance. Elle s’intitule : La musique expliqué (sic) aux enfants

Pour certains, cela pourrait s’apparenter à de la catéchèse, à l’enseignement de la religion, pour d’autres dont je suis, à de l’abrutissement mental, à de l’intoxication psychique, à de la propagande inepte, à de l’endoctrinement et permettez moi ce mot, et vous connaissez mon sens de la nuance, à de la connerie monumentale…!

Comme aurait dit feu Michel Audiard : « Il ne faut pas prendre les enfants du Bon Dieu pour des canards sauvages » quand même… !

Héritier d’un enseignement académique qui fut le mien et auquel je rends hommage, mon analyse s’appuie sur des textes, des documents, en l’occurence un discours, celui porté par la video de You Tube reproduite dans cet article. Que ceux qui d’aventure estimeraient que mes propos sont biaisés ou partisans, veuillent bien donc se reporter à cette vidéo afin qu’ils constatent le bien fondé de mes analyses. Pure honnêteté intellectuelle oblige !

Pour tous ceux qui je n’en doute pas sont les plus nombreux et m’accordent leur confiance, j’ai donc du supporter pendant quarante minutes et onze secondes pas moins, un prêche enténébré, manipulateur et malfaisant contre la musique et ceux qui l’aiment et destiné, ce qui est encore le plus scandaleux, à manipuler de jeunes enfants. Je vous prends à témoin de mon abnégation à subir pendant une petite heure tel pensum, pour ne pas parler d’un sentiment masochiste que j’ignorais être enkysté à ce point chez moi !


Note de la rédaction de WUKALI ajoutée le 30/09/2015 : quand cet article a été mis en ligne voilà à peine une semaine, le 24 septembre 2015, nous avions pareillement ajouté la vidéo telle elle était diffusée sur YouTube et dont vous faisions plusieurs fois référence. Depuis 48h il n’est plus possible de la visionner et curieusement elle a disparu de YouTube… Vous ne pourrez donc point la voir et c ‘est quelque part bien dommage !

Aurions-nous d’aventure soulevé un lièvre et révélé une réalité inquiétante ? Les dirigeants cultuels et administratifs de la mosquée Sunna à Brest regretteraient ils la mise à jour et la révélation au grand public des discours et des prêches qui se tiennent auprès de leurs fidèles. La divulgation de l’endoctrinement débile et inquiétant des enfants qui subissent ce lavage de cerveau et dont nous faisions état dans notre article, gênerait il leur stratégie d’influence, nous vous en laissons juges ! Si nous avons découvert voila peu que Wukali était repris par de grands médias étrangers, nous observons aujourd’hui que notre magazine est lu et touche des publics en France des plus variés… !


Dès le début de cette conférence, l’orateur cadre le débat et signifie aux enfants qu’ils ne doivent pas l’interrompre et ne doivent lui poser des questions que lorsque celui ci les interroge et leur en intime l’ordre. Voilà qui témoigne déjà d’une large ouverture d’esprit…

Mais que dit donc ce bien brave homme? Cela est bien simple celui «qui écoute de la musique c’est un porc et un diable», car« la musique excite, c est la voix de Satan» et les instruments de musique sont proscrits. Notre pédagogue interroge longuement et avec autorité les enfants pour leur demander de citer des noms d’instruments et à travers cette énumération on découvre qu’ il ne connait pas le xylophone (personne n’est parfait), mais plus étonnamment encore la lyre…

Juste une question au demeurant, quels sont ceux dans le saint livre de l’Islam à être qualifiés de porcs et de singes ?

Notre cher imam cite un haddith : « Il y aura des hommes qui iront boire du vin ( mais en lui donnant un autre nom car le vin est haram (interdit), et il y aura des instruments de musique avec des hommes et des femmes qui vont chanter. Le prophète qui ne ment pas dit: ils seront engloutis par la terre et transformés en singes et en porcs ! ». Alors là la scène est grandiose, ( reportez vous à la vidéo), l’imam R. Abou Houdeyfa se livre à un commentaire géophysique liant les séismes aux influences pernicieuses des musiciens sur la structure du globe et la tectonique des plaques. À l’écouter, Claude Allègre en tremblerait ! À maintes reprises il inculque à ce public de pré adolescents sa détestation de la musique: «La musique, Allah la déteste». «Elle est haram» répète-t-il plusieurs fois.

Ce n est pas d’ailleurs la première fois que l’on relève pareille intolérance et fulminations des extrêmistes musulmans contre la musique, les islamistes comme certains les appellent. Déjà les hommes du Hamas à Gaza avaient massacré les invités palestiniens d’une noce où à occasion de la fête nuptiale de la musique était jouée, et bien entendu Daesh dont la culture artistique et spirituelle a la profondeur d’un silex taillé sur une mer de sel. L’actualité la plus récente a mis en lumière un jeune pianiste syrien, Ayham al-Ahmad, vivant dans le camp de Yarmouk en Syrie et dont le piano avait été brûlé par les fanatiques et qui est parvenu à s’enfuir voilà quelques jours en Grèce. A ce lamentable palmarès, je ne manquerais pas de rappeler l’attitude du président turc Recep Tayyip Erdoğan dont la justice à sa botte poursuit les intellectuels et les artistes et tout particulièrement l’un de leurs représentants, le remarquable pianiste Fazil Say .

Pour notre iman ( enfin le «notre» n’est que de pure fonctionnalité explicative), il n’est de bonne musique islamique que si elle a pour paroles des versets du Coran et sans l’adjonction d’instruments et de musiciens on l’aura compris!

Ce prêcheur, Monsieur Rachid Abou Houdeyfa, s’inscrit pourtant dans le vingt et unième siècle dont il n’ignore aucun des objets symboliques des technologies de communication qu’il connait et use parfaitement d’ailleurs tels je cite : MP3, portable, walkman, et sonneries de téléphones dont il fait mention. Puisque la musique est «haram» ( i-e impure et interdite) il convient de modifier les jingles des portables et quand on regarde par exemple un dessin animé ( il s ‘adresse à un jeune public) d’appuyer sur Mute (sic) pour se conformer à la volonté divine. Je n’invente rien !

Je ne dirais pas comme Sacha Guitry : «Faisons un rêve !»

Pour un observateur attentif à la sémantique comme je le suis, il déclare aussi ( encore une fois reportez-vous à la vidéo) : «Allah veut notre bien», «Il n’y a pas à chercher à comprendre !», ou aussi :« On ne rigole pas avec la religion » pas moins… !

Je ne puis m’empêcher de penser à cette seconde où j’écris ces lignes, en cette fin de jour de Grand Pardon, de Yom Kippour, aux dessinateurs et chroniqueurs de Charlie-Hebo dont je veux citer les noms : Cabut, Charb, Wolinski, Bernard Maris, Tignous, Honoré, Elsa Cayat et le correcteur Mustapha Ourrad, à ces policiers abattus et à ces clients juifs de l’Hyper Casher de la Porte de Vincennes à Paris, tous assassinés sauvagement par des salauds qui un jour très probablement ont eu à entendre pareil prêche et en suivre servilement le sens monstrueux.

Dernière information septembre 2015: Monsieur Rachid Abou Houdeyfa préside toujours à la direction de la mosquée Sunna à Brest.

Je ne doute pas un seul instant que pour Monsieur Rachid. Abou Houdeyfa, je fasse partie des singes et des porcs tels il qualifie tous ceux qui aiment la musique et les musiciens et plus largement…

Nul besoin n’est ce pas de justifier de la musique et de ses interprètes.

Quant au reste, ces enfants brestois, ne sont pas arrivés par la grâce divine dans cette madrassa, dans cette école coranique. Leurs parents les y ont mis… que dire de plus !

Ayant déjà cité Michel Audiard, je voudrais en conclusion le citer à nouveau. C’est l’une des fameuses répliques du film « Les Tontons flingueurs» devenue d’anthologie et la phrase est dite par Lino Ventura :

«Les cons, çà ose tout, c’est même à çà qu’on les reconnait ! »

Pierre-Alain Lévy


WUKALI 24/09/2015
Courrier des lecteurs : redaction@wukali.com

Illustration de l’entête: capture d’écran YouTube


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