What do we exactly die of ?


Ils ne mouraient point tous mais tous étaient frappés… on serait tenté de reprendre ce vers de La Fontaine, mais de quoi meurt-on au juste? C’est à cette question que répond une étude l’ Ined qui a convié ses spécialistes à dépouiller et analyser des milliers de certificats de décès. Ce que l’on sait de prime abord et de manière évidente, c ‘est que l’espérance de vie a considérablement augmenté au cours de ces dernières années. Le recul de la mortalité due aux maladies de l’appareil circulatoire et aux cancers, les deux premières causes de décès, a été le principal moteur de cette évolution.On le sait grâce à la statistique des causes de décès établie par le [**CépiDc*] (Centre d’épidémiologie sur les causes médicales de décès) à partir des certificats obligatoirement remplis par les médecins au moment où ils constatent un décès. L’étude de la mort constitue un vaste sujet où se croisent des recherches appartenant à différents domaines, sciences humaines, médecine, épidémiologie, démographie bien entendu qui recouvre tout cela, et dans cette spécialité de recherche le corpus historique tient en France une place conséquente. L’histoire de la mort en Occident de Philippe Ariès demeure un socle sur nos sociétés passées, qu’en est-il donc aujourd’hui ?

Le dépouillement des statistiques apporte de nouveaux éclairages, les causes de la mort sont plus documentées entre les tranches d’âge 65-79 ans. 24 % des certificats comptaient au moins 4 causes contre 14 % à moins de 35 ans. Cette augmentation reflète la plus grande complexité des tableaux pathologiques des personnes les plus âgées avec notamment des co-morbidités – présence simultanée de plusieurs maladies

[**Les causes associées utiles à connaître pour établir des politiques de santé publique*]

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Elles contribuent au décès de trois façons. Le plus souvent, ce sont des conséquences ou des complications de la cause initiale ou de son traitement, et dans ce cas, elles sont mentionnées dans la première partie du certificat. C’est par exemple le cas d’une hémorragie consécutive à un ulcère gastrique ou d’une septicémie chez une personne souffrant d’un cancer et dont le système immunitaire a été affaibli par une chimiothérapie. Les causes associées peuvent aussi être des facteurs de risque pour la cause initiale, comme par exemple l’hépatite virale chronique pour un cancer du foie. Enfin, elles peuvent interagir avec la cause initiale, en l’aggravant, en affaiblissant davantage le patient ou en rendant le traitement plus complexe ou moins efficace. Les maladies chroniques, comme le diabète ou l’hypertension, sont souvent impliquées de cette manière dans le processus conduisant au décès. Quelles que soient les modalités de leur contribution au décès, il est certain que les progrès faits dans la prévention ou le traitement de ces causes associées rejailliront sur l’espérance de vie. Elles méritent donc d’être mieux prises en considération dans les études statistiques et épidémiologiques.

La contribution des maladies endocriniennes, nutritionnelles et métaboliques à la mortalité est elle aussi fortement sous-estimée lorsque leur seule implication en tant que cause initiale est prise en compte. Le diabète ou l’obésité, qui font partie de ce groupe de maladies, compliquent souvent le traitement de patients atteints d’autres maladies.

De quoi cette personne est-elle morte ? L’habitude de parler de « la » cause du décès est profondément ancrée dans les esprits mais la réalité est souvent plus complexe. Les instructions de l’OMS relatives au remplissage du certificat de décès sont censées aider les médecins certificateurs à gérer cette complexité.

P-A L


WUKALI Première parution: 15/06/2016
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