An exhibition In Aix en Provence devoted to Jeanne Bucher a famous art Gallery owner, at the foot step of Modern art


Jusqu’au 24 septembre 2017, le [**musée Granet*] d’[**Aix-en-Provence*] propose « Passion de l’art, galerie Jeanne Bucher Jaeger depuis 1925 », une exposition qui s’inscrit dans cette logique de mise en valeur des collections et des collectionneurs. [**Planque, Fisher, Pearlman, Burda*] font déjà partie de cette programmation. Pour ce musée de Beaux-Arts aixois, cette nouvelle exposition est encore une formidable occasion de s’ouvrir à la modernité et à l’art contemporain.

« Passion de l’art » rassemble plus de 100 chefs-d’œuvre qui ont fait l’histoire de la maison. Une histoire exceptionnelle de cette galerie internationale atypique de par son éthique, ses valeurs, son ancienneté et ses choix artistiques audacieux.

On y trouve des grands noms de l’art moderne et contemporain : [**Pablo Picasso, André Masson, Alberto Giacometti, Max Ernst, Gérard Fromanger, Susumu Shingu, Jean Dubuffet, Paul Rebeyrolle, Fabienne Verdier, Maria Helena Vieria da Silva, Nicolas de Staël*], et bien d’autres encore, et de nombreux artistes avec lesquels les trois générations de galeristes ont lié des amitiés fortes. [**Jeanne Bucher,*] la fondatrice de cette galerie, s’intéressera aux avant-gardistes abstraits, aux cubistes, aux surréalistes. Dans la première salle, [**Jean Lurçat*], son ami de longue date dont on peut voir une tapisserie de 1918, « Les violonistes » ou encore [**Pierre Chareau,*] architecte designer, dont on présente des pièces de mobilier, guéridon et fauteuils qui se trouvaient dans la galerie à l’époque de Jeanne Bucher. « Une entrée en matière dans cette première salle de l’exposition. Nous nous « installons » chez elle, dans son univers, avec les artistes qu’elle a montrés de façon très précoce. » précise [**Véronique Jaeger*], fille de Jean-François Jaeger, directrice de la galerie, commissaire de l’exposition avec [**Bruno Ely*], Conservateur en chef du Musée Granet.

Véronique Jaeger est la fille de [**Jean-François Jaeger*] et l’arrière-petite fille de Jeanne Bucher. Son illustre parente fera des traductions (Strindberg, Rainer Maria Rilke…). Elle parlait couramment le français, l’allemand et l’anglais. Elle monte à Paris dans les années 20, après avoir élevé ses deux filles et avoir passé toute son enfance dans son Alsace Natale, puis en Suisse auprès de son mari pianiste, [**Fritz Blumer*], un élève de Franz Liszt. « Elle ouvre une librairie étrangère et elle commence à travailler dans l’édition » commente Véronique Jaeger. Pierre Chareau, architecte et designer lui propose un petit local, un espace qu’elle nomme « mon placard à livres ». Il se trouve au-dessus de sa galerie où il vend ses meubles design, au 5 rue du cherche-midi. Peu à peu, elle va rencontrer des auteurs, mais également des artistes. Comme Jean Lurçat. Elle commence à vendre des œuvres d’art en 1925, des petits formats, car l’espace est limité dans son placard à livres ! Elle ouvrira une boutique, boulevard de Montparnasse, et sera une galeriste reconnue et engagée, qui n’aura de cesse d’aider et de protéger des artistes dans les périodes les plus noires de l’Histoire. Elle restera en activité jusqu’en 1946, année de sa mort à l’âge de 74 ans.

– [**Du « placard » à la galerie d’art internationale. Espaces saint Germain, rue de Seine, Espace Marais, rue de Saintonge. *]

L’exposition présente sur le parcours d’émouvantes photos murales en noir et blanc, où l’on découvre Jeanne Bucher en pleine activité au milieu des œuvres de sa galerie. « Cette exposition est le fruit d’un travail sur deux années bien remplies. Le public découvrira un parcours très éclectique, oscillant d’une période à une autre, mais aussi avec de grandes constantes comme cette fidélité aux artistes que l’on retrouve année après année en fonction des différents collectionneurs et galeristes qui se sont succédés. » précisera Bruno Ely.

Trois générations : Jeanne Bucher, Jean François Jaeger, en activité jusqu’en 2003 aujourd’hui encore très présent à la galerie, et enfin sa fille, Véronique Jaeger.

Bruno Ely souligne que l’histoire fait souvent bien les choses. «Jean-Francois Jaeger et Jean Planque se connaissaient et s’appréciaient. Une belle amitié les liait. Jean planque a 13 ans de plus que Jean-François Jeager. Il est une référence forte pour le galeriste et tous deux possédaient des valeurs communes. Ce travail de galeriste n’était pas toujours facile à accomplir en fonction des périodes.

Ils ont beaucoup échangé. Jean Planque faisant découvrir [**Jean Dubuffet*] à Jean-François Jeager et Jean-François Jeager faisant connaître des artistes comme [**Vera Da Silva*] ou encore Nicolas de Stael. » Le public est d’ailleurs invité à découvrir Granet XXème dans l’ancienne chapelle des Pénitents blancs. Une partie de l’accrochage a été modifiée afin de répondre à l’exposition « Passion de l’art » offrant ainsi des regards croisés des plus intéressants.

Des artistes sont plus représentés que d’autres parce qu’ils correspondent à des choix de Véronique Jeager, bien sûr, mais aussi parce qu’ils ont été importants pour l’histoire de la galerie. Parmi eux, Nicolas de Staël, Dubuffet, magnifiquement représentés.

[**Focus sur quelques œuvres de l’exposition*]

Ce tableau, de [**Nicolas de Staël*], Paysage de Sicile, a été fait à la suite d’un voyage en Sicile en 1953 avec femme et enfants, dans une vieille voiture brinquebalante. Que [**Staël*] ne peindra pas, il ne fera que des croquis, des dessins, mais revenu dans le midi, dans son atelier à Ménerbes, il va réaliser l’ensemble des paysages de Sicile. En se souvenant de cet éblouissement, de cette lumière, de cette exaspération de la couleur. C’est ici en Provence qu’il peindra ce tableau, intitulé à une certaine époque Sainte Victoire ! Il n’est pas très loin d’Aix et de sa région, on peut imaginer un certain nombre de choses. Chef-d’œuvre absolu de l’avant dernière période de l’artiste, avant qu’il ne peigne cet autre chef d’œuvre, « Atelier au fond orangé » qui date de la dernière période, quand il était à Antibes, peu avant son suicide en 1955.

[**Jean Dubuffet. Terre orange aux Trois Hommes*]

« Un des tableaux les plus magnifiques des années 50, un beau travail sur la matière, des belles nuances d’orangé, cependant très difficile à éclairer. Soit parce que les éclairages trop intenses peuvent faire disparaître tout ce qui se trouve autour de lui, et cela n’est pas souhaitable, soit au contraire parce que si l’on baisse l’intensité lumineuse, l’œuvre devient « terreuse », au sens premier du terme » explique Bruno Ely.

« Terre orange aux Trois Hommes, mai 1953… à préciser que le tableau est joliment et parfaitement éclairé sur les murs de Granet.

[**Fabienne Verdier*] est partie en Chine à 20 ans pour tenter de comprendre, au contact des derniers grands peintres et calligraphes chinois, comment obtenir la force et la souplesse du trait en peinture.

Cette toile au format impressionnant se trouve habituellement dans le bureau de la galeriste. « Fabienne est partie à la Juilliard School de New York, invitée comme artiste en résidence. » commente Véronique Jaeger. Elle a travaillé sur les flux des ondes musicales avec différents musiciens. Il s’agissait d’expérimenter et de créer en résonnance avec la matière sonore.

« [**Fermin Aguayo*] présente ici une variation espagnole d’une ménine. Une façon étonnante de synthétiser le célèbre tableau du maître espagnol [**Vélasquez.*] Il a traversé le franquisme, avec son père et ses deux frères assassinés sous ses yeux, et une maman qui faisait des ménages pour subsister. Cet autodidacte a impressionné Jean François Jeager. Le peintre est mort prématurément à 51 ans », commente Véronique Jeager.

Cette exposition est sans doute l’une des plus belles de l’été en Provence. Elle vous fera connaître l’histoire exceptionnelle de cette galerie parisienne à travers les plus grands noms de l’art moderne et contemporain. A voir et revoir !

[**Pétra Wauters*]


[**Passion de l’art, galerie Jeanne Bucher Jaeger depuis 1925*]
musée Granet, [**Aix-en-Provence*]

Jusqu’au 24 septembre 2017

[**Catalogue complet de l’exposition*] (with English translation included), avec toutes les photographies des oeuvres. 195 pages. Editions Skira. 29€


Contact : redaction@wukali.com
WUKALI 03/07/2017
Illustration de l’entête : Robert Motherwell. Sans titre, 1944. Encres de couleurs sur papier, 40 x 51,5 cm. © Robert Motherwell. Courtesy Galerie Jeanne Bucher Jaeger, Paris. © ADAGP, Paris 2017

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