Ah Zut, il ne nous manquait plus que cela, après Poutine, Trump, Mélenchon et autre Bardella qui nous agacent et nous dépriment au quotidien, je viens d’apprendre que l’univers pourrait disparaître des milliards d’années plus tôt que prévu. Comme le dirait un de mes amis : «Nous voilà bien ! »
Des études récentes laissent entendre que le rythme de l’expansion cosmique varie considérablement au fil du temps ; si cela s’avère vrai, l’univers pourrait disparaître bien plus tôt que prévu, selon de nouvelles recherches. Voilà tout est dit!
C’est bien la peine de faire ma petite revue de presse à l’heure du petit-déjeuner, voici ma journée foutue ! C’est fou comme on peut déprimer en ces temps communicants. Ce n’est plus Bouvard et Pécuchet à revisiter, c’est la liste des antidépresseurs qu’il me faut consulter.
La France («Mère des arts, des armes et des lois» comme vous le savez1 ), manque de scientifiques, c’est un fait, et patatras voilà qu’on nous jette dans les pattes cette nouvelle accablante lue dans une revue scientifique américaine. C’est sûr ma journée commence mal !
Les scientifiques ont longtemps supposé que notre univers perdurerait pendant des milliards d’années, mais une nouvelle étude avance une durée de vie bien plus courte pour le cosmos : notre univers pourrait ne plus exister que pendant 33 milliards d’années.
C’est vrai qu’il faut bien se tortiller la tête pour se divertir à lire des compte-rendus d’astrophysique. Ce n’est qu’un clin d’œil cosmique avant que tout ne s’effondre sur lui-même — un processus baptisé « Big Crunch », où l’expansion s’inverse, provoquant l’effondrement de toute la matière et de l’espace-temps dans un état extrêmement dense similaire aux conditions du Big Bang. Alors que cette possibilité avait longtemps été écartée quant au destin de l’univers, en raison de l’accélération de l’expansion cosmique, cette nouvelle recherche a relancé cette option surprenante — et légèrement dérangeante.
Le cheminement vers cette conclusion spectaculaire a commencé par notre quête ( enfin quand je dis «nous »!) visant à cartographier le cosmos, où nous nous sommes concentrés sur l’énergie noire, cette force mystérieuse qui repousse l’univers à un rythme accéléré. Des données récentes issues du Dark Energy Survey (DES) et du Dark Energy Spectroscopic Instrument (DESI) ont cartographié des centaines de millions de galaxies afin d’étudier cette expansion. Ces outils essentiels suggèrent, avec un très haut degré de certitude, que l’« équation d’état » de l’énergie noire — sa relation entre pression et densité d’énergie, qui détermine son effet sur l’expansion — n’est pas simplement un chiffre statique. Au contraire, son influence semble évoluer au fil du temps.
Cette dynamique singulière ouvre la voie à d’autres explications sur la nature de l’énergie noire. Cela a conduit au modèle de l’énergie noire axionique (aDE), qui propose que l’énergie noire se compose à la fois d’un champ d’axions – une forme ultra-légère de matière noire qui se déplace librement dans l’univers – et d’une constante cosmologique, c’est-à-dire une expansion de fond fixe intégrée à la structure de l’espace-temps.
Dans un nouvel article, publié sur le serveur de prépublications arXiv, les chercheurs ont appliqué ce modèle hybride aux mesures du DES. Ils ont découvert que cette combinaison pouvait probablement expliquer les résultats du DES et du DESI, mais avec une particularité : dans le lointain avenir de l’univers, l’interaction entre le champ d’axions et la constante cosmologique aurait en fait pour effet de ramener activement l’univers vers lui-même, conduisant ainsi à ce Big Crunch ultime.
En retenant le modèle qui correspondait le mieux aux observations et en faisant évoluer la simulation dans le temps, les chercheurs ont calculé le moment précis de la fin de l’univers : dans 33,3 milliards d’années. Oui, en fait on a encore un peu de temps ! Cet avenir nettement plus court contraste fortement avec la durée de vie de mille milliards d’années souvent envisagée traditionnellement. Au lieu d’une expansion cosmique étirant l’univers comme une autoroute solitaire et éternelle, nous assistons à un demi-tour cosmique qui nous ramène au début de notre voyage. Tout çà pour çà, bon, je me sens quand même un peu mieux, et vous ?
- France, mère des Arts, des Armes et les Lois: poésie de Joachim du Bellay (1522-1560)
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Illustration de l’entête: Crédit image: NASA, ESA, CSA, STScI, A. Riess (JHU/STScI), CC BY 4.0 INT


